Web série Étape Canaries Cap-Vert pour Blandine et Max


Le tour du monde de Blandine et Max continue. Quittant les Canaries, ils se dirigent sur le Cap Vert. Récit en vidéo de leur traversée avec impression en direct de leurs états d'âme.

Ils sont au Cap Vert. Qui ? Mais Blandine et Max bien sûr. Nous les avions laissés aux Canaries. Nous les retrouvons à la veille du départ pour cette traversée qu'ils mettront 6 jours à réaliser.

Pas de tempête cette-fois, ni de vent dans le nez, ni encore de problèmes techniques, juste une traversée avec une forte houle qui rappelle que l'on navigue en Atlantique. Pour cette étape, notre couple a embarqué des bateaux-stoppeurs. Un couple qui malgré son manque d'expérience va se révéler très utile. En effet, les réglages du régulateur d'allure ne sont pas encore au point. Max n'arrive pas à le faire marcher sur Bohème, un Dufour 4800 avec une barre à roue. Pas d'autres solutions pour l'équipage que de tenir la barre en organisant des quarts.

Les journées en mer s'enchainent avec pour tout loisir la venue des dauphins par centaine et les joies (ou malheurs) de la pêche. Et malgré une arrivée nocturne au mouillage, Bohème a pu poser son ancre à bon port. Place maintenant à la découverte de ces îles si accueillantes.

Blandine a rédigé un petit journal de bord de cette traversée. Nous vous le livrons ici :

"Notre dernière étape avant notre première "grande" traversée est l’île de La Gomera. Nous y passons une journée de visite plutôt express, mais avons la chance de rencontrer un Siffleur ! Ce Gomérien de 82 ans rencontré dans le bar de la place du village nous fait une démo du fameux Silbo Gomero. Ce sifflement utilisé (plutôt autrefois) par les bergers sur l’île pour s’exprimer sur de longue distance à travers les grandes vallées.

Place aux choses sérieuses, nous sommes le 10 novembre et nous entamons notre traversée vers le Cap Vert ! Angoissée comme je suis, mon cher capitaine essaie un nouveau moyen de me faire apprécier les traversées, nous prenons donc Pauline et Hugo à bord. Ces deux bateaux-stoppeurs rencontrés par annonce interposée souhaitent rejoindre les Caraïbes par le Cap Vert, leur manque d’expérience m’effraie un peu au début (n’est-ce pas une responsabilité en plus, plutôt qu’une aide à bord ?) Après une petite navigation d’essai, je comprends que "ça va le faire jusqu’au Cap-Vert" me voilà rassurée nous pouvons partir !

La houle des premiers jours ne nous fait pas de cadeau, on était pourtant au courant que cette traversée n’allait pas être de tout repos à cause de la houle de travers qui sévit dans cette partie de l'océan, elle rend la navigation assez inconfortable, ce n’est pas berçant, mais plutôt vraiment dérangeant. 

Puis viens le moment où nous nous rendons vraiment compte que, oui, nous allons devoir barrer tout le long de la traversée, Max n’arrive décidément pas à régler notre régulateur d’allure, le système mis en place sur notre barre à roue n’est pas si facile à manipuler. En plus de ça, inutile d’essayer notre pilote automatique à courroie, qui ne tiendra pas la route avec toute cette houle. 

Allez, on a compris, on se fait à l’idée de barrer à tour de rôle non-stop. La nuit ce sera des quarts de 2h à partager entre Hugo Max et moi, Pauline n’étant pas à l’aise avec la navigation de nuit, elle prendra le relais dès 7h pour le lever du soleil. 

Ca y est la routine s’installe à bord, malgré cette houle incessante. 

Faire à manger, se laver, se brosser les dents et faire la vaisselle deviennent les cases à cocher de chacune de nos journées. Le blues se fait un peu sentir au début, "plus que 500 milles", aucun dauphin ou autre divertissement à l’horizon, notre ligne de pêche qui se rompt... Le Cap-Vert nous parait tellement loin ! 

Puis arrive le jour de la moitié de la traversée, le moral remonte, il ne nous reste plus que 3 jours (je me demande encore comment sera la traversée de l’Atlantique lorsque la moitié sera à 8/10 jours de navigation de l’arrivée… Bref "on verra").

Et là tout va mieux, nous péchons notre premier poisson, un petit maquereau qui nous servira d’apéro suivis par un spectacle d’une centaine de dauphins plutôt incroyable, leur saut de 4m de haut nous font hurler de bonheur, nous les encourageons comme s’ils étaient en scène. 

Désormais nous sommes prêts à affronter la fin du voyage. 

Le dernier jour se lève, le vent nous manque, que faire, nous n’allons quand même pas finir avec 15 heures de moteur ! Le crew se motive, nous allons mettre le spi. 

Notre nouvelle voile de la superficie de quatre appartements parisiens (110m2) fonctionne à merveille, elle rend notre bateau majestueux et fier d’arriver bientôt à destination. Nous passons la journée avec une moyenne de 6 noeuds et demi sous spi, avec un bateau à plat, juste parfait ! 

La nuit tombe, pour sûr nous arriverons de nuit (je ne sais pas comment nous nous débrouillons pour arriver toujours de nuit !), nous hésitons, mais décidons de garder le spi la nuit jusqu’à notre arrivée sur l’île de Sal. L’arrivée est assez stressante, notre GPS n’est pas bien précis, la seule solution est de rentrer nos coordonnées GPS à la main sur Open CPN (logiciel de navigation sur l’ordi), nous sommes loin d’être précis, nous approchons du mouillage, et là le soulagement, des dizaines de bateaux au mouillage, qui plus est, avec leur feu de mouillage ! 

C’est bon je crois que nous sommes arrivés à Palmeira, sur l’île de Sal, au Cap Vert (j’ai certainement eu besoin de me le répéter pour m’en rendre compte), il est 3h du matin, nous avons mis 5jours et 20heures, avec une moyenne de 5,5 nœuds, juste parfait !"

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Dufour 4800, la fiche technique

MarqueDufour Yachts
ArchitecteJohan Valentijn
Longueur hors-tout10.65 m
Longueur de coque10.65
Largeur3.40 m
Tirant d'eau1.85 m
Déplacement lège4 800 kg
Surface de voilure au près65 m2
Carburant90 L
Voir la fiche technique du Dufour 4800
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Jerome Rougemont - 30 Janvier 2017
Cool l'équipage ;)
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