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42e Spi Ouest-France : le plus grand événement de voile habitable en France. Plus de 2500 régatiers, amateurs éclairés ou coureurs professionnels sont attendus à La Trinité-sur-Mer du 9 au 13 avril prochain pour quatre jours de régate en baie de Quiberon, là où tout a commencé.1979.

Gilles Le Baud, jeune et brillant régatier – il a remporté moins d’un an plus tôt la future Solitaire du Figaro qui se nomme encore la Course de l’Aurore – propose lors d’un bureau de la Société Nautique de La Trinité présidée par André Facque, dont le fils Philippe a disputé la Whitbread (course autour du monde), de lancer des entraînements d’hiver en baie de Quiberon. À cette époque, la régate habitable se cantonne surtout sur deux sites : Le Havre et La Rochelle, avec la Semaine internationale éponyme. Le succès est immédiat et plus d’une trentaine de bateaux viennent régater un week-end sur deux. La SNT et Gilles Le Baud veulent aller plus loin, et proposent alors au quotidien Ouest-France de s’associer à la création d’une épreuve disputée durant le long week-end de Pâques.

Roger Lavialle, directeur général est immédiatement séduit par l’idée et donne son feu vert après moins d’une heure de rendez-vous. Initialement baptisée « Spi d’Or Ouest-France » en clin d’œil au fameux « Bol d’Or » sur le lac Léman, il va très vite se nommer le Spi Ouest-France et même le « Spi » pour les habitués. Les Rochelais qui gagnent tout chez eux décident de venir défier les Bretons et aussi confirmer leur suprématie du moment. Les Morbihannais ne voient pas les choses ainsi, et veulent le prouver.

L’on compte une cinquantaine de concurrents. Les monotypes sont encore très rares, mais les séduisants J/24 construits aux États-Unis commencent à écumer la baie, notamment issus du port voisin du Crouesty. Quant aux voiliers jaugés en IOR (International Offshore Rule), prototypes de régate, ils sont aussi attractifs à l’époque que les bateaux de la Route du Rhum qui viennent de courir leur première édition quelques mois auparavant. Ces voiliers affûtés avec leurs étranges bosses de jauge et ce gréement élancé et fin, font rêver les jeunes régatiers, à l’image de Britanny Drizzle (crachin breton ; ndlr) dessiné par le jeune architecte Jean Berret. Il a été construit en bois et lamellé-collé par Bernard Fournier Le Ray, son frère et sa sœur dans le jardin de ses parents. C’est une œuvre d’art ! Il termine quatrième dans sa classe juste derrière Kelt La Concorde, justement barré par Gilles Le Baud. L’élégant Britanny Drizzle blanc et rouge, remarquablement entretenu va disputer quasiment tous les « Spis », en gagner beaucoup et finir quasiment systématiquement sur le podium !

Preuve de la légitimité sportive du plus grand rassemblement habitable en France, les plus grands navigateurs français - Franck Cammas, Michel Desjoyeaux, Alain Gautier, Marc Guillemot, Charles Caudrelier, Lionel Lemonchois, Yann Guichard, Jean-Pierre Dick, Bertrand Pacé, Thierry Péponnet, Luc Pillot, Jimmy Pahun, Géry Trentesaux… - adorent venir se confronter, et n’hésitent pas à noter sur leur CV les années où ils se sont imposés. « Il faut se cracher dans les mains vu le niveau pour gagner le Spi. Ça se mérite ! » rappelle Loïck Peyron, habitué de l’épreuve en Open 750. Car l’une des caractéristiques du Spi Ouest-France Destination Morbihan, est de mêler professionnels et amateurs. Et rares sont les sports permettant d’offrir une telle possibilité !

Spi Ouest France
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