Interview / Thibaut Vauchel-Camus : "Le Multi 50, un support fabuleux et spectaculaire"

Thibaut Vauchel-Camus © Pierrick Contin

Le skipper Thibaut Vauchel-Camus est à la tête du Défi Voile Solidaires En Peloton. À bord de son Multi50 Solidaires En Peloton — ARSEP, il navigue pour la bonne cause, la sclérose en plaques. Figure de la classe Multi50, il nous partage sa vision de l'avenir de ses trimarans spectaculaires.

La fin d'un cycle Route du Rhum

Ce qui se passe cette année, ce n'est pas étonnant, car c'est la fin d'un cycle de Route du Rhum. Comme sur tous les supports, il y a beaucoup de projets montés autour de cette transat. Il y a peu de nouveaux arrivants dans la voile en général, et la Classe Multi50 en fait partie.

On ne fera pas le Gand Prix Guyader (3 au 11 mai 2019) parce qu'il n'y a pas de bateaux, je suis le seul inscrit sur la Transat Jacques Vabre, mais il y aura deux ou trois bateaux de plus en 2020. Soit 50 % de la flotte en plus par rapport à la Route du Rhum.

Une classe à l'identité hybride

La classe Multi50 a eu une identité hybride ces 10 premières années en accueillant des bateaux trop différents. Les courses donnaient peu de visibilité, fagocitées par les ORMA et Ia montée en puissance des IMOCA.

Il y a 3 ans, la classe a décidé de sortir les bateaux qui n'avaient plus rien à y faire. Certes soudainement, elle avait un poids moins important qu'à l'époque et une densité moins attractive avec un coût d'adhésion plus important, mais ça a permis l'arrivée de foils monotypes sur des bateaux fiables, sexys, performants et modernes.

Sur la Route du Rhum, la classe Multi50 est celle qui s'en est sorti le mieux. Certes Lalou Roucayrol a chaviré, mais pas du fait des conditions météo.

Une classe qui impressionne

Le problème de la classe Multi50 est qu'elle impressionne, tout comme les bateaux. Avant, on naviguait à 35 nœuds sans foils, maintenant, on taquine les 40 nœuds. Ça va aussi vite qu'un ORMA, mais en étant moins rock n'roll. Aujourd'hui, on met à jour l'image que méritent ces bateaux face à des Class40.

Une classe qui reste accessible

Pour un Class40 de dernière génération, comme celui de Yoann Richomme, il faut compter un budget de 650 000 €. Le Multi 50 Réauté Chocolat, est à vendre 750 000 € avec un potentiel de partage de relation publique incroyable. Pour ça, les Class40 sont trop petits, les IMOCA trop versatiles et les Ultimes demandent beaucoup de logistique.

Avec un IMOCA neuf taillé pour gagner le Vendée Globe, on peut se payer trois Multi50 neufs, taillés pour la Route du Rhum. Certes, ce n'est pas le même impact médiatique, mais les 60 pieds Open coutent plus chers, les chantiers sont overbookés et les négociations (design, structure, heures…) plus difficiles.

Les Multi50 ont un rapport qualité-prix, performance, accessibilité, visibilité et cout attrayant. Mais il faut que les skippers s'y intéressent plus et que les sponsors se disent que c'est accessible. C'est un budget, mais c'est un super support. Les Multi50 ont des atouts qu'on doit mettre en avant. Ça va finir par matcher. Il y a des partenaires qui sont restés longtemps, et de nouveaux qui découvrent la classe par le biais du sponsoring dans d'autres classes.

Les organisateurs de course nous accompagnent et nous font confiance. Si 2019 est une année mitigée pour la classe, ils jouent le jeu. C'est d'ailleurs le cas du Trophée Brest (GPEN), décalé à septembre pour nous laisser le temps de remettre des bateaux en route pour faire un bel évènement.

Un superbe support de communication

Le multi50 est un bateau spectaculaire et accessible sur lequel on peut faire naviguer des invités, dans le cadre d'un projet ou d'une organisation de course. Les gens peuvent vivre des choses uniques sur nos bateaux. D'ailleurs dans nos règles de course, il est spécifié qu'une place à bord doit être réservée sur les courses pour l'organisation. On offre du sport spectacle, on rend le sport accessible, on offre des rencontres avec les skippers. Les bateaux sont capables de tirer des bords à 30 nœuds à 8 mille des côtes pour les rapprocher du public. Il y a une vraie carte à jouer.

L'idée du Multi50 c'est de ne pas seulement être visible depuis son téléphone ou sa télévision, mais d'offrir l'embarquement. On n'oublie pas le côté performance non plus avec des navigations qui peuvent être extrêmes en double comme en solo. Ce n'est pas anodin de faire du Multi50.

Des bateaux qui naviguent sans cesse

En tant que véritable support de communication, les Multi50 naviguent quasiment sans interruption. En en parlant avec Lalou (Roucayrol) et Erwan (Le Roux), on s'est rendu compte qu'on naviguait un jour sur trois par an. C'est énorme ! Que ce soit en course, en convoyage, en entrainements ou en relations publiques.

On peut emmener les médias, le public, les partenaires, les proches… L'année dernière, j'ai embarqué 500 personnes à bord de mon Multi Solidaire en Peloton.

C'est un outil fabuleux et il faut accepter dans nos métiers d'être dans le partage, car on ne fait rien sans les autres. Il y a une facilité d'accueil exceptionnelle et il faut miser là-dessus. Sur les 24 heures du Mans, personne n'a la chance d'aller naviguer avec le vainqueur. Nous on le fait, on emmène naviguer le public sur des bateaux vainqueurs. C'est en ça que le Multi50 à une carte à jouer.

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