Interview / Miranda Merron : "Ce n'est pas rien de traverser l'Atlantique"

Miranda Merron © Bateaux.com

Miranda Merron est en duo sur le Défi Atlantique 2019 à bord de Campagne de France, le bateau de son compagnon Halvard Mabire qui devait effectuer cette transat avec elle. Pour différentes raisons, elle est accompagnée d'un autre coéquipier — elle tenait à conserver son duo — et occupe aujourd'hui la 4e position. Deux jours avant le départ, elle a répondu à nos questions, sur les pontons guadeloupéens.

Pourquoi participer au Défi Atlantique ?

Pour plusieurs raisons. D'abord c'est beaucoup plus marrant de revenir en France sur une course plutôt que par cargo ou convoyage. On a une super flotte en Class40 même si sur le Défi Atlantique il n'y a que 12 bateaux et c'est une nouvelle occasion de courir les uns contre les autres. Cette course, c'est une bonne manière de ramener les bateaux après la Route du Rhum.

Peux-tu nous parler de ce parcours d'ouest en est ?

Je trouve que c'est une très bonne initiative. J'ai déjà effectué cette transat au mois de mars, avec différentes conditions : splendides ou affreuses. On va regarder ça.

Il y a deux ans, sur ce même parcours, j'ai eu énormément de vent Antigua et Les Açores et Les Açores, La France. Les conditions étaient bonnes au départ puis se sont gâtées tout au long de la traversée. Brittany Ferries avait même dû annuler son ferry en raison des trop mauvaises conditions météo.

Comment s'annoncent le départ puis la transat question météo ?

On ne sait pas. Je n'aime pas trop regarder à l'avance parce que si ça évolue — et c'est souvent le cas — on a planifié quelque chose qui n'arrivera pas. J'écoute radio ponton et les conditions ne devraient pas être trop mauvaise. Mais je préfère me faire mes propres idées en travaillant les fichiers.

Pourquoi partir en duo ?

Au départ je devais être avec Halvard (Mabire). On court énormément en double, on aime ça et on avait décidé de naviguer tous les deux. Pour diverses raisons, le programme a un peu changé. Didier (Le Vourch) qui a couru avec nous la Caribbean 600 et le début du Tour des îles Britanniques en 2018 (Abandon suite à une casse) est venu en tant que remplaçant.

On aurait eu la possibilité d'être à trois si Halvard était venu, mais ça ne sera pas le cas. On reste en double.

Depuis la Route du Rhum 2018, avez-nous participé aux courses caribéennes ?  

Le bateau a été mis au sec à Grenade, chez un ami qui possède un ber adapté. C'était plus simple de procéder ainsi.

Il y a une régate au mois de janvier appelé la Grenada Sailing Week à laquelle mon ancien bateau, Colombre XL (qui participe au Défi Atlantique 2019 aux mains de Charles-Louis Mourruau) a participé. J'ai couru avec eux.

Quel est ton avis sur la Caribbean 600, course phare de l'arc antillais ?

On y a participé sur Campagne de France il y a un mois (février 2018) et on a terminé 4e derrière Earendïl, Aïna et Lamotte Module-Création.

La Caribbean c'est une course assez dure, mais qui vaut le coup. J'étais mouillé dès le départ et tout au long de la course. Notre bateau (Campagne de France) est plus polyvalent que les ceux qui sont plutôt reaching, mais on est assez content de notre performance. Sur les bords au reaching, justement, on était dans les mêmes temps que les autres.

Après logistiquement parlant Antigua est une ville assez chère. Il faut donc prévoir et organiser son déplacement avant.

Quelle est votre ambition sportive sur le Défi Atlantique ?

Les courses sont toujours un très bon entrainement. Ce n'est pas rien de traverser l'Atlantique. Les gens pensent que c'est très banal, mais ça ne l'est pas. C'est le même océan qu'il y a 2000 ans — avec beaucoup plus de pollution — et on est très petit.

En choisissant de courir en double, on va être handicapé. Notamment sur le parcours côtier du départ avec de nombreuses manœuvres. Mais après, on se réjouira d'être à deux, ce sont des bateaux plutôt faits pour le double.  

Pour les performances, on va essayer de faire ça proprement. On est toujours motivé. Plus vite on arrive à Horta — une ville absolument splendide — plus vite on pourra profiter des Açores. Pour ma part, je divise toujours mes courses en deux et ça tombe bien avec ce format en deux étapes.

Quelle est votre estimation de traversée ?

Environ une dizaine de jours. C'est assez rapide pour des 40 pieds !

Quelle est l'importance de cette course en Class40 ?

Ça pourrait devenir une classique. C'est une bonne manière de rentrer en France après la Route du Rhum. On verra la manière dont ça se passe, mais il n'y a pas de raison. Il y a un bon plateau, de très bons navigateurs, un bon mélange de tout. C'est vraiment dans l'esprit de la classe.

Comment se passe la préparation ?

C'est de la préparation à bord avec les dernières bricoles à finir. Didier est arrivé hier après-midi. On ne compte pas naviguer, on connait tous les deux très bien le bateau et j'ai navigué en Manche récemment. Le bateau est plus ou moins prêt, des plombs à verrouiller et un plongeur doit passer.   

Crédits photos : Bateaux.com

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