Web série / Les carnets de la Mini d'Hugo : la "qualif", un indispensable pour s'inscrire à la Mini-Transat

Pour pouvoir prétendre à s'inscrire à la Mini Transat, tous les concurrents doivent valider un certain nombre de critères et l'un d'eux, certainement le plus redouté par certains… la "qualif" ou qualification hors course. Hugo qui s'est inscrit à la prochaine Mini Transat nous raconte le sien.

1 000 milles avec marques de passages obligatoires

La "qualif" consiste à parcourir une boucle de 1 000 milles nautiques, à effectuer en solo et sans escale, sur le bateau avec lequel on souhaite courir la Mini Transat. Les 3 marques de passage obligatoires sont :

  • L'île de Ré
  • Le plateau de Rochebonne (une cinquantaine de milles à l'ouest au large de l'ile de Ré)
  • La cardinale Sud de Coningbeg (située à quelques miles de la cote au sud-est de l'Irlande)

Le ministe décide de sa date de départ, commence la boucle là où il le souhaite et dans le sens qu'il le souhaite. Il n'y a pas de limite de temps, mais une liste de "devoirs" à faire pendant la traversée : enregistrement d'un bulletin météo en BLU, photos des marques tournées, point sextant (méridienne et droite de hauteur), etc. ainsi qu'un bilan technique et humain en fin de qualif.

Le parcours de qualif d'Hugo
Le parcours de qualif d'Hugo

Départ de la Turballe pour Hugo

Pour ma part, je me suis élancé pour ma qualif le matin du 11 juillet 2020, du port de La Turballe, direction l'Irlande, a 5/6 nds au près. Comme prévu, le vent prend de la droite en fin de journée, j'envoie le petit gennaker et je passe l'ile de Groix sous le vent a plus de 9 nds.

Le vent forcit encore pendant la nuit, je laisse les Glénans au nord puis la pointe d'Eckmul, le tout a une moyenne autour de 11 nds. Au petit matin je passe la cardinale de la chaussée de sein et envoie le spi max (mon grand spi) pour contourner le DST d'Ouessant par le Sud.

Arrivé proche des iles Scilly, le vent tombe. Je m'y attendais, donc gennaker à nouveau pour avancer dans le petit air, mer plate, dauphins, jusqu'à la nuit ou je dors peu, proche du DST des Scilly et sans un souffle de vent pour me sortir de la route des cargos.

Mais le vent rentre du sud-ouest au petit matin, spi max à nouveau et je fonce a plus de 15 nds dans le brouillard direction la cardinale de Coningbeg en Irlande. J'y arrive le soir vers 21 h, juste au moment d'une éclaircie pour prendre un selfie avec la marque. Le bulletin météo des garde-côtes irlandais n'a pas menti, le vent prend de la droite, alors j'empanne autour de la bouée et repars sous spi. Après quelques heures passées au ralenti, car le nouveau vent est maintenant presque face à la mer, du vent rend la progression difficile, je repars plein gadin vers le sud et passe les Scilly le lendemain matin.

Selfie devant Coningbed
Selfie devant Coningbed

Des moyennes à plus de 14 nœuds et des surfs à plus de 18

Le bateau réagi parfaitement, l'étrave ronde rend le bateau très maniable, avec le bon réglage de pilote automatique et la bonne voile (le Code 5, j'ai changé de spi pendant la nuit quand le vent a forci pour s'établir entre 20 et 25nds) il surfe presque de façon continue et j'enregistre des moyennes a plus de 14nds pendant plusieurs heures. Le plus dur ? Se convaincre que tout cela est normal et aller se reposer à l'intérieur (des siestes de 15 min max, les obstacles s'approchent vite à ces vitesses) alors que le bateau fait des surfs a plus de 18 nds.

Retour à la Turballe avant un passage à Ré

Je n'affalerais le spi que le soir, après avoir passé le plateau de Rochebonne. J'empanne et cap sur l'ile de Ré. Je ralentis pour avoir le courant avec moi pour passer sous le pont. Jusqu'à maintenant, j'ai essayé de pousser le bateau (et moi aussi) au maximum, avec comme limite de ne pas casser de matériel. Je ne suis pas en course, mais je veux me tester et tester le bateau, mais je ne suis jamais passé sous le pont de l'ile de Ré et préfère le faire dans de bonnes conditions pour bien reconnaitre l'endroit où j'aurais à venir en course.

Le pont est vite passé et je repars vers la Turballe, au près cette fois. Quelle différence, après avoir passé trois jours à surfer sous spi avec des moyennes à deux chiffres, taper dans les vagues à 6 nds ressemble à une punition. Le vent tombe pendant la nuit et je tricote dans la molle pour arriver à la Turballe le vendredi matin, soit 6 jours pile et 1 107 milles parcouru.

Je me suis éclaté, le bateau est sain, j'ai appris plein de choses et me suis fait une belle job list de choses à modifier/adapter/améliorer. Alors maintenant c'est parti pour le bricolage, dans 2 semaines c'est ma première course.

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