Et si vous vous mettiez au Kiteboat ?


Gurval Lego, un graphiste résolument tourné vers l'ingénierie a décidé de créer un prototype de kiteboat grand public. Soutenu par l'Eurosima, il compte sur vous aujourd'hui pour que son rêve devienne réalité.

La genèse d'un projet

Gurval Lego est un créatif passionné d'ingénierie. Celui qui se rêvait ingénieur naval voire même architecte naval a été biberonné à la culture maritime. Né en Bretagne, cet inventeur a toujours navigué et a été bercé par le monde du bateau. Aujourd'hui, il a décidé de revenir à ses origines et de créer un prototype de kiteboat pour le grand public, "un petit engin monoplace qui soit facile à utiliser mais aussi à ranger et surtout pas trop cher pour pouvoir démocratiser la pratique du kiteboat parce qu'aujourd’hui, quasiment tout le monde sait ce qu'est le kitesurf, mais c'est un sport qui reste quand même assez élitiste. Physiquement ça demande d'avoir un peu de forme et il y a quand même certains dangers qui ne sont pas résolus alors que le kiteboat a certains avantages qui permettent de passer ça."

L'idée de ce kiteboat est née d'un constat tout simple "Je suis issu d'une culture maritime, j'adore naviguer, je suis breton, j'ai posé mes fesses dans des bateaux presque avant de savoir marcher et c'est vrai que les gens de la voile regardent le kite avec un œil un peu curieux parce que c'est une nouvelle façon d'utiliser le vent mais en même temps le principe consiste à se tenir sur une planche." Il pense alors à développer un nouveau principe "un bateau traîné par une aile, c'est-à-dire quelque chose qui fait le pont entre les deux et qui intéressera pas mal de monde". Pour lui, l'idée est trouvé, ce concept, il en est sûr attirera les pratiquants des deux milieux, bateau et glisse, qui profiteront des avantages de l'un sans les inconvénients de l'autre et vice-versa. Il a donc développé un petit bateau, qui a force de transformation est aujourd'hui devenu un tripode.

Le projet d'une vie

Le Dared, c'est un peu le "projet d’une vie" car Gurval, ça fait très longtemps qu'il travaille sur le principe, "Quand j'étais petit et que j'habitais Brest j'ai tout le temps bricolé des bateaux, j'ai tout le temps vu des engins bizarres, des prototypes d'airfoil, des bateaux de différents gabarits… Quand on est baigné dedans, c'est toute une culture que l'on possède." Véritablement, son projet il a commencé à travailler réellement dessus il y a sept ans, en esquissant les premiers croquis et en sortant les premiers pots de résines il y a cinq ans. Occupé par un emploi de graphiste, il y consacre quelques heures par-ci, par-là "Le prototypage c'est avant tout du développement et ça prend beaucoup de temps. C'est un peu plus long et difficile que de recopier un plan et que de refaire un bateau dans son jardin".

Ce perfectionniste a longtemps travaillé à la recherche du bateau idéal. Au début, il travaille sur l'optimisation de la traction par kite mais il trouve ces idées pas assez abouties. Finalement, il décide de repenser le problème à sa façon et de mettre en exergue les caractéristiques principales du bateau et c'est ainsi qu'est né le prototype V1 "Finalement, c'est les caractéristiques du bateau qui l'ont construit, un peu comme en biologie avec les coques d'huîtres qui se font couche par couche pour être résistantes et bien, moi, couche par couche je suis arrivé à ce principe de bateau en tripode."

Et des idées, il en a eu… "Au début mon projet c'était de battre le record de vitesse sur l'eau mais ça nécessitait un gros budget et je me suis vite rendu compte qu'aller chercher des budgets c'est un vrai métier. Soit on construit des bateaux, soit on va chercher des budgets mais c'est assez difficile de faire les deux."

Une maquette… qui n'en est pas une

Finalement, il se lance dans la construction de sa maquette et il se rend compte que ce qu'il considère comme un simple modèle réduit ferait aussi bien office de prototype. Après tout, il se range dans le coffre d'une voiture, il tient dans une petite cave sans se démonter et les gens autour de lui trouvent que cette "maquette" est plutôt sympa et qu'ils seraient intéressés pour aller s'amuser avec cet engin. "Du coup j'ai commencé à développer le bateau avec cette vision de quelque chose de plutôt facile à utiliser et qui puisse intéresser les gens dans l'état où il était et non pas comme une maquette d'un bateau que j'aurai voulu plus grand."

Aujourd'hui Gurval a gagné le prix de l'innovation et du design de l'Eurosima (Regroupement des industriels des sports de glisse européens), qui organise chaque année un grand concours. "J'ai donc décroché un petit prix qui va me servir de budget pour la construction d'un nouveau prototype qui sera à, disons 95 % le bateau commercialisable. Et ça devrait être courant 2 015".

Utiliser le crowfunding pour finaliser son projet

Sponsorise-me est partenaire de l'Eurosima et c'est donc dans ce cadre que Gurval a été contacté pour utiliser la plateforme afin de récolter un budget supplémentaire pour créer son projet. Etant spécialisé dans le sport, c'était donc "tout trouvé".

Sur ce site, Gurval propose de l'aider à développer son projet et pourquoi pas d'obtenir un des premiers modèles grâce à sa participation "Pour les très grosses participations, je propose aux gens d'avoir son propre bateau. Si j'arrive à obtenir un budget supplémentaire, je pourrai commencer ma mini-série et les clients de celle-ci pourraient être les personnes qui ont donné un gros budget. C'est une manière de supporter et d'apporter leur pierre à l'édifice mais aussi de bénéficier d'un nouveau produit sur le marché avec son nom sur le bateau."

Et la suite… ?

"J'espère que bientôt, il y a des gens qui s'amuseront un peu partout en France avec ce bateau et aussi ailleurs qu'en France même si c'est un pays particulièrement bien situé dans le nautisme." C'est tout ce que l'on souhaite à Gurval Lego et à son projet Dared !

Mais au fait, pourquoi Dared ?

À la base Dared, c'est le nom du projet, choisi parce qu'il a une triple signification. "D'abord, Dared en anglais, c'est oser, et j'aimais bien ça car le projet est assez osé." Ensuite si on décompose, "Da" "Red" c'est la contraction en anglais de "ce truc rouge" et enfin, "en breton, dared c'est une fulgure, un éclair de chaleur, et je trouvais que ça correspondait bien pour quelque chose de rapide."

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Hugues Lemoine - 08 Juin 2015
ce truc a un look très sympa et son safran/dérive généreux sous le cul du pilote promet de pouvoir mieux remonter au vent qu'avec le kite surf. Mais est-ce que ça tient cette promesse ? Et pas sûr du tout non plus que ce soit moins physique que le kite ... tout juste un peu plus rassurant pour ceux qui redoutent les difficultés d'équilibre du kite qui doivent disparaître des les premiers bords. Et puis ça va forcement coûter plus cher qu'un kite ... Et dans les vagues ou le clapot les planches latérales vont couper l'erre comme si l'on faisait un croche pied au truc ... Mouais ... séduit mais pas convaincu ...
Christophe Tétard - 13 Juin 2015
Oui, l'allure travers bon plein par forte houle (qui va supprimer un appui sur trois), va rendre instable le système, à moins que tout le bazar ne décolle par un saut. La réception risque d'être humide!
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