Nautisme et environnement : Faire un avitaillement limitant le plastique jetable

Les plaisanciers sont directement concernés par les problèmes du plastique dans l'océan, mais quand ce matériau est incorporé dans presque tout ce que nous faisons, par où commencer pour éviter cet écueil  ? En bateau, la limitation drastique des plastiques consommables est un excellent point de départ.

Marins que nous sommes, nous avons tous entendu parler des continents de plastique qui s'accumulent dans les océans. Mais ils ne sont que la partie visible de l'iceberg, la plupart des déchets s’amassent dans les fonds de l'océan et sur les estrans.

Pourtant le plastique a acquis une place indispensable dans nos vies de marin, c'est un matériau durable léger et solide. Avec le plastique on fait des bateaux, des brassières, des cordages, des voiles, de la sellerie ou de la vaisselle…

Cependant, aujourd'hui il est évident que nous devons réduire notre consommation de plastique. Alors, dans notre quotidien de marin, nous pouvons agir en limitant au minimum nos plastiques jetables. D'ailleurs, un matériau avec d'aussi belles qualités de durabilité ne devrait jamais être utilisé comme consommable.

Les études montrent que la plupart des déchets plastiques que nous produisons au quotidien proviennent de la façon dont nous consommons la nourriture et les boissons. Comme nous le faisons au moins 3 fois par jour, limiter les plastiques alimentaires est un excellent point de départ pour lutter contre notre création de déchets plastique.


Voici quelques conseils pour limiter la production de déchets plastique à bord de nos bateaux.

Prévoir consciencieusement l'avitaillement

Un avitaillement planifié aide à limiter le gaspillage de nourriture, les ventres creux et permet d'optimiser l'espace de nos petites cambuses. Cette démarche contribue également à réduire la surconsommation de plastique alimentaire.

Pour une croisière réussie, l'avitaillement doit tenir compte du nombre d'équipiers, de leur appétit respectif et du programme de navigation : une traversée de la Méditerranée ne se prépare pas comme une semaine de cabotage.

Astuce : nous connaissons l'influence du marketing et notre quasi-incapacité à ressortir du magasin avec seulement les produits qui nous poussent à y rentrer. Alors le mieux est d'anticiper et de planifier les repas. Et surtout, évitons de faire l’avitaillement avec le ventre vide, il paraît que la note s'en ressent.

Préférer la vente au détail

Nous aimerions tous faire l'avitaillement dans les petits magasins locaux en achetant uniquement des produits frais en vrac, mais c'est parfois tout simplement impossible. Alors quitte à faire l'avitaillement dans une grande surface autant s'y préparer pour limiter la production de futurs déchets en plastique et d'approcher le zéro-déchet.

Quels que soient les pays, la majorité des supermarchés est organisée sur le même modèle. Au milieu du magasin et en têtes de gondoles trônent les articles le plus transformés et les plus emballés.

Les espaces de vente au détail sont toujours sur les côtés (les bords du cadre pour les régatiers), ici on y trouve les produits frais, pains et pâtisseries, boucherie, poissonnerie… Les aliments frais sont plus sains, mais surtout ils ne sont généralement pas emballés.

Astuce : En achetant des aliments utilisables dans plusieurs recettes, on limite aussi les emballages et le gâchis.

Les bouteilles d'eau en plastique remplacent avantageusement les emballages carton. ©C.Fernbach

Apporter vos contenants et pas seulement pour la caisse

Le sac à provisions réutilisable est devenu courant, mais qu'en est-il de tous les petits "pochons" en plastique ? Ce matériau particulièrement léger n'est presque jamais recyclé. Il existe des alternatives en tissu, en silicone et même en plastique réutilisable.

D'ailleurs, nous avons déjà beaucoup de contenants réutilisables à bord. Les boites hermétiques, de type Tupperware, sont encore plus durables que les meilleurs sachets à zip. Investissez dans des produits réutilisables de bonne qualité qui dureront des années.

Astuce : Afin d'aller plus loin lors de l'avitaillement, pour certains produits comme de la viande ou du poisson qui peuvent couler et salir, on peut aussi apporter dans le magasin un récipient hermétique pour y placer l'emballage papier. Il n'y a plus de honte à éviter les petits pochons à usage unique en demandant au commerçant : "Un emballage papier s'il vous plait ".

Faire les course et stocker sans plastique consommable

À bord, il n'est pas facile de faire le tri sélectif des déchets, ainsi c'est avant d'arriver à la cambuse qu'il faut limiter les suremballages. Au port, c'est le moment de jeter dans les bonnes poubelles de recyclage tout ce que l'on peut.

À bord, il est judicieux d'avoir des contenants pour remplacer celui des aliments vendus en sachet plastique comme les pattes, le riz, la farine…

Malgré cela, une fois en mer, nous serons probablement confrontés à des emballages plastiques. Ne les mélangeons pas avec le tout venant. Il sera facile de faire une poubelle de plastique propre qu'on pourra stocker dans un coffre. On réalise d'ailleurs vite combien nos poubelles plastiques sont plus volumineuses que leur équivalent organique.

Astuce : On utilise des contenants durables et solides, voilà comment de grosses bouteilles en plastique peuvent trouver un second usage.


Faire l'avitaillement en limitant au maximum la consommation de plastique jetable nécessite réflexion et organisation, mais c'est un petit geste que nous les marins, pouvons faire pour préserver nos océans.

Si vous avez des conseils pour limiter la consommation de plastique à bord, partagez vos idées dans les commentaires.

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