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10 jours après la mise à l’eau de son Imoca Advens for Cybersecurity, Thomas Ruyant et Antoine Koch arborent un énorme sourire de satisfaction. Le plan Verdier a, dès ses deux premières sorties, répondu à toutes les attentes. Il laisse déjà entrevoir moult parcelles de son immense potentiel. Point de triomphalisme cependant, la liste des postes à mettre au point est immense, mais le bonheur de naviguer et de toucher du doigt la magie des nouveautés rêvées sur ordinateur décuple l’enthousiasme du Team. L’équipe de TR Racing avance désormais pas à pas dans sa montée en puissance. Elle s’appuie sur un calendrier certes serré, mais idéal pour accumuler connaissances et expériences, dès cette semaine avec le format très complet du Défi Azimut, et cette Transat Jacques Vabre taillée pour avancer à pas de géant dans la fiabilisation et la performance en vue du Vendée Globe.Au bonheur du foil.« Que ça fait du bien d’être sur l’eau ! » Thomas Ruyant ne cache pas son plaisir, son bonheur de jouir pleinement du fruit d’un travail herculéen mené conjointement en Italie, chez Persico, et à Lorient avec toutes les équipes de l’architecte Guillaume Verdier et de TR Racing pour construire cette nouvelle bête de course. Et dès les tout premiers bords, les sensations, le plaisir étaient au rendez-vous. « Nulle mauvaise surprise à déplorer »souligne le skipper de Advens for Cybersecurity. « Les sensations sont extraordinaires ! Le bateau est sain, la base est superbe, tous les systèmes fonctionnent et la qualité du travail est absolument remarquable. »En mode pilote d’essai !TR Racing vient, en quelques heures, de basculer d’un mode « chantier - table à dessin », au mode pilote d’essai et compétition. Thomas, appuyé par Antoine Koch et Laurent Bourguès, s’attache désormais à décrypter le bolide. « Nos premières navigations se sont déroulées dans des conditions idylliques, en short, sous un chaud soleil et par 15 noeuds de vent. Il nous faut à présent naviguer dans toutes les conditions possibles. Nous avons une vision très précise de ce que nous allons faire ces prochaines semaines, jusqu’au départ de la Transat Jacques Vabre. Chaque sortie sert un objectif. Nous avançons pas à pas, avec la détermination d’apprendre chaque jour un peu plus, de tester chaque instant un nouveau système, une nouvelle configuration. Nous avons sorti toutes nos voiles, et tout tombe parfaitement sous la main. Nous n’aurons pas de temps mort d’ici au Havre. » Le Défi Azimut, format idéal pour avancer !Le Défi Azimut débute mercredi. Jusqu’à dimanche, Thomas et toute l’équipe vont avoir la chance de pouvoir à la fois tester leur monture dans des configurations de course très diverses, en double et en équipage, lors de « runs » de vitesse et au large, tout en faisant plaisir à de nombreux partenaires invités à partager l’expérience du bord dimanche autour de l’île de Groix. « Je vais en outre passer 48 heures avec Antoine (Koch). Nos premières expériences en double se sont admirablement passées. On communique bien et on a grand plaisir à découvrir ensemble ce bateau dans lequel il s’est énormément investi. Il est totalement engagé à faire progresser le voilier à l’occasion de ces prochaines compétitions. Certes, nous les aborderons avec des ambitions sportives très mesurées, mais nous ne bouderons pas notre plaisir de rivaliser avec les principaux protagonistes du prochain Vendée Globe. » Antoine Koch, l’architecte navigateur.Antoine Koch s’est fait connaître du grand public à la barre de multicoques de la Classe ORMA. Il a ensuite rejoint les équipes du Team Gitana, tout en développant sa carrière d’architecte naval. C’est coiffé de ces deux casquettes qu’il a rejoint Thomas Ruyant dans l’aventure de la construction d’Advens for Cybersecurity, doté d’un savoir-faire technique de haute volée, et habité de ce vécu d’homme de mer crucial pour aider Thomas dans la compréhension et la maîtrise de son foiler dernière génération. Entretien :Trouver le mode d’emploi du bateau…« J’ai en effet grand plaisir à disputer la Transat Jacques Vabre comme co-skipper de Thomas. J’ai collaboré à la construction de son bateau et on va ensemble faire le lien entre la théorie et la réalité. Il faut trouver le mode d’emploi du bateau. J’ai la double casquette marin-architecte pour précisément pouvoir aider Thomas à décrypter le bateau lors de la Transat Jacques Vabre. Il est difficile sur ces bateaux de s’appuyer sur les seules sensations car ils sont trop brutaux. Il faut se fier aux chiffres, et sur les mesures que nous recevons grâce à des capteurs. Il faudra moins s’inspirer des émotions pures que sur les données factuelles. Nos capteurs de charge vont nous nourrir de chiffres pour avancer vers la performance. Il faut aussi surveiller les charges pour rester dans les limites acceptables par le bateau. » Impliqué dans le développement des foils et du plan de voilure !« On doit d’ici à la Transat Jacques Vabre fiabiliser tous nos systèmes, notamment électroniques, pilotes etc… Le pilote ne se pose pas de question, et barrer ce bateau sera difficile… Les nouveaux bateaux s’annoncent très violents, avec de chocs terribles dans la mer. Il faut réapprendre à se servir de ces bateaux. D’où l’intérêt de cette course. J’ai travaillé sur les appendices, sur les voiles et le gréement. Les bateaux ont beaucoup progressé et les angles de vent apparent ont beaucoup évolué. On a donc beaucoup travaillé avec notre voilier North Sails pour définir un plan de voilure qui au final s’apparente plus à un plan de voilure de multicoques ! On a beaucoup d’espace pour évoluer. Nos foils ont moins de trainée et fonctionnent mieux dans le petit temps. On a besoin de moins de puissance et les foils soulagent très tôt le bateau. On a aussi la possibilité d’ajuster la puissance en finesse en jouant sur l’incidence du foil. On peut régler cela depuis le cockpit avec un vérin. »Thomas ce guerrier !« Thomas adore être en mer. C’est un super marin. Il est très engagé dans sa manière de naviguer. C’est un guerrier, et c’est ce qu’il faut pour manier de tels bateaux. A moi de l’aider à bien analyser nos ressentis réciproques. La Transat Jacques Vabre va constituer un laboratoire in vivo pour trouver toutes les clés du bateau… Je suis heureux de partir avec Thomas. On a fait des stages en Figaro l’hiver dernier. On s’est bien entendu. »Rendre le bateau plus facile !« Ma dernière transat est le convoyage retour de la Route du Rhum avec Gitana 15. Et Groupama 3 en 2015… Cela fait 3 ans que je n’ai pas fait de transat. J’ai été très investi côté design et c’est bien de sortir de l’ordinateur. Il est essentiel de ne pas se couper des sensations en mer. Les outils de simulation des architectes ont beaucoup progressé, mais il y a des choses que les ordis ne voient pas, notamment la limite d’utilisation de ces bateaux qui sont de plus en plus exigeants. Il faut rendre ces bateaux plus faciles à exploiter et ce n’est qu’en naviguant que les architectes trouveront les solutions. »

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