L'IMOCA Bastide Otio refait surface deux ans après son chavirage

L'épave de l'IMOCA Bastide Otio © Mathieu Bellon

Alors qu'il participe au Vendée Globe de Pavant percute un OFNI avec son IMOCA Bastide Otio et est obligé d'abandonner son bateau en raison d'une grave avarie. Alors qu'il pense que son bateau a coulé, il vient finalement de retrouver des morceaux d'épave à Madagascar.

Le 6 décembre 2016, un mois après le départ du Vendée Globe, Kito de Pavant percute un OFNI à bord de son IMOCA Bastide Otio alors qu'il se trouve en 10e position. À 44° Sud au Nord des îles Crozet, la quille est gravement endommagée et une importante voie d'eau se déclare à bord. Le skipper est alors obligé d'abandonner son bateau et secouru par le Marion Dufresne, navire en charge du ravitaillement des Terres Australes et Antarctiques Françaises, qui se trouve à 110 milles nautiques au Nord de Bastide Otio.

À bord du navire, Kito de Pavant étudie les possibilités qui s'offrent à lui pour récupérer son bateau. Mais le 13 décembre, les balises du 60 pieds cessent d'émettre. Pour le skipper occitan, son bateau a certainement chaviré.

"À ce stade, je n'avais plus aucun espoir de le retrouver... Depuis, on me demande tous les jours si je sais où il est. Maintenant j'ai la réponse !"

Car il y a quelques jours, Mathieu Bellon, navigateur hyérois, qui profite d'une croisière familiale à Madagascar a fait une incroyable découverte. En novembre 2018, le plaisancier a découvert les restes du bateau sur la côte Est de Madagascar. 

"Nous étions dans cette zone de navigation à l'occasion d'une croisière sur le catamaran de mon frère et de ma belle-sœur qui ont fait la traversée depuis l'île de la Réunion. Ça nous a intrigués et je me suis rappelé votre mésaventure (le terme est peut-être un peu faible) au cours du Vendée Globe, dans le sud de l'océan Indien" écrit Mathieu par mail à Kito.

Mathieu Bellon pense avoir découvert quelque chose et mène des recherches approfondies de retour en métropole. La semaine dernière, après avoir trouvé plusieurs indices permettant d'identifier le bateau, il décide d'entrer en contact avec Kito :

"Le bateau a subi quelques découpes comme vous pourrez le constater sur les photos. Il faut dire qu'à Madagascar rien ne se perd... Et les tempêtes tropicales ont peut-être déjà emporté les éléments découverts. Mais j’ai profité d’avoir un peu de temps cet été pour faire quelques recherches. En visionnant la vidéo de votre avarie, on retrouve des vues de cette pièce métallique qui maintient l'axe de la quille. J'ai trouvé pas mal de similitudes, comme la couleur orange à certains endroits de la carène. J’en ai d'ailleurs récupéré un petit morceau. J'espère que ces éléments vous permettront d'établir une identification, c'est pourquoi je trouvais intéressant de pouvoir vous livrer tous ces indices. Le fait qu’il soit arrivé à cet endroit peut s'expliquer par la présence d'un courant qui remonte du sud de l'océan Indien jusqu'au long des côtes malgaches".

A gauche, le pallier avant de la quille de Bastide Otio qui a permis l'identification © Mathieu Bellon
A droite, cette même pièce, sur une photo envoyée par Kito le 6/12/2016, suite à son avarie de quille

"C'est le dernier endroit où j'aurais cherché. Avec les vents portants, je m’attendais à le retrouver en Nouvelle-Zélande ou au Chili, certainement pas à Madagascar. Mais le bateau a chaviré et finalement ce sont les effets des courants qui l’ont emporté sur les effets des vents. Il a fait un voyage assez incroyable autour de l’océan Indien, en remontant la côte ouest de l’Australie, pour se retrouver dans les Alizés de sud-est et faire la route vers l’Afrique" explique pour sa part Kito de Pavant. Avant d'ajouter : "Ça fait un choc, car il ne reste pas grand-chose de Bastide Otio. Le bateau a été abimé par l’océan Indien mais surtout complètement désossé pour récupérer tout ce qui pouvait l’être. Seul le palier avant de la quille n’a pas été démonté. Sans cette pièce, qui est unique et a été dessinée spécialement pour ce bateau, il aurait été difficile de faire le lien avec Bastide Otio. Et j’étais l’une des rares personnes à pouvoir l’identifier."

"On connait donc la fin du voyage du bateau. Je préfère savoir qu’il a servi de matière première pour des tas d’objets utiles à Madagascar, plutôt que l’imaginer continuer à être un danger flottant pour les marins du prochain Vendée Globe ou du Trophée Jules Verne. Ça me permet de tourner la page,"conclut Kito.

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