Quelles voiles choisir pour débuter la croisière ?

Vous débutez dans la plaisance et vous ne savez pas quelle voile choisir pour commencer à naviguer. Stéphane Hebert est gréeur et voilier. II est fondateur de Cornouaille Gréement, entreprise concarnoise spécialisée dans le gréement et la voilerie, il nous donne son point de vue.

Comment choisir ses voiles quand on sait qu'il en existe près d'une trentaine différente ? Tout dépend de votre programme de navigation, de votre expérience et de votre bateau bien sûr. Mais pour débuter et pour pratiquer la croisière sans encombre, en toute simplicité, deux voiles suffisent.

"Il y a les voiles de base, qui sont la grand-voile et le génois" nous explique Stéphane Hebert. La plupart des voiliers de croisière sont d'ailleurs vendus avec ces voiles de base.

Une grand-voile polyvalente

La grand-voile, c'est celle que l'on utilise le plus souvent, c'est la voile la plus polyvalente. Elle fonctionne du près au vent arrière et elle peut servir au moteur pour stabiliser le roulis. Les grands-voiles — les GV — sont en général équipées de système de réduction de surface, les ris pour s'adapter à la puissance du vent. Certaines grands-voiles sont entièrement lattées, ce sont les GV full batten.

Un génois à l'avant

Le génois est une voile d'avant à grand recouvrement. Elle était d'ailleurs utilisée dans la baie de Gênes, où le vent est faible (d'où son nom). Grâce à sa grande surface, elle est efficace dans le petit temps.

On peut compléter avec une voile de portant, comme un spi, mais nous verrons qu'il est peu utilisé, "parce que c'est une voile qui fait peur" explique Stéphane Hebert.

Attention, préférez des voiles polyvalentes aux voiles spécialisées. Des voiles mal choisies ou complexes à utiliser finiront par moisir au fond d'un coffre.

Pour profiter pleinement du plaisir de faire de la voile, n'hésitez pas à vous perfectionner au travers de clubs ou d'école de voile. Il faut aussi bien définir votre programme de navigation, un tour de monde ou un tour en mer ne nécessite pas les mêmes jeux de voiles.

Et le spi, est-ce utile ?

Le spinnaker fait peur, car cette voile est capricieuse. Elle n'est pas tenue comme la grand-voile par un mât et une bôme. Elle est volante et volage. Pourtant, quand on sait l'utiliser, elle apporte un surplus de vitesse bien agréable pour les longues distances.

Avec ces 3 voiles (grand-voile, génois, spinnaker), on peut donc naviguer en croisière, même si, sur les plans d'eau, on voit très peu de spis. "On voit beaucoup de gens qui rentrent avec un génois tangonné, ou en ciseaux. Les spis, on en vend très peu. Les gens considèrent que c'est la voile de petit temps. Quand ils envoient le spi, c'est souvent lorsqu'il n'y a pas de vent" détaille Stéphane.

Or le spi c'est une voile que l'on peut utiliser par tout temps, même si le petit temps est privilégié, car elle est difficile à manipuler. "Ce n'est pas une voile que l'on enroule, comme le génois."

Alors spi symétrique ou asymétrique ?

S'il y a un spi à choisir, on commencera à se poser la question de la forme

"C'est sur la forme des voiles de portant que se pose le débat" étaye Stéphane. Il existe deux sortes de spis, le symétrique, "pour pouvoir descendre assez bas vent arrière" et le spi asymétrique, "une voile plus facile à manier et plus tolérante."

La différence entre les deux, repose donc globalement sur la facilité d'utilisation, mais on ne navigue pas aux mêmes angles de vent arrière "Avec un spi asymétrique, on s'arrête au largue (150/160°) grand maximum, alors qu'un spi symétrique permet en théorie de naviguer plein vent arrière (180°)."

Une voile en voie de disparition

"Le spi symétrique on ne le vend quasiment qu'aux régatiers, très rarement pour la croisière. Ça représente d'ailleurs 2 % de mon activité de voilerie"

Et pour quelles raisons ? "Parce que ça demande un tangon, un peu de manipulation. Et puis il faut se dire que l'âge moyen des plaisanciers, c'est 60 ans. Ils veulent se simplifier la vie."

C'est sûr qu'affaler 90 m2 de spi, ça demande une bonne condition physique. Surtout quand l'on sait que la majorité des spis sont envoyés à la volée. "90 % des plaisanciers naviguent sur des bateaux de moins de 35 pieds, et ils n'ont pas de chaussette ou d'emmagasineur de spi pour faciliter la mise en œuvre."

Et l'avenir ?

Depuis les chaussettes à spi, popularisées par Éric Tabarly, on a vu apparaître des emmagasineurs de spi. Pour l'instant peu de modèles se sont montrés parfaitement convaincants.

Les équipementiers et les voileries recherchent des solutions pour rendre cette voile accessible. En plaisance, on cherche la simplicité et la facilité. Mais n'hésitez pas apprendre ou à vous perfectionner : la tenue d'un spi donne une vraie satisfaction aux marins qui en usent et en abusent.

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Réagir à cet article :
Jean-Claude Guyomard - 26 Février 2019
Un petit tourmentin, peut-être ?
Chloé Torterat - 27 Février 2019
L'idée était vraiment d'utiliser seulement deux voiles très simples
Didier Perez - 27 Février 2019
Vous ne parlez pas du gennaker ?
André MoiJe - 28 Février 2019
c'est si physique que ça le SPI ?
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