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Le Maxi Edmond de Rothschild en tête à Robben Island

Et de deux ! A 20h16, heure française, ce mercredi 20 novembre, le Maxi Edmond de Rothschild enroulait en tête Robben Island, la seconde marque de parcours de la Brest Atlantiques. Franck Cammas et Charles Caudrelier confirment ainsi leur leadership après 15 jours 9 heures et 16 minutes de course. Au pointage de 20h, le duo du Gitana Team comptait 165,6 milles d’avance sur Macif et 189,9 milles sur Actual Leader, respectivement deuxième et troisième. Gitana 17 aura mis 6 jours et 7 heures pour parcourir les 3 300 milles d’une éprouvante traversée de l’Atlantique Sud entre Rio de Janeiro et Le Cap.

Nuit noire sur Robben Island

La seconde et dernière marque officielle de parcours de la Brest Atlantiques est Robben Island, en Afrique du Sud. Cette île, située à environ 7 km au Nord de la ville du Cap et dominée par Table Mountain, est un point de passage illustre. Robben Island est, en effet, historiquement connue pour avoir été le lieu de détention de Nelson Mandela durant dix-sept ans.

Mais contrairement à Rio de Janeiro, où le Maxi Edmond de Rothschild était passé le 14 novembre à 13h16, c’est de nuit et dans un vent très changeant tant en force qu’en direction, que Charles Caudrelier et Franck Cammas ont laissé l’île dans leur sillage. Malgré tout, Yann Riou, le mediaman du Maxi Edmond de Rothschild est parvenu à sortir son drone quelques minutes avant le coucher du soleil
tandis que le géant était lancé en direction de Cape Town à plus de 40 nœuds ! Des images rares et magnifiques qui illustrent une fois encore tout le talent de notre reporter.

Une traversée de l’Atlantique Sud éprouvante

Sur les 3 300 milles qui séparent Rio de Janeiro du Cap, la flotte de la Brest Atlantiques n’aura pas été épargnée par les conditions climatiques. En leader, le Maxi Edmond de Rothschild n’échappe pas à cette règle et bien au contraire. Comme ses concurrents, le dernier-né des Gitana a dû faire le dos rond dans les premiers jours de cette traversée de l’Atlantique Sud en contournant par le Nord une forte dépression. Durant plus de 48 heures, la vie à bord des géants a été mise entre parenthèses tant la mer a été dure avec les hommes et bien sûr aussi avec les machines ! Dans la deuxième partie de la traversée, le maxi-trimaran aux cinq flèches a dû plonger très Sud, au-delà des quarantièmes, pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène anormalement bas. Ce détour s’est accompagné d’un enchaînement d’empannages le long de la zone d’exclusion des glaces mise en place par la direction de course, quand derrière ses poursuivants pouvaient faire route directe vers Le Cap, exception faite de Macif.

Mais, dans ces conditions exigeantes, Franck Cammas et Charles Caudrelier ont été fidèles à leur réputation et ont su tirer le meilleur de leur monture en imposant un rythme soutenu à leurs concurrents. Des adversaires éprouvés et malchanceux dans ce deuxième tronçon du parcours, à l’image de Sodebo Ultim victime d’un choc avec un OFNI (Objet Flottant Non Identifié) il y a deux jours. Thomas Coville et Jean-Luc Nélias déplorent la perte de leur safran tribord ainsi que d’une partie du flotteur suite à cet incident ; ils effectueront une escale technique au Cap dès demain matin pour plus d’investigations. Le Team Macif vient également d’annoncer un pit-stop dans les prochaines heures ...

Pour les hommes du Maxi Edmond de Rothschild, pas question de traîner dans ces latitudes. En effet, les prévisions météorologiques engagent à emprunter la route du retour au plus vite, avant que l’anticyclone de Sainte-Hélène ne remonte à sa position habituelle, c’est-à-dire non loin de l’île dont il tire son nom.

Message du bord de Yann Riou

Route vers Le Cap, cap vers le nord !Depuis le début de la nuit, nous avons arrêté de tricoter le long de la zone de glaces, et nous faisons route vers Le Cap. C’est-à-dire vers le nord. C’est aussi la première fois que l’on se rapproche de Brest, à l’exception de quelques bords marginaux pour être tout à fait exact. Nous quittons les quarantièmes, qui n’ont pas été spécialement rugissants cette fois-ci. Pour tout dire, le décor était assez semblable à ce que l’on peut trouver au large de Lorient à la même période. À l’exception de quelques albatros...
Ces fameux albatros ! Parlons-en justement. Avant d’arriver à Gough Island, Franck me dit : « On ne va pas tarder à voir des albatros ». Deux heures après, à la tombée de la nuit, j’en aperçois un ! On sent le mec qui connait bien le quartier... Je me précipite vers mon appareil photo. Trop tard, trop loin, trop nuit. Depuis, je fais des quarts. Je guette l’animal, caméra au poing, prêt à déclencher. J’en ai bien aperçu un ou deux. Mais trop tard, trop loin, trop nuit.
Ce matin, on est officiellement sortis des quarantièmes. Occupé à enlever des couches de polaire, je jette un œil sur le pont. Cette fois-ci, il n’était pas trop loin. Mais mon appareil photo était en train de charger en bas, à l’intérieur de la coque centrale, là où il fait trop nuit. Le temps d’aller le chercher, bien évidemment, c’était trop tard. J’ai fini d’enlever ma deuxième couche de polaire. On entre dans la dorsale. Ce soir, on enroule Robben Island, on passe devant Le Cap et on fait route vers la maison !

Brest Atlantiques
Maxi Edmond de Rotschild
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