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Essai : Ti’Bac, un voilier de travail devenu petit croiseur

Inspiré par les traditionnels bacs à voile du bassin d’Arcachon, le Ti’Bac en reprend les mêmes lignes très plates de carène et le cockpit immense… mais il intègre désormais une petite cabine. Ballade ou régate, il sait tout faire, ce mini croiseur !

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Après le Bô 28 qui doit beaucoup aux maquereautiers, le tandem Bonnin/Bossuet trouve de nouveau ses sources d’inspiration sur le plan d’eau que les deux constructeurs connaissent par cœur, le bassin d’Arcachon.

Mais cette fois-ci, c’est le bac à voile qui les intéresse... bateau de travail tout plat né sur les plans d’eau aquitains à la fin du XIXe, le bac est en quelque sorte une robuste barge dont le pont est bas – et tout plat lui aussi – afin de transporter toutes sortes de matériaux. Ce voilier, qui cale très peu pour débarquer ses marchandises directement sur le rivage et s’échouer facilement, a également été utilisé par les ostréiculteurs et pour la pêche à la sardine.

ti'Bac 

Une carène adaptée à la plaisance

Nous voilà bien loin de la croisière, pensez-vous ! Finalement pas du tout : Jean-Baptiste Bossuet – c’est à lui qu’on doit les plans du Ti’Bac - a bien compris que cette carène toute plate était on ne peut plus adaptée aux plans d’eau peu profonds et qu’un vaste cockpit permettait, à coup sûr, une ambiance conviviale.

Voilà pour les grandes lignes du projet, pour le reste, l’architecte-constructeur et Alexis Bonnin ont opté pour un rouf abri et des attributs bien plus modernes pour le gréement, l’accastillage et les appendices. Le Ti’Bac est construit en contre-plaqué époxy sur une structure en acajou et sapin rouge, et son plan de pont – tout comme l’intérieur – sait mettre en valeur les essences de bois (le teck reste une valeur sûre). Ajoutez un zeste d’inox, une sellerie confortable et une finition soignée et c’est un bien un petit croiseur que vous allez découvrir.

Ti'Bac 

Raide à la toile

Quand on monte à bord, on est surpris par la faible gîte du bateau. Il est pourtant très peu lesté – 60 kg seulement dans la dérive pivotante. L’appendice est constitué d’une tôle acier de 12 mm profilés grâce à deux demi-coques stratifiées et enduites.

Si le lest est si réduit, c’est parce que ce premier modèle est équipé d’un moteur diesel, de son réservoir de carburant, de batteries et d’une réserve d’eau – soit 235 kilos qui font le poids, bien où il faut, de part et d’autre du puits de dérive (et juste en arrière pour le Nanni de 14 ch. Les Ti’Bac équipés d’un plus modeste hors-bord sont donc dotés de gueuses de plomb afin d’atteindre un déplacement total proche de 1 200 kg.

Ti'Bac 

Facile à manœuvrer

Les déplacements sont aisés, on regrette juste une main courante à bâbord sur le rouf pour accéder sans encombre à la courte plage avant. À tribord, l’échancrure de la descente décentrée offre une bonne prise. Exceptée la grand-voile, toutes les manœuvres reviennent sur un winch en arrière du puits de dérive. En quelques bords, vous avez le bateau en main tant il est facile à gréer et à régler.

Ti'Bac 

Des performances étonnantes

Sur le plan d’eau, des conditions idéales : 15 à 18 nœuds de vent et petit clapot. Alexis et Jean-Baptiste n’hésitent pas une seconde… on envoie toute la toile ! Au près, le Ti’Bac accuse bien quelques bons coups de gîte dans les rafales, mais encore une fois, sa raideur à la toile est étonnante.

Certes, l’équipage est bien calé au rappel, mais il convient de saluer les qualités marines de cette carène extra large. On relève à 40° du vent réel une vitesse de 6 nœuds. En débridant les écoutes, on décroche facilement 2 nœuds de plus. Sur les petites vagues, le bateau démarre des jolis surfs ; sûr qu’avec une bonne voile de portant, le Ti’Bac se transformera volontiers en petite luge !

Ti'Bac 

Rendez-vous sur la plage !

Particulièrement évolutif, le Ti’Bac vire dans un mouchoir ; il invite à s’aventurer dans les passages les plus étroits… et les moins profonds. Évidemment, plus on relève la dérive et le safran, plus il convient d’anticiper les trajectoires et la dérive, justement. Mais il reste possible de manœuvrer et même de gagner au vent dans 50 cm d’eau.

Le safran est muni d’un double système de relevage. Il s’ajuste à la demande verticalement en fonction de la profondeur d’eau et pivote seul vers l’arrière en cas de contact brutal et imprévu. Difficile avec un tel voilier de résister à des approches de plage. Assez léger pour être repoussé à la main, on n’hésite pas à beacher carrément.

Ti'Bac 

Épicurien avant tout

C’est surtout au mouillage qu’on apprécie les qualités épicuriennes du Ti’Bac. D’abord son cockpit mesure 4,50 m de longueur, excusez du peu. Ensuite, le plateau central du cockpit se relève grâce à des vérins intégrés de 9 cm ; les abattants sont alors mis en place pour profiter d’une table de 60 par 50 cm. On peut manger à sept… et il reste le capot moteur pour les enfants ! Et enfin on profite de trois coffres extérieurs pour stocker l’équipement du bord.

À l’arrière, le tableau est équipé d’un portillon pour un accès direct à la mer (ou au sable). Une échelle intégrée est à poste alors que la pantoire de l’écoute de grand-voile se déclipse pour libérer le passage. Autre petit détail qui facilite la vie au mouillage : le banc tribord se replie pour circuler plus facilement encore vers le rouf.

Ti'Bac 

Une petite cabine pour deux

Notre cabine dispose, on l’a vu, d’un accès décalé sur tribord. Du coup, le mât est posé sur le puis de dérive, juste en arrière de la cloison. À l’intérieur, 1,08 m de hauteur sous barrots seulement, mais là aussi une belle finition – bois apparent et laque blanche. Le chantier est parvenu à caser de nombreux rangements et même une cuisine très astucieuse avec son réchaud qui bascule sur l’évier. Le carré offre une sensation de confort cosy. Et un coussin amovible permet de profiter d’une vraie couchette double.

Ti'Bac 

L’avis de Bateaux.com

Déjà diffusé à cinq exemplaires, le Ti Bac démontre qu’il existe bien un marché pour ses voiliers néo-rétro construits en petite série et personnalisable à l’envi. Rapide et grisant sous voiles sans être exigeant à mener, le Ti’Bac est aussi atypique que séduisant – particulièrement au mouillage.

Certes, son homologation CE en catégorie C le cantonne à des plans d’eau abrités et les hiloires du rouf gênent un petit peu le dos quand on est assis… Mais sa construction bois (la coque est parfaitement protégée grâce au tissu de verre et la résine époxy) et sa qualité de finition font de lui un mini croiseur qui ne vous laissera pas indifférent…

 

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