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BESSON ET RIOU METTENT LE CAP SUR TOKYO 2020 !

Marie Riou et Billy Besson ont décidé de repartir ensemble en Nacra 17 à foils et de mettre le cap sur les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Une opération commando pour le duo revanchard après les JO de Rio 2016, seule ombre au tableau mâtiné d’or du charismatique équipage mixte olympique.

A l’issue des Jeux olympiques de Rio 2016, le couple roi du Nacra 17 s’était quitté dans les larmes, une pointe d’amertume dans la voix, et sous anti-inflammatoires. Fauché comme un lapin en plein vol par une hernie discale contractée quelques jours avant le début des Jeux, Billy Besson a bien tenté de mener l’aventure olympique, mais en vain. La douleur, trop forte, priva le duo des espérances d’une médaille. Et la blessure, trop lourde, provoqua un rapatriement en urgence du Polynésien, puis une opération, et enfin une longue phase de rééducation.

« On a quand même un goût d’inachevé, reconnaît Billy Besson. Quelque chose manque à notre histoire. Pendant quatre ans, on a été les meilleurs, il faut savoir le dire, on a fait les choses super bien, mais il a manqué cette médaille olympique qui aurait rendu l’aventure extraordinaire. Et je sais que Marie en garde une mauvaise impression. »

La frustration reste si présente que Marie Riou ne contredit pas. La Bretonne a encore en mémoire cette fatalité venue contrarier le plus beau des scénarios pré-écrit pour le plus beau tandem mixte, avec deux personnages si différents et si complémentaires. L’un est fou-fou, libre de mots et de pensées, et il possède ce que beaucoup appellent le génie, une fois la barre en mains. L’autre est pondérée, mesurée, guerrière, dure au mal, insubmersible. A deux, Besson et Riou, c’était du béton.

A mots pesés, Marie rappelle que « c’est la loi du sport, c’est un coup de malchance, mais c’est du passé ». Elle s’est rappelée la force de ce duo, capable de maîtriser un multicoque sur le bout des doigts, de dominer les règles de la régate comme personne et de marquer au fer rouge la concurrence. Alors, à Billy, elle a redit oui.

Marie Riou et Billy Besson mettent donc le cap sur les Jeux olympiques de Tokyo 2020 avec, pour première étape, la World Cup à Enoshima, Japon, du 9 au 16 septembre, première étape d’une reconquête évidente ? Loin de là, et les deux sont déjà au courant de l’épreuve qui les attend. « On part tardivement par rapport à la concurrence, il va falloir mettre les bouchées doubles », dit Marie.
« Il faut vraiment qu’on se mette en mode commando, confirme Billy. Il va falloir être opportun, ne laisser traîner aucune occasion d’apprendre, et d’apprendre vite».

Rien qu’en France, le duo Besson-Riou va devoir tenter de rivaliser avec les binômes Moana Vaireaux - Amélie Riou et Quentin Delapierre - Manon Audinet au cours d’un premier rassemblement de quatre jours à Quiberon autour de Franck Citeau, l’entraîneur fédéral de Nacra. A l’international, les teams ont changé, et il faudra bien du travail pour aller déloger les actuels meilleurs mondiaux, les Italiens Ruggero Tita et Catarina Marianna Banti, les Australiens Jason Waterhouse et Lisa Darmanin ainsi que la flopée d’équipages britanniques de haut vol. Billy Besson résume : « Il y a des nouveaux dans la classe, qui sont devant. Et il y a des anciens… qui sont devant aussi. Ce serait prétentieux de prétendre déjà aux premières places. On n’est plus du tout dans la même position qu’il y a deux ans : c’est à nous de tirer notre épingle du jeu maintenant ».

Et puis, il y a ce bateau, le Nacra 17, catamaran désormais affublé de foils, ce qui complexifie un brin la mission… Si Billy Besson a eu l’occasion de mettre la main sur ce bateau durant l’hiver, Marie Riou l’a découvert lors de trois semaines d’entraînement à Quiberon, début août.

« Le premier jour, je me suis demandé ce que je faisais là. J’ai retrouvé mon Billy, c’était vraiment chouette, et on a passé trois semaines à sillonner la baie de Quiberon. Mais heureusement que c’est mon barreur fétiche et que j’ai une confiance absolue en lui parce que, parfois, au portant, c’est très, très chaud ! »

Avec une saine humilité, la conscience du chemin à parcourir et une pointe de rage en plus, Billy et Marie se préparent pour la World Cup de Enoshima, sur le futur site olympique. Plus forts qu’avant ? Pas vraiment, pas encore en tout cas. En revanche, les deux avancent plus riches de deux ans d’expérience supplémentaires. Si Billy Besson s’est endurci au contact de quelques déboires – sa hernie discale, la rééducation, un projet Tour de France à la voile avorté –, Marie Riou, elle, a profité de ces deux années pour devenir la première Française victorieuse de la Volvo Ocean Race, à bord de Dongfeng. Une expérience richissime : « Je me connais mieux, j’ai repoussé mes limites, physiquement, mentalement et humainement, c’est certain ». Et puis, la Plougastelen est devenue cap-Hornière… « Maintenant, je lui parle en disant ‘Madame’, et je suis obligé de lui demander la permission pour empanner », plaisante Billy Besson. Pas sûr que ça dure…

Billy Besson
Marie Riou
Equipe de France de Voile Olympique
Jeux Olympiques
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