Une nouvelle mission sur les fleuves européens pour Tara

Tara à Lorient

Après les océans, la goélette Tara va désormais étudier la présence de plastique dans les fleuves et leur impact sur la biodiversité et leur transfert dans la chaîne alimentaire. Top départ le 23 mai 2019.

"D'où viennent les déchets plastiques ? Sous quelles formes arrivent-ils en mer ? Où faut-il concentrer nos efforts pour stopper leurs flux ? Quels impacts ont-ils sur la biodiversité marine et le vivant ? Aujourd'hui, on estime que 80 % des déchets plastiques en mer sont d'origine terrestre." Ce sont les questions auxquelles vont essayer de répondre les scientifiques de l'expédition Tara.

Depuis 2010, la goélette Tara étudie la présence des microplastiques (de 0,2 à 5 mm de diamètre) dans les océans de notre planète. Et le constat est clair : ces fragments de microplastiques sont omniprésents dans l'océan.

Après les océans, les fleuves

Après la Méditerranée en 2014, l'océan arctique en 2017 puis le "vortex" du Pacifique Nord en 2018, Tara va désormais étudier l'impact des plastiques de la terre vers la mer. Cette nouvelle mission baptisée "Mission microplastiques 2019" va sillonner l'Europe pendant 6 mois et explorer 10 grands fleuves européens. Elle débutera le 23 mai 2019 de Lorient (Morbihan), le port d'attache de la goélette et sera coordonnée de manière scientifique par le CNRS.

L'échantillonnage est prévu à l'embouchure de 10 des 15 principaux fleuves d'Europe : la Tamise (Angleterre), l’Elbe et le Rhin (Allemagne), la Seine, la Loire, la Garonne et le Rhône (France), le Tage (Portugal), l’Èbre (Espagne) et le Tibre (Italie).

Si des études sur le plastique ont déjà permis de caractériser les flux de déchets en milieux aquatiques (eaux de mer, eaux littorales, eaux de transition comme les estuaires et lagunes, fleuves), elles se concentrent principalement sur les macrodéchets (> 2 cm).

"Pluie ruisselant sur les routes, caniveaux, lacs, cours d'eau tels que rivières ou fleuves sont autant de vecteurs des déchets plastiques produits par chacun d'entre nous qui finissent par se retrouver dans l'océan. En se rapprochant des côtes, la goélette Tara va donc mener une nouvelle enquête pour tenter d’identifier l’origine terrestre des matières plastiques retrouvées en mer."

Une équipe de quarante scientifiques

Pour cette nouvelle mission, l'équipe sera constituée d'une quarantaine de scientifiques en tout genre, parmi lesquels biologistes marins, écotoxicologies, océanographes, modélisateurs, chimistes et physiciens. Ils travailleront à deux grands objectifs :

  1. Identifier les sources de pollution, comprendre leur fragmentation dans les fleuves et prédire leur dispersion vers l'océan
  2. Comprendre leurs impacts sur la biodiversité marine et leurs effets sur la chaîne alimentaire

Les prélèvements de microplastiques (1 - 5 mm), particules micrométriques (1-1000 µm) et nanoplastiques (1-999 nm) seront effectués en surface et dans la colonne d'eau.

Ces études vont permettre d'étudier l'impact des plastiques sur la biodiversité et leur transfert dans la chaîne alimentaire.

"Les plastiques sont de véritables radeaux qui peuvent transporter une large diversité d’espèces sur de grandes distances et perturber durablement les écosystèmes. Ils peuvent également s’accumuler dans la chaîne alimentaire et terminer dans nos assiettes.

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