Femmes de la Route du Rhum 2018 : 3 participantes en IMOCA, sur des bateaux taillés pour des hommes

Isabelle Joschke © Arnaud Pilpré #RDR2018

Sur cette édition 2018 de la Route du Rhum, elles seront 6 navigatrices à prendre le départ à Saint-Malo : 3 en IMOCA et 3 en Class40. Dans la première des catégories, ce sont trois bizuths - ce qui ne veux pas dire inconnues de la course au large - qui prendront la barre de ces grands monocoques de 60 pieds. Qui sont les femmes de la classe IMOCA de la Route du Rhum 2018 et quels sont leurs objectifs ?

Alexia Barrier, 4MyPlanet

Alexia Barrier — 38 ans — évolue depuis 15 ans dans le monde de la course au large : Mini 6.50, Figaro Bénéteau, Class40 et Imoca, avec un objectif en tête : courir le Vendée Globe.

Cette Méditerranéenne a réuni autour d'elle un pool de partenaires, ce qui lui a permis d'acquérir le mythique Pingouin, plan Lombard mis à l'eau en 1998 pour Catherine Chabaud. "J'ai beaucoup navigué sur ce genre de bateau, notamment sur Roxy et sur celui de Philippe Monnet. Je l'ai déjà éprouvé dans 40 nœuds à Gibraltar, c'est un bateau coffre-fort."

Sportivement, elle a bien conscience qu'il lui sera difficile de jouer les premiers rôles sur le plus vieux bateau de la flotte : "Je ne me mettrai pas la pression si je suis à l'arrière du peloton, mais si je navigue bien, il n'y a pas de raison que je ne joue pas avec certains."

Mais à travers cette couse, elle porte deux autres challenges à travers l'association 4myplanet : mener à bien une mission d'observation scientifique pour l'université Côte d'Azur et un programme éducatif avec les villes d'Antibes et de Biot, pour faire découvrir aux enfants l'univers du large et les sensibiliser à la préservation des océans.

Samantha Davies, Initiatives-Coeur

C'est sur le Vendée Globe 2008 que Samantha Davies se fait connaître. La Bretonne de 44 ans participe à sa première Route du Rhum — Destination Guadeloupe en prenant la relève de Tanguy de Lamotte, même si pour elle la course au large c'est une histoire de famille. Sur cette course, elle rivalisera d'ailleurs avec l'homme qui partage sa vie, Romain Attanasio.

Son objectif est donc double, faire le mieux possible, mais aussi "défier l'océan pour sauver des enfants", leitmotiv de Mécénat-Chirurgie Cardiaque, qu'elle soutient avec ses partenaires. "Pour l'association, la Route du Rhum est très importante, parce qu'elle permet de toucher beaucoup de monde sur le village de départ."

Et pour sa première transatlique du Rhum, elle s'est beaucoup entrainée, comme elle l'explique : "Même si j’ai fait beaucoup de mille ces dernières années, entre la Volvo Ocean Race et les navigations avec Tanguy, je n'ai plus disputé de grande course en solitaire depuis 2012, donc il était primordial que je m'entraîne."

Pendant deux ans, Sam Davies a pris en main son IMOCA doté de foils par son précédent skipper, Jeremie Beyou. "Il faut apprendre à gérer le stress et la violence du bateau. En plus, nous avons installé le système pour changer l’incidence, je travaille beaucoup sur ce réglage qui permet de gagner en performance. Tout ce qui est développement me passionne."

Isabelle Joschke, Monin

À 41, cette Lorientaise a s'est passionné pour la voile lors d'un stage aux Glénans, alors qu'elle a une vingtaine d'années. "C'est comme si une mouche m'avait piquée, j’ai fait un tournant à 180 degrés, arrêté́ mes études de lettres pour devenir monitrice, ou skipper professionnel." C'est d'ailleurs de cette manière qu'elle achète un bateau pour participer à la Mini Transat 2005. Elle passera ensuite par la case Figaro Bénéteau, la Class40 et désormais l'IMOCA sous les couleurs de Monin, nouveau venu dans la course au large.

Pour sa première Route du Rhum — Destination Guadeloupe, la navigatrice sera à la barre de l'ancien plan VPLP-Verdier de Yann Eliès et encadrée par l'équipe d'Alain Gautier, qui l'a racheté. "J'ai beaucoup navigué, avec l'objectif de rendre le bateau le plus accessible possible en solitaire"

Celle qui s'est beaucoup entrainée, reste humble sur ces objectifs "Ce qui compte avant tout, c'est que le bateau aille techniquement au bout. J'aurai un peu de pression, car l'entame peut être difficile, mais je ne me rajoute pas de pression de résultat, parce que je sais que je serai à fond. "

Elle aussi portera un double objectif avec la promotion de son association Horizon Mixité, créée en 2012, dont l'objectif est de promouvoir la mixité dans tous les domaines de la société, pas seulement la voile.

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Reportage : Femmes de la RDR

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