Lorient Horta Solo, les solitaires arrivés à bon port

Ce dimanche 14 septembre, les 18 solitaires encore en lice sont enfin arrivés dans la marina de Horta pour amarrer leurs bateaux. Ces derniers jours, réalisés en convoyage ont été particulièrement difficiles et beaucoup se sont posé des questions sur leur faculté à continuer la course.

Ce dimanche 14 septembre, Gildas Morvan, skipper du Cercle vert, a été le premier des dix-huit solitaires encore en course, à amarrer son bateau dans le port de Horta à 1 h 30 (TU). Ayant mis les bouchées doubles pour rejoindre la marina, le skipper explique avoir fait "des surfs jusqu'à dix-neuf nœuds". Adrien Hardy (Agir Recouvrement), a rejoint le port à 2 h 30 (TU). Pour le skipper, cette étape a été particulièrement longue, enfermé à l'intérieur de son bateau "parce que c'est là où tu es le plus en sécurité". Il ajoute que la décision d'annuler la première étape de la course a été "la bonne décision à prendre". Malgré la bonne constitution des bateaux, le risque aurait été trop important de naviguer dans des creux de huit mètres et dans des vents supérieurs à 55 nœuds. Il termine en expliquant que même si la solidarité était de mise chez les participants, les envies n’étaient pas les même pour tout le monde "Le risque existait de voir la flotte éclater entre ceux qui voulaient rentrer, ceux qui voulaient avancer plus vite, ceux qui voulaient temporiser. »

Arrivé en troisième position à 3 h 00 (TU), Milan Kolacek (Bohemia Praha) a reconnu également que la décision d'annuler la première étape a été la bonne "En tous les cas, la décision d'annuler la course était vraiment la bonne. Je ne sais pas comment on aurait fait si on s'était retrouvé dans le plus fort de la dépression ». Thierry Chabagny (Gedimat) et Xavier Macaire (Skipper Hérault) ont de leur côté rejoint Horta à 3 h 30 (TU). Thierry Chabagny est revenu sur ce temps passé en mer à attendre que la tempête s'éloigne, "Il faut trouver de quoi s'occuper" et explique que contrairement aux autres courses où il faut chercher quand on va pouvoir se reposer, cette première étape en convoyage lui a permis de se "gaver de sommeil".

Charlie Dalin (Normandy Elite Team) est arrivé à 4 h 45 (TU) et a pu revivre un peu sur les dernières heures de navigation. "Je n'en pouvais plus de naviguer sous-toilé. Encore une journée comme ça et j'étais dégoûté à vie de la navigation en Figaro Bénéteau." Yoann Richomme (Skipper Macif 2 014), Alexis Loison (Groupe Fiva) et Sébastien Simmons (Bretagne Crédit mutuel Espoir) ont rejoint leurs coéquipiers entre 5 h 40 et 6 h 10 (TU), à 15 minutes d'intervalles. Pour tous, la navigation a été longue, enfermés dans leur cabine, en sécurité. L'état de la mer qualifié "d'impressionnant" par le skipper Macif 2 014 a permis aux trois hommes de la jouer collectif. Même si des moments de doute ont eu le temps de s'installer durant ces quelques jours.

Cinq skippers sont arrivés à peu près en même temps à Horta, aux alentours de 9 h 30 (TU) : Fred Rivet (DFDS Seaways), Fabien Delahaye (Skipper Macif 2 012), Vincent Biarnes (Guyot Environnement), Paul Meilhat (SMA) et Isabelle Joschke (Generalli – Horizon Mixité). Solidaires, certains ont pourtant douté de la décision de venir en convoyage sur Horta. Pris dans le gros de la tempête avec Gildas Mahé, ils ont pu l'aider même si les conditions étaient risquées et le risque d'accident important. Vincent Biarnes, le skipper de Guyot Environnement explique "Quand Gildas a cassé son safran, on était vraiment au plus fort du mauvais temps. La première inquiétude a été de savoir s'il pourrait réparer, si le bateau n'allait pas couler. Parce que tenter une évacuation dans ces conditions, ça aurait été plutôt scabreux. C'est aussi pour ça qu'il était important de rester à côté de lui, pour être capable d'intervenir".

Enfin, à 20 h 30 (TU), Gildas Mahé (Interface Concept) et ses trois accompagnateurs, Corentin Horeau (Bretagne Crédit mutuel Performance), Damien Guillou (La Solidarité Mutualiste) et Gwénolé Gahinet (Safran – Guy Cotten), ont rejoint la marine de Horta. Malgré des conditions de navigation encore instables, un grain de 40 nœuds et une pluie battante, les quatre navigateurs étaient heureux d'avoir rejoint la terre ferme.

Un pot d'accueil a permis à tous les solitaires de se retrouver pour échanger sur cette étape en convoyage, se donner des anecdotes, répertorier les réparations à venir… Le tout dans une ambiance joyeuse, remplie d'émotion.

 

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