Yann Guichard présente sa nouvelle stratégie pour le Trophée Jules Verne

Spindrift 2 © Chris Schmid

En janvier 2016, l'équipage de Spindrift 2, représenté par le skipper Yann Guichard échouait dans sa tentative de Record du Trophée Jules Verne. Mais le trophée reste toujours dans le viseur du skipper qui compte bien repartir cet hiver 2017, contrairement à ce qu'il avait annoncé à l'hiver 2016. Le maxi-trimaran a d'ailleurs été amélioré dans ce sens et l'équipe a mis en place une nouvelle stratégie.

Nouvelle tentative de Record du Trophée Jules Verne

Le 22 novembre 2015, Spindrift 2 – le plus grand trimaran de course océanique – et son équipage de 14 marins — partait à la conquête du Trophée Jules Verne. Tentative échouée avec plus d'un jour de retard sur le record de Loïck Peyron (désormais le Trophée est entre les mains d'Idec Sport, depuis le 26 janvier 2017, en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes).

Après une année consacrée à d'autres courses, d'autres supports et d'autres projets, Yann Guichard a néanmoins décidé de retenter le coup cet hiver. Contrairement à ce qu'il avait annoncé en octobre 2016. "Notre point d'orgue cette saison reste le Trophée Jules Verne […] Le nouveau chrono récemment établi par Francis Joyon et son équipe en 40 jours et 23 heures sera dur à aller chercher et c’est toute la stratégie de course que nous devons adapter" a précisé le marin sur le site de son écurie de course au large, Spindrift Racing.

Même si la stratégie reste la même, elle devra être adaptée au nouveau temps de référence établi par Francis Joyon cet hiver. En effet, l'équipage devra être 10 % plus rapide.

© Chris Schmid

De nouveaux plans porteurs

Le maxi-trimaran Spindrift 2 vient de sortir de chez Multiplast (à Vannes), après un chantier de 6 mois, en vue de cette tentative de record. De nombreuses optimisations ont été réalisées, et notamment au niveau des coques. Ces dernières sont désormais équipées de nouveaux safrans en "T", destinés à sustenter la plateforme et gagner ainsi en performance. L'équipe réalise désormais une série de tests de ces nouveaux appendices jusqu'à septembre, afin d'être prêt à un stand-by mi-octobre.

"L'idée d'installer des plans porteurs sur le maxi n'était initialement pas destinée au Trophée Jules Verne, mais plutôt à des records courts comme celui des 24 h. Nous avons fait le choix de les mettre en place pour le Jules Verne, car cela va apporter un gain de performance à certaines allures. Cette installation nécessite un gros travail de prise en main et de réglages que nous testons actuellement pendant les entraînements" a précisé Yann Guichard.

© Chris Schmid

Un équipage réduit

Alors qu'ils étaient 14 lors de la précédente tentative, l'équipage sera sans doute réduit en 2017. Mais pour autant, il faudra tenir compte de la taille (40 m) et du poids du bateau (20,50 tonnes), qui seront déterminants pour choisir le nombre d'équipiers à bord. Pour autant, l'équipage ne devra pas compter moins de 10 équipiers pour pouvoir être à 100 % du potentiel du bateau. "Il faut faire attention à ne pas comparer les bateaux, Spindrift 2 fait 40 mètres et IDEC Sport en fait 32. Ces 8 mètres d’écart font toute la différence […] L'objectif du team est de mener Spindrift 2 à 100 % de son potentiel. Il reste un gros bateau et il faut être plus de 10 équipiers à bord pour pouvoir le manœuvrer."

Avec un équipage moins nombreux, le rythme à bord sera plus intense et certainement plus éprouvant physiquement et mentalement, en raison de vitesses élevées.

© Chris Schmid

Tenir compte de la bonne fenêtre météo

Spindrift 2 entrera en stand-by relativement tôt au mois d'octobre pour obtenir les meilleures fenêtres météo de l'hiver. "Nous sommes conscients que pour y parvenir il faudra surement faire plusieurs départs. Grâce aux fichiers météo, on arrive à avoir une visibilité assez claire à 7/8 jours et à détecter la tendance à 10 jours. Alors au bout de 4/5 jours à l'équateur, on peut se rendre compte si la météo au cap de Bonne Espérance et à l'entrée de l'océan Indien est peu propice à aller chercher le record. Dans ces conditions, on sera amenés à faire demi-tour et se préparer à un nouveau départ."

L'équipage tiendra compte des temps de référence intermédiaire de Francis Joyon pour se repérer sur la course.

Dans le Sud, l'équipe se demande également si elle n'ira pas se rapprocher des glaces pour raccourcir le parcours et gagner 1 ou 2 degrés de latitude, "un gain considérable en distance autour de l’Antarctique", mais attention aux icebergs !

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