Des foils en "G" pour l'IMOCA La Fabrique

Alan Roura sur le foil de La Fabrique © Christophe Breschi

Après l'ajout de foils de dernière génération et d'importantes restructurations et modifications, La Fabrique - l'IMOCA d'Alan Roura - a été remis à l'eau ce lundi 16 juillet 2018. Seul hic, le monocoque de 60 pieds est pour l'instant uniquement équipé de son foil bâbord. Une erreur de calibrage chez l’usineur, chargé de créer les barreaux en carbone des foils, a ainsi retardé de plusieurs semaines la livraison de l'élément tribord. Le bateau participera dans cet état aux courses qualificatives à la Route du Rhum.

Alan Roura s'était illustré en 2016 pour son premier Vendée Globe. On se souvient encore des larmes d'émotions du plus jeune concurrent de la course (23 ans en 2016) au moment de la descente du chenal, ou encore du partage de son tour du monde en solitaire avec ses nombreuses photos. Sur La Fabrique, il avait terminé à la 12e position.

À son retour, Alan et ses sponsors décident de continuer ensemble pour un projet Vendée Globe 2020 et achètent un nouveau bateau – conçu pour le premier Vendée Globe d'Armel le Cléac'h et ex-MASCF entre les mains de Bernard De Broc. Le jeune Suisse participera d'ailleurs à bord du nouveau La Fabrique sur la Transat Jacques Vabre 2017.

Désormais – et comme c'était prévu pour le Vendée Globe 2020 –, le monocoque de 60 pieds est équipé de foils et a été remis à l'eau ce lundi 16 juillet 2018. En plus de cinq mois de chantier, le 60 pieds dessiné en 2007 a été profondément transformé en vue de la Route du Rhum et, à terme, du Vendée Globe 2020.

"Je ne réalise pas bien… La Fabrique est à l'eau, terminée ! C'est génial, c'est inimaginable. Le bateau a retrouvé ses lignes de l'époque, il est magnifique, il est comme je l'avais imaginé. Et puis on a atteint notre objectif de ne pas prendre de poids malgré l'ajout de foils. L'équipe a vraiment bien travaillé, maintenant on a hâte de naviguer !" s'est exclamé Alan Roura.

Alléger le bateau

Avec l'objectif d'alléger le bateau, la soute à voile à voile a été intégralement reconstruite afin de supprimer les ajouts de matière, réparations et autres remaniements accumulés ces dernières années. La casquette de cockpit – initialement construite en composite – a été remplacée par une structure en textile, plus légère et plus ergonomique. Toujours dans une optique de gain de poids et d'ergonomie à bord.

Pour l'instant, les ballasts et la cellule de vie restent à l'identique, mais pourraient être amenés à subir des modifications lors de chantiers d'hiver.

Réaménager le plan de pont

Grâce à son expérience sur la Transat Jacques-Vabre 2017, Alan Roura a également pu adapter son bateau et repenser son plan de pont. Emplacement de l’accastillage, chemin des bouts, nouveaux chandeliers, cale-pieds et aménagement du cockpit ont donc été mis à sa main.

Des foils en forme de "G"

Les foils de La Fabrique ne peuvent être rentrés complètement le long de la coque et ne disposent donc d'aucune position "off". Une décision de Finot-Conq, pour répondre au cahier des charges d'Alan Roura, lui qui souhaitait gagner en performance à toutes les allures — proches du vent compris.

Ces foils sont donc en forme de "G", aux shaft courbés qui ressortent par le pont, quand ceux de génération 2015 étaient davantage en "L" et se terminaient pour la plupart à l'intérieur du bateau. Une ligne qui permet par ailleurs de conserver les ouvertures des anciennes dérives, seuls les puits (dans lesquels les foils passent à travers la coque) ayant eu besoin d'être modifiés.

En dehors des puits de foils (qui remplacent les puits de dérive), leurs renforts locaux, et un nouveau gréement en carbone, aucun renfort n'a été nécessaire pour s'adapter aux foils.

Alan Roura aura également la possibilité de régler l'incidence des foils (comme ça l'a été autorisé pour le prochain Vendée Globe) ce qui nécessitera un travail de réglage particulièrement assidue.

"Lorsque nous avons découvert la proposition finale de Finot-Conq et Michel Kermarec, c’était exactement ce que nous imaginions. Je sais que cette solution sera exigeante en navigation, mais je suis là pour travailler et continuer d'apprendre, je suis prêt" a confié le jeune skipper.

L'objectif est de gagner 10 à 20 % de vitesse en moyenne selon les allures et conditions de vent et de mer. Désormais, le skipper va s'attaquer à la Drheam Cup (qualificative à la Route du Rhum), le 23 juillet puis sur un parcours d'entrainement offshore courant août, avant de prendre le départ du Défi & Trophée Azimut le 21 septembre et de s'élancer sur la Route du Rhum le 4 novembre prochain.

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