Mark Slats, une vraie aventure au bout du Golden Globe Race

© Chloé Barre

Ce jeudi 31 janvier 2019, 48 heures après l’arrivée de Jean-Luc Van Den Heede, vainqueur de la Golden Globe Race, c’est l’étrave de Maverick Ohpen, le Rustler 36 de Mark Slats qui pointe son étrave sur Les Sables-d’Olonne. Il boucle son premier tour du monde en course (le 3e en réalité) après 214 jours, 12 heures et 18 minutes.

Il fallait veiller jusqu’à une heure tardive pour aller accueillir Mark Slats second de cette édition de la Golden Globe Race 2018. Malgré tout, une quinzaine de bateaux sont venus à sa rencontre, bravant la nuit, le vent et la houle.  Nous étions parmi eux. 

Mark Slats

À 23h18 jeudi 31 janvier 2019, le Rustler 36 de Mark Slats franchit l'alignement matérialisant la ligne d'arrivée - entre la Nouch Sud et le phare vert du chenal des Sables-d’Olonne : 214 jours, 12 heures et 18 minutes !

Mark Slats

Bien que l'on n’ait pas retrouvé l’effervescence de l'arrivée de VDH, de nombreux courageux spectateurs sont venus assister à l'entrée dans le chenal.

Mark Slats

Accueilli au ponton par VDH

À son arrivée au ponton Mark est accueilli par Jean-Luc Van den Heede en personne – vainqueur de cette édition 2018. Ce sera d'ailleurs Jean-Luc qui mènera l'interview destinée aux journalistes. Mark nous a compté ses aventures et histoires qu'il a vécues en mer, heureux de partager ses émotions.

Car contrairement à Jean-Luc -pour qui cette course fut un tour du monde supplémentaire à son palmarès - pour Mark c’est une grande découverte. Il n'a jamais participé à une compétition : "C’est la deuxième course à laquelle je participe. La première c’était le prologue !" Il s’est lancé sur cette Golden Globe Race comme dans un grand saut dans l'inconnu. Il nous raconte ses moments les plus forts, ses meilleurs souvenirs et ses pires angoisses qui, bien souvent, sont issus de la même situation : "J'étais extrêmement déçu il y a 3 jours lorsque le temps est devenu très mauvais et que j'ai dû me dérouter vers La Corogne. Si je m'étais arrêté à La Corogne, je n'aurais jamais pu repartir. Je voulais vraiment arriver aux Sables-d’Olonne. J’ai discuté avec des cargos et le "Finistère trafic control" parce que je n'avais aucune carte de cette zone.

Mark Slats

Le capitaine de l’un des cargos m’a appelé : "J’ai navigué 20 ans sur des yachts. J'ai regardé les cartes météo et je pense que si tu vires au nord maintenant il y a une fenêtre pour aller aux Sables-d’Olonne", m’a-t-il dit. Je n'aurais jamais pu avoir une meilleure fenêtre météo. On a discuté pendant une demi-heure et il m'a tout expliqué. Je pense que c'était l'un des moments les plus heureux de cette course. Je me suis retrouvé sur le pont, au rappel au vent comme en régate. Le vent venait du Nord-Ouest. J’ai longé le continent, il y avait des vagues de 10 mètres qui venaient par le travers du bateau. La capote a encore cassé. Mais pendant 4h j'étais trop content. C'était vraiment un bon moment."

Mark Slats

Un homme au service de son bateau

Malgré la rudesse des conditions et les situations difficiles qu'a subies le bateau, il reste très propre. Il faut dire que son skipper a bien veillé sur lui. Mark plongea notamment 7 fois pour nettoyer sa carène. Il est également monté à deux reprises au mât pour réparer et détordre la girouette et l’antenne VHF. Des opérations exigeantes et très physiques. Il faut dire que cet homme de 42 ans est un véritable sportif, costaud et endurant. En janvier 2017 il a battu le record de la traversée de l'Atlantique à la rame. L’effort physique et le mental de fer, il connaît.

Il a même mis à profit cette expérience de rameur pour faire avancer son bateau à la rame lorsque le vent venait à manquer : "Je n'ai pas ramé autant que ce que j'avais déjà fait – 18 heures par jour. Ceci dit, j'ai encore ramé, il y a 2 jours. Au sud de la Nouvelle-Zélande, j'ai ramé 12 heures par jour pendant 2 jours.  Je ramais 2h puis je me reposais 2h. C'est pour ça que j'ai encore une bonne quantité de carburant."

Mark Slats

À court d'eau douce…

Cette endurance lui a probablement aussi sauvé la vie. Depuis le 1er janvier, il n’a plus de source d’eau douce. Depuis 25 jours il doit pomper avec son dessalinisateur de secours pour avoir quelques gouttes d’eau : "Il y a 5 jours je pensais que 10 litres d’eau seraient suffisants, mais c’était limite. Je n’ai rien bu de la journée. Il faut pomper 4 à 5 heures par jour à raison de 0,5 litre par heure. J’ai compté il faut pomper 1562 fois pour obtenir 0,7 litre… Au début je ne pouvais pas pomper plus de 30 minutes d’affilées. Avec un peu d’entrainement, j’arrivais à tenir 2 heures. Mais en montant vers le nord, il faisait de plus en plus chaud et pour pomper ces 0,7 litre d’eau, je suais 0,5 litre…"

La Golden Globe Race est une course que chacun vit différemment. Mais que l’objectif soit la compétition ou l’aventure, il est certain que ces marins se souviendront longtemps de ce tour du monde à la voile en solitaire et sans assistance, à l’ancienne.

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Rustler 36, la fiche technique

MarqueRustler Yachts
ArchitecteHolman & Pye
Longueur hors-tout10.77 m
Largeur3.35 m
Catégorie CEA
Déplacement lège7 623 kg
Carburant151 L
Voir la fiche technique complète du Rustler 36