Le Conservateur, remporte la Transat Jacques Vabre en Class40

Pierre Brasseur et Yannick Bestaven © Jean-Marie Liot / DPPI / TJV2015

Le premier Class40 est arrivé ce mercredi 18 novembre à 21h 40' 09'' (heure française).Yannick Bestaven et Pierre Brasseur ont donc mis 24 jours 08 heures 10 minutes 09 secondes pour parcourir 5 963 milles sur l'eau à la vitesse moyenne de 10,21 nœuds.

Il a d'abord fallu affronter le mauvais temps d’Ouessant à Madère, faire le dos rond et préserver le matériel, particulièrement sollicité. Avec toujours l'ombre de VandB dans leur sillage, dès la latitude du cap Finisterre. 

Yannick Bestaven et Pierre Brasseur ont alors réussi à créer un petit décalage, devenu grand, grâce aux conditions météorologiques. Et dans la dernièrebaston jusque Madère, la brise de travers et la mer encore forte ont permis de reléguer Maxime Sorel et Samuel Manuard à plus de cinquante milles, avec trois autres Class40.

 

Ainsi le groupe des quatre se retrouvait englué dans une molle quand Le Conservateur pouvait allonger la foulée dans une belle brise portante… Le delta doublait en 24 heures pour cumuler à 320 milles après le Cap-Vert !

Avec Solidaires en Peloton Aserp effectuant une escale technique à Mindelo et VandB se protégeant de la houle sous l'île de Santo Antão pour bricoler, le concurrent le plus proche était alors Carac-Advanced Energies quand Yannick Bestaven et Pierre Brasseur s'engageaient dans le Pot au Noir.

Mais à cause d'une Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) ne soufflant qu'une légère brise pendant trois jours, les deux plus proches Class40 pouvaient revenir à moins de quarante milles du tableau arrière de Le Conservateur.

Le duo prit un coup au moral, mais gardaient toujours la main, mais avec de plus en plus de doute quand VandB se permit de revenir à moins de quinze milles lors de la grande descente vers Recife au débridé. Yannick Bestaven et Pierre Brasseur ont dû s'arracher pour remettre de la distance avec leur concurrent. Et là encore, le front orageux qui sévissait du côté des plateformes de forage de Rio de Janeiro rendait le duel de plus en plus incisif : Maxime Sorel et Samuel Manuard se décalaient au large quand Yannick Bestaven et Pierre Brasseur privilégiaient la route la plus courte.

Mais le rush final était d'un stress important puisqu’à peine quinze milles séparaient les deux bateaux dans une brise d'à peine 10 nœuds, avec un ciel radieux et une prévision météorologique pour le moins incertaine.

Cette finale avait de quoi rendre nerveux, mais les deux navigateurs avaient de la bouteille et sont restés concentrés jusqu'au bout pour s'imposer vainqueurs de la Transat Jacques Vabre parmi les Class40, avec une marge d'une petite quinzaine de milles. Une arrivée au soleil tombant…

 

Yannick Bestaven, skipper de Le Conservateur, premier Class40 à Itajaí
"Nous avons fait une bonne osmose : quand je pensais course perdue et changer d'option, Pierre me recadrait… Quand on était en décalage, on se remettait mutuellement dans le bon chemin. Car c'était stressant : avec l'avance que nous avions avant le Pot au Noir (300 milles), on se la voyait belle ! Ça a été particulièrement compliqué, dès le début. Parce qu'il y a eu plein de rebondissements avec une première semaine dure, pour le bateau comme pour nous. Et l'écart que nous avons eu après, c'est aussi parce que nous avons bien donné ces premiers jours, ce qui nous a permis d'avoir un peu plus de Sud quand l'anticyclone est revenu. Et quand on a vu notre avance diminuer à 30 milles à la sortie du Pot au Noir, c'était dur à digérer. On a eu chaud aux fesses ! Et encore il y a deux jours au Cabo Frio… Là, j'ai vraiment pensé que la course était perdue."

Pierre Brasseur, co-équipier de Le Conservateur
"Le moral ? Heureusement que nous étions en double, parce que lorsqu'il y en a un qui l'a en haut, l'autre peut l'avoir en bas… On a réussi à s'équilibrer là-dessus. Parce que nous avons eu chacun des phases où on y croyait, puis on n'y croyait plus. Mais on a pu se remobiliser, se soutenir, s'entraider. Car Maxime et Sam n'ont pas arrêté de revenir ! C'était le scénario catastrophe jusqu'à ce matin : on n'était pas serein. Bon, on s'est fait quand même une superbe dernière nuit sous grand spinnaker, à fond de balle !"

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