Interview de Jérémie Beyou, 2e des Imoca sur la Route du Rhum 2014


Il a coupé la ligne d'arrivée cette nuit à 2h11 (heure de Paris) en 2e position des Imoca. "C’était vraiment dur…" a-t-il soufflé, vidé, mais heureux à son arrivée à Pointe-à-Pitre. Maître Coq a mis 12 jours 12 heures 11 minutes et 18 secondes pour boucler le parcours de 3542 milles à la vitesse moyenne de 11,8 nœuds.

Le triple vainqueur de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard Cachemire (Solitaire du Figaro, Jérémie Beyou remporte la victoire) partait de Saint-Malo avec une double intention : celle d’arriver de l’autre côté et de terminer sur le podium. 

Je suis vidé… Je suis allé au bout du bout. Dès le début de la course, j’ai eu des pépins techniques. Mais c'est de toute façon extrêmement intense physiquement sur ces bateaux-là. Tout est lourd. La moindre manœuvre demande une énergie folle. Là, par exemple, sur le tour de l’île, toutes les voiles y sont passées ! 

C’est une belle deuxième place. Ce que je retiens, c’est que j’ai été à la lutte et dans le match du début à la fin et, surtout, j’ai fait ma route. J’ai fait de bons coups stratégiques. L’idée était d’être offensif sachant que François était plus rapide que moi, mais ça n’a pas suffi ! Bravo à lui !! »

Le meilleur moment : c’est maintenant ! Les bonnes nouvelles, elles venaient du classement quand tu avais fait une bonne option, mais jamais du bateau. Ce sont des engins hyper rudes à mener en solitaire. On ne fait que de la gestion technique, de la conduite. La stratégie passe presque au second plan.

La grosse satisfaction, c’est effectivement l’ensemble de la saison. Surtout qu’au retour de la Solitaire du Figaro, j’étais franchement épuisé. Je n’avais plus d’énergie. Il a fallu se ressaisir … Mon préparateur physique m’a super bien coaché, mais le bonhomme était fatigué. Je tiens à saluer aussi le super travail de toute l’équipe technique.

Mener deux saisons de front n’est pas facile, mais le challenge est beau et intéressant. Répéter ses gammes, toute l’année, en Figaro, se confronter à d’autres concurrents, c’est la meilleure façon d’acquérir de l’expérience et de s’enrichir techniquement. C’est une de mes forces.

On savait depuis l’an dernier qu’il y avait un delta de vitesse avec Macif. Mais nous n’avons pas fait le choix d’optimisations aussi poussées que PRB, pour deux raisons : pour attendre le verdict de la Route du Rhum et pour des raisons budgétaires.

Je regrette vraiment que Vincent (Vincent Riou, skipper de PRB) ne soit pas à l’arrivée, parce que quand il est là, il performe toujours.

Depuis deux ans, nous avons travaillé dans l’objectif de la Transat Jacques Vabre, de la Solitaire du Figaro et de la Route du Rhum. Le Vendée Globe, ça va venir maintenant…

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