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Route du #Rhum - Erwan Le #Roux : « Profiter du moment à fond ! »

Dans une semaine, Erwan Le Roux aura pris le large et entamé les 3 510 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre de la mythique transatlantique en solitaire. Comment gère-t-on la pression qui monte ? Comment vit-on les premiers temps forts de la course tels que le passage des écluses, le départ ou le passage du cap Fréhel ? Autant de questions auxquelles répond Erwan, tenant du titre en Multi50 et skipper du trimaran FenêtréA-Mix BuffetA quelques jours du grand départ, à quoi ressemble ta journée type ?
« Le programme est chargé mais je fais en sorte de ne rien avoir avant 10 heures le matin pour me laisser le temps d’aller courir, de prendre mon petit-déjeuner tranquille et de faire ce que j’ai à faire. Afin de bien me reposer, je prévois aussi une sieste entre 13h et 15h30. Le reste du temps, je réponds aux sollicitations diverses et variées. Pour le moment, j'arrive à gérer. Je me concentre sur les derniers petits détails techniques à régler, d’autant que je ne regarde pas encore la météo. A partir de ce lundi et jusqu’à mercredi, je vais rentrer chez moi une dernière fois avant le départ. Je vais alors m’occuper de ma nourriture, aidé par mes filles, puis préparer mes affaires pour le Trophée Jules Verne avec Spindrift racing, tondre la pelouse, ranger la terrasse pour l’hiver et m’occuper de mes chiens. Ça peut faire sourire mais tout ça fait aussi partie de ma job-list. A mon retour à Saint-Malo, mercredi, je serai avec toute ma petite famille et sans doute qu’à ce moment-là, la pression commencera à monter. Tout dépendra des fichiers météo mais dans tous les cas, le but sera de s’approcher tranquillement du jour J avec, ici et là, quelques séances de kiné pour bien me détendre ».

Comment gère-t-on la pression sur un évènement d’une telle envergure ?
« C’est déjà plus facile quand on en a déjà fait deux. Mentalement, je fais des efforts pour ne pas trop me projeter. En l’occurrence, j’attends J-3 pour creuser la météo. Le faire avant, je considère que c’est simplement bon pour se mettre de la prolession inutilement. Sur un évènement comme le Rhum, on en a déjà suffisamment, même si c’est une chance de pouvoir bénéficier d’un tel coup de projecteur sur notre sport et sur nos projets. C’est d’ailleurs pour ça que j’essaie de profiter au maximum des échanges avec les journalistes, des rencontres avec le public qui nous sollicite pour des autographes… J’aime pouvoir exploiter les dix jours précédents le départ pour partager et transmettre le plus de choses possibles. »

Le passage des écluses, un temps fort ?
« Pour ma part, il est prévu que je prenne l’écluse de 16h03 samedi. Je vais partager ce moment avec ma famille, comme il y a 4 ans. Ma sœur sera là tout comme ma petite nièce, mes filles et ma femme, Delphine, ainsi que sa sœur, puis les gars de l’équipe. J’ai envie de profiter des derniers instants avec eux et je sais que ce sera fort en émotions. Je sais que le fait que ça se passe la veille du départ va me permettre de savourer l’instant plus que si cela avait été le jour du départ car il y aura moins de tension dans l’air. Je veux vraiment profiter à fond et pour cela, j’espère qu’il y aura de belles conditions. »

Le départ, un moment aussi crucial que stressant ?
« Ce qui m’inquiète le plus, c’est la section entre la sortie du chenal de Saint-Malo et la zone interdite à la plaisance. Une fois que l’on y sera, je laisserai le bateau à l’équipage et j’irai m’allonger un peu avant de rentrer tranquillement dans la zone de départ. A 10 ou 15 minutes du début de la procédure, Adam (Currier, son boat-captain, ndlr) quittera le bateau et je me retrouverai tout seul. Ce sera bien. Prendre le timing et partir, je sais faire. Il faudra évidemment réussir à prendre un bon départ, dans tous les cas, meilleur que les autres. Il y aura peut-être un peu de stress lié au positionnement par rapport aux Ultimes mais le reste ne me préoccupe pas plus que ça. J’ai travaillé les départs et été en reconnaissance sur la zone la semaine dernière encore. Je vais devoir adapter ma stratégie en fonction des conditions météo, mentaliser le parcours un peu comme un skieur avant sa descente. La voilure, la vitesse… tout sera anticipé en fonction du plan que j’aurai adopté. »

Le cap Fréhel, le dernier au revoir avec les terriens ?
« Pour moi, en réalité, c’est plutôt Bréhat qui marque la coupure avec la terre car il y a toujours quelques potes qui viennent depuis Saint-Quay-Portrieux nous voir en semi-rigide. Souvent, ça tombe au moment de la tombée de la nuit. Après ça, on se retrouve vraiment tout seul. On profite alors de ce moment pour se changer parce qu’on a pris une petite suée au moment du départ. C’est, en fait, le premier moment où l’on rentre à l’intérieur du bateau pour se nourrir un peu, prendre un premier classement et regarder un peu où sont les copains. C’est une phase importante de la course car si ce n’est pas là que la Route du Rhum se gagne, c’est potentiellement là qu’elle peut se perdre. »

Erwan Le Roux
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