Route du Rhum 2014 - Des conditions différentes pour les classes

La journée d'hier a été un peu plus calme pour les Ultimes qui sont arrivés au large de Madère alors que les plus petits de la flotte sont encore soumis à des conditions météo difficiles.

Alors que les leaders viennent de passer Madère, les derniers sont toujours en Manche et la flotte s'étire sur 900 milles. Les 75 concurrents de la Route du Rhum ne naviguent plus dans le même système météo. Toujours emmenés par Loïck Peyron, les Ultimes vont commencer à glisser sur la bordure sud-est de l'anticyclone des Açores et les autres classes vont continuer de subir les systèmes dépressionnaires de l'Atlantique.

La litanie des dégâts, avaries et arrêts techniques est en train de se calmer. La majorité des marins a subi le "crash test" même si quelques abandons et fortunes de mer sont encore à déplorer : Vincent Riou, un des grands favoris de la classe IMOCA et Pierre Antoine, à bord d'Olmix, qui a dû être hélitreuillé. Les marins vont commencer à pouvoir se reposer et font le bilan des choses cassées, espérant pouvoir les réparer par eux-mêmes dans des conditions plus calmes.

Au large du Golfe de Gascogne et du Cap Finistère, les conditions de navigation sont toujours exigeantes sous les lignes de grain orageux. Ce n'est donc pas le moment de se relâcher. Pour les Ultimes par contre, il est bientôt temps de relâcher les écoutes et de libérer un peu de toile.

Les Ultimes sont enfin sortis de la « tempête »

"Ça sent le bout du tunnel", "Le plus gros est derrière nous", "On est sorti des grosses bourrasques". Le soleil est revenu et le temps s'améliore pour les Ultimes qui filent au portant. La mer se calme et le vent de nord-ouest devient plus régulier, les skippers vont enfin pouvoir se reposer. Les vitesses ont pris un cran hier après-midi avec des pointes qui dépassaient régulièrement les 30 nœuds. Loïck Peyron mène toujours le bal et a même tendance à creuser l'écart : 100 milles sur Spindrift 2 et Edmond de Rothschild, décalé dans l'ouest. Toute la troupe va contourner l'anticyclone des Açores par le sud avant de trouver les alizés. "On attaque la grande chistera anticyclonique" nous dit Peyron. C'est parti pour une course de vitesse et de glisse de 2 800 milles en direction du soleil.

Multi50, une classe décimée

Pierre Antoine a dû être hélitreuillé suite au naufrage de son bateau. La foudre a frappé le mât de son trimaran Olmix, trouant la coque et mettant le feu aux câbles électriques. La marin qui est sain et sauf s'est payé une belle frayeur et a été récupéré par un hélicoptère espagnol. Son bateau est en perdition. Il ne reste plus que 4 skippers en course, la classe Multi50 ayant été décimée… Pour le moment c'est Lalou Roucayrol qui est en tête du classement puisque Yves Le Blévec a lui aussi dû abandonner la course.

IMOCA, abandon de Vincent Riou et Gabart toujours en tête

Menacée par l'anticyclone des Açores, la flotte des Imoca a choisi de mettre de l'ouest dans sa route pour éviter d'être encalminée le long des côtes portugaises. Une option parfaitement anticipée par Macif, Maître Coq et Safran depuis leur virement de bord à Ouessant. Les conditions de navigation sont encore difficiles et les soucis techniques empêchent toujours les marins de dormir. Poussés par un solide vent de nord-ouest, les bateaux alignent de belles vitesses à plus de 20 nœuds. François Gabart (Macif), en tête depuis la bouée du cap Fréhel, continue à distancer ses poursuivants relégués à plus de 40 milles.

Class40, un nouvel abandon

À la demande de la Direction de la course, le leader Sébastien Rogues a dû se dérouter pour aider Pierre Antoine dont le Multi50 était en train de couler et ce matin il a annoncé son abandon de la course, venant de déchirer sa Grand-Voile et subissant de nombreuses avaries techniques. La tête de la flotte est prise par Kito de Pavant.

Classe Rhum : bifurcation Atlantique

Les conditions météorologiques ont été nettement moins dures en ce deuxième jour et les solitaires qui ont fait une escale technique en ont profité pour reprendre le fil de la course. À l'image de Patrick Morvan (Ortis) reparti de Camaret au lever du jour, tout comme Pierrick Tollemer (Ensemble pour entreprendre) de Brest, Bob Escoffier (Groupe Guisnel) et Benjamin Hardouin (Krit'R V) de Roscoff. Julien Mabit (Komilfo), en stand-by à l'Aber Wrac'h, a finalement décidé d'abandonner. La flotte s'est scindée en deux groupes avec le leader italien Andrea Mura (Vento di Sardegna) qui suit les monocoques IMOCA et Anne Caseneuve (Aneo) sur la trace des Multi50… Une nouvelle perturbation doit arriver mercredi soir en apportant des vents de secteur Sud-Ouest pendant 24 heures : les multicoques ont donc intérêt à piquer rapidement au Sud pour ne pas ralentir, les monocoques peuvent gagner dans l'Ouest pour toucher la bascule favorable les premiers…

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