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Embouteillage au large de la Galice

Après deux jours de mer, Nicolas Troussel et Jean Le Cam s’approchent du Cap Finisterre – Nord Espagne – et pointent à 14h00 en huitième position au cœur du groupe des ‘ouvreurs’ de cette flotte IMOCA. Après des heures mouvementées, la cadence s’est assagie. Les bateaux progressent au près, tirant des bords dans un flux d’une quinzaine de nœuds. Le ciel est dégagé mais la nébuleuse s’accumule dans les esprits.

En effet, de Hugo Boss, complètement dans l'Ouest, à PRB, dans l'Est, la flotte s'étire sur 500 kilomètres, chacun affinant actuellement ses choix de trajectoire pour traverser. CORUM L’Épargne a choisi l'Est pour l'instant, avec une route proche des côtes. L’heure est à la stratégie. Serrer le Portugal ou prendre le large, telle est la question, d’autant plus que, plus au Sud, une poche de vent faible s’étale sur une longueur de plusieurs centaines de kilomètres à la hauteur de Madère.

Dans l’Ouest, l’immense dépression sur les Açores reste elle stationnaire. Résultat, le régime des célèbres alizés portugais n’est plus là. Bref, pas simple mais aujourd'hui, l'allure est au près et cela va bien à CORUM L’Épargne et à ses dérives droites.

En stratèges, Nicolas et Jean regardent cette situation météo complexe avec malice car ce schéma mouvant peut réserver des opportunités. A commencer cet après-midi par un aiguillage au large de la Galice.

D’une voix claire et enjouée, Nicolas Troussel racontait ce matin u
ne nuit bien occupée mais confortable :

La cadence a ralenti un petit peu cette nuit, quelle est l’ambiance à bord ?
« C’est assez agréable, Jean est à la barre là et tout va bien. Nous sommes actuellement au près, le bateau est bien gîté, il y a un peu de clapot mais c’est plutôt confortable, avec un beau ciel bleu. L'allure penchée ne nous a pas empêché de préparer nos œufs bacon ce matin. On a encore un peu de près à faire et on suit l’évolution météo. »

Ce sont des petites vacances on dirait ?
« Ah non pas du tout (rires) ! On a fait un virement de bord en milieu de nuit. Je dormais quand la bascule est arrivée donc Jean est venu me réveiller. On a dû matosser tout ce qu’il y a dans le bateau, d’un côté à l’autre… Je n’ai pas pris le chrono mais cela nous a bien fait 30/45 minutes de manutention… C’était le petit dossier de la nuit. »

Vous êtes contents de votre place actuelle sur le plan d’eau ?
« Il y a toujours deux options qui se dessinent et il n’y a pas de certitude pour l’instant. Il y a quelques bateaux autour, Sébastien Simon et Vincent Riou ne sont pas loin, donc on se bagarre bien c’est sympa. »

On parle de deux options qui se profilent, cela prend bien la tête ?
« Ce n’est pas la grosse prise de tête car on sait où l'on veut aller donc on essaye surtout d’y aller le mieux possible. Les fichiers sont à chaque fois un petit peu différents mais à un moment donné il faut choisir son camp. Je pense que les choix sont à peu près faits, maintenant il va falloir s’adapter aux changements de dernière minute. On prend peut-être la voie la moins risquée et ceux qui sont plus dans l’Ouest vont essayer de couper le fromage. »

Comment va Jean ? Il est content d’être de cette régate au contact ?
« Il est à fond. Dès qu’il y a un bateau autour, il ne veut pas se laisser faire. C’est sympa et ça se passe très bien à bord. Les conditions n’ont pour l’instant pas été faciles comme cette nuit où le vent était instable et où il fallait rester sur les écoutes donc c’était le rôle de celui qui était de quart et on s’est relayé nickel. »





Transat Jacques Vabre
IMOCA
Nicolas Troussel
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