Les orages en mer, mieux les connaitre

© Loris von Siebenthal

Depuis toujours, les orages sont redoutés des marins et alimentent la mythologie grecque autant que les récits au bistrot du port. Que l'on navigue à la voile ou au moteur, en cabotage ou en tour du monde, tous les marins rencontrent ces phénomènes naturels extrêmes. Pour moins les craindre, il convient de connaitre l'anatomie et les signes annonciateurs d'un orage en mer.

Les signes annonciateurs d'un orage en mer

À l'approche d'une zone orageuse, on observe un assombrissement soudain du ciel, qui dans les orages les plus violents peut devenir d'un noir d'encre. Plus il est ténébreux, plus le nuage est épais. L'atmosphère est caractérisée par son aspect chaotique, ouaté, figé, avec une grande variété de nuages à toutes les altitudes.

Alors que le vent paraissait encore modéré, subitement il se renforce et devient rafaleux entrainant souvent de fortes pluies. Il y a de l'électricité dans l'air, la radio grésille, parfois on observe des feux de Saint-Elme à l'extrémité des objets pointus, ou encore des bourdonnements diffus. Brusquement, l'orage éclate et les éclairs semblent zébrer le ciel.

©Clément Viala

Anatomie d'un orage

Pour commencer à décrire le phénomène, rappelons que l'orage, la foudre, l'éclair, et le tonnerre ne sont pas des synonymes.

La foudre c'est la décharge électrique. L'éclair c'est le flash correspondant à la décharge électrique. Le tonnerre, c'est la détonation liée à la dilatation brutale de l'air surchauffé par la foudre. Et l'orage, c'est la perturbation atmosphérique donnant naissance au cumulonimbus conduisant à la foudre, à l'éclair et au tonnerre.

Les orages sont des cumulonimbus qui ont très mal tourné et finissent par exploser. À la différence des grains classiques, ces masses orageuses s'étendent sur une dizaine de milles tout en s'élevant parfois à plus de 10 km. Autant dire que le phénomène est difficile à contourner.

L'intérieur des nuages orageux est constitué d'eau dans tous ses états, des cristaux de glace, des grêlons, de la vapeur, et même de l'eau en surfusion (qui reste liquide à une température à laquelle elle devrait geler) et évidemment, de gouttes de pluie.

Vue aérienne d'un cumulonimbus. Son sommet est composé de cristaux de glace et culmine à plus de 10 000 m.

Les cumulonimbus orageux

Il n'y a pas donc d'orage sans cumulonimbus. C'est une véritable usine thermodynamique : chaque seconde, un gros cumulonimbus peut aspirer 700 000 tonnes d'air et absorber ainsi 8 800 tonnes de vapeur d'eau. Le même nuage peut renvoyer à la surface terrestre 4 000 tonnes d'eau, sous forme d'eau liquide, de neige ou de grêle.

À l'avant du nuage, de très fortes rafales (50nds et plus) balayent le plan d'eau, plus le cumulonimbus est haut et large, plus les rafales seront violentes. Toujours dans le sens du déplacement, on rencontrera probablement des chutes de grêle venant du sommet où il règne une température proche des -50 degrés. Le secteur pluvieux, très intense, annonce la fin du nuage.

Source météo France
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Jack Puyo - 1 mois
Eclairant article.
Guy Crombé - 1 mois
Quid de la foudre qui tombe sur le mât ? Cela m'est arrivé en pleine mer. Pas de blessés, mais 50 k€ de dégats, dont un mât qui avait fondu à l'endroit de l'impact. Un très mauvais souvenir...
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