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La convergence des luttes

Pour la première fois depuis le départ, aucune des trois classes de cette 14ème Transat Jacques Vabre Normandie le Havre n’a connu de changement de leader au premier pointage du matin. L’alizé n’est pas un terrain où prévalent les grandes options. Chacun privilégie le pilotage et cherche le meilleur couloir au bout duquel se trouve la porte du Pot-au-noir, porte que le premier Multi50 atteindra en fin de soirée. Bénéficiant d’un meilleur angle par rapport au vent au fur et mesure qu’ils gagnent en latitude, les leaders creusent l’écart en Class40 et Multi50 alors qu’ils sont stables en IMOCA.

Multi50 : Groupe GCA Mille et un sourires continue son échappée

Primonial est reparti à 2 h 30 cette nuit de Mindelo (Cap Vert) où il a changé son démarreur (il ne pouvait plus produire d’électricité avec son moteur). L’infortuné tandem Rogues-Souben a donc 344 milles de retard sur ses deux concurrents qui continuent leur cavalcade dans l’alizé. A ce jeu, GCA Mille et un sourires détient manifestement un plus en vitesse et l’écart avec son poursuivant Solidaires en Peloton ARSEP continue de se creuser au fil des classements. Il culmine à 155 milles ce matin. Rien n’est gagné à l’entrée du Pot-au-noir que Gilles Lamiré et Antoine Carpentier atteindront ce soir. Mais force est de reconnaître qu’ils ont le contrôle de la situation avec leur concurrent pile dans l’axe, à une demi-journée de mer derrière eux.

« Ils ont un très bon timing dans les basculesreconnaissait ce matin Thibaut Vauchel Camus. Et ils vont vite ! On a le sentiment de se bagarrer derrière et c’est un peu frustrant. A bord, pour nous tout va bien, on n’a rien cassé mais on n’a quasiment jamais trouvé la même force et le même angle de vent qu’eux, c’est tout. »

IMOCA : Match à tous les étages

Maintenant qu’en tête de flotte tous les IMOCA naviguent bâbord amures, la lecture du classement est plus simple et les positions se clarifient. Charal est toujours le patron et grappille mètre par mètre sur ses poursuivants. Son matelas est de 53 milles sur Apivia, le plus important depuis le départ. Derrière, un petit paquet de trois bateaux joue collé serré. 11th Hour a soufflé la troisième place à Banque Populaire par son petit décalage ouest et PRB est juste derrière aux aguets. Cinquante milles en retrait, Initiatives-Coeur, Corum L’Epargne, Groupe Apicil et Arkéa Paprec sont alignés comme sur une ligne de départ à 2000 milles de l’arrivée. Sur ce long bord où il est armé de son foil, le plan Kouyoumdjian du tandem Simon-Riou a repris deux places hier et peut encore rêver de podium.
Voilà qui promet de belles empoignades dans le Pot-au-noir que les leaders atteindront dans 36 heures environ, avant le dernier tronçon dans l’hémisphère sud

« Je t’avoue que pour l’instant, on ne regarde pas trop l’entrée dans le Pot. On surveille surtout le dévent des îles du Cap Vert. Le vent a pas mal tourné à gauche et j’espère qu’on ne va pas être obligé de se recaler. La bonne nouvelle, c’est que la mer s’est bien calmée. Il fait toujours chaud, mais ça mouille moins et c’est plus agréable d’être sur le pont » se félicitait Christopher Pratt ce matin.

Encore derrière, il y aura du jeu jusqu’au bout autour de la onzième place avec cinq bateaux qui se tiennent en 100 milles et beaucoup d’écart en latéral. A noter aussi le bon retour dans le jeu de VandB Mayenne. Maxime Sorel et Guillaume Lebrec cravachent depuis leur arrêt à Brest lundi dernier. Après avoir doublé Time for Oceans, La Mie Câline Artisans Artipôle et La Fabrique, ils se hissent ce matin à la hauteur de Groupe Sétin et Water Family à la 19ème place…

Quant à Hugo Boss, après son accident d’hier, il navigue à toute petite vitesse pour essayer de rejoindre par ses propres moyens l’archipel des Canaries. L’équipage semble maîtriser la situation.

Class40 : Qui peut battre Crédit Mutuel ?

A l’entrée de l’alizé, un groupe de sept bateaux a pris un avantage significatif sur le reste de la flotte. Avantage qui devrait s’accroître au fil de la journée lorsque les vitesses vont augmenter sous spi. A ce jeu, Crédit Mutuel navigue un cran au-dessus de ses adversaires. 25 milles de mieux sur les dernières 24 heures, ça fait tout de même un nœud de moyenne et c’est préoccupant pour le tandem Leyton-Aïna Enfance et Avenir toujours au coude à coude sur le podium. Sans doute que Crédit Mutuel bénéficie d’un peu plus de pression à l’entrée des alizés : « On a 15 -18 noeuds et une mer facile. C’est la troisième nuit idyllique depuis le départ. On n’a pas touché au pilote depuis Ouessant. On s’entend à merveille avec Adrien. L’ambiance est concentrée mais détendue. Les conditions faciles nous permettent de bien échanger, et j’apprends beaucoup à ses côtés ». Beaucoup de sérénité se dégageait du cockpit de Crédit Mutuel ce matin. Les premiers Class40 ont couvert plus d’un tiers du parcours et vont pouvoir accélérer vers le Cap Vert après une première semaine éprouvante. Un peu comme en IMOCA, de petits paquets se forment au sein desquels la régate bat son plein et il faudra attendre que l’ensemble de la flotte ait débordé les Canaries pour établir une hiérarchie fiable au sein de la flotte des 22 duos en route vers Salvador de Bahia.Ce matin enfin, Eärendil est reparti de Madère alors qu’Equipe Voile Parkinson est en approche de l’île pour y effectuer lui aussi des réparations.

ETA Pot au noir :
- Groupe GCA Mille et un sourires : Ce soir à partir de 20 heures française
- Charal : Début de nuit de mardi à mercredi.

Ils ont dit :
Thibault Vauchel Camus – Solidaires en Peloton ARSEP (Multi 50)
"On est mieux que Primonial et moins bien que GCA. Tout s’enchaine bien pour lui. Ils ont un bon timing dans les bascules, leur passage des Canaries s’est bien déroulé et derrière ils enchainent des heures à 25-26 nœuds quand nous, on se bagarre à 15-17 nœuds.
Nous n’avons aucun problème technique, mais même si on est dans son axe on n’a jamais trouvé la même force de vent, c’est assez pénible et frustrant. Hier, on vu Primonial au Cap Vert, on les a appelé en VHF mais j’imagine qu’ils étaient en restriction d’énergie et ils n’ont pas répondu.
Ça commence à tirer sur la couenne, les réveils sont plus durs, mais il n’y a pas de bobo, pas de souci majeur à bord. On se voit rentrer dans le Pot-au-noir dans une vingtaine d’heures."

Transat Jacques Vabre
Course au large
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