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Solitaire Le Figaro : 3e étape avec une entame ibère incertaine

La brise a fait une courte apparition sur la ria de Muros aujourd’hui. Deux petites heures, juste le temps de donner un départ et d’envoyer les 36 concurrents au louvoyage à la sortie de la baie. Privée de vent et largement dispersée, la flotte progresse ce soir à pas lents vers le large pour essayer de capter un fond d’air incertain. Pour établir une première hiérarchie, il faudra attendre cette nuit, au large de la latitude du cap Villano qui servira de « bouée » Radio France. On annonçait cette troisième étape qui se courra majoritairement au près dans les petits airs, pleine de pièges et de surprises. Le ton est donné au large de la Galice qui pourrait retenir les concurrents dans les mailles de son filet jusqu’à demain soir…

Pas avare de rebondissements depuis le Havre, cette 49 ème édition de La Solitaire Le Figaro a encore une fois démontré en baie de Muros que la patience fait partie du profil psychologique du Figariste accompli. Il en fallait une bonne dose en effet à la mi-journée pour rester concentré au fil des coups de canon maintes fois reportés. Pas une once de vent à 12h 30, timing officiel initialement prévu pour le départ de cette troisième étape, puis une brise mal calée en direction et des concurrents survoltés à la bouée… bref, il fallut s’y reprendre à quatre fois pour lancer un départ équitable, à la hauteur d’une étape annoncée comme le possible tournant de l’épreuve. Retards obligent, le comité présidé par Jean Coadou décidait, à regret mais en toute logique, d’annuler le parcours en baie de 6 milles pour envoyer la flotte rejoindre sans autre marque de parcours la cardinale des Chiens Perrins à l’Ouest de l’île d’Yeu, distante de quelques … 380 milles.

Au coup de canon, c’est finalement Alexis Loison qui mettait tout le monde d’accord à 14 h 43 en partant lancé à la bouée. Cité comme l’un des favoris au Havre et grand perdant des deux premières étapes avec 1 h 50’ de retard au général, le skipper de Custo Pol donnait le ton de ses ambitions dans cette troisième étape de tous les espoirs. Mais en insistant un peu trop à gauche du plan d’eau, il laissait à la sortie de la baie le commandement à un autre déçu de cette 39ème édition, le brestois Gildas Mahé (Breizh Cola) qui n’hésitait pas à déclarer au départ de cette étape « vouloir se faire mal ! » Et d’expliquer :
« La remontée le long de la Galice sera essentielle et c’est elle qui décidera de l’éclatement de la flotte dans le golfe, car ensuite le scénario est assez bien connu »

A peine passé le cap Louro, la brise thermique lui donnait raison en s’effondrant, laissant les skippers en berne à des vitesses inférieures à 2 noeuds. La traque à la risée pouvait commencer et la flotte éclatait rapidement, s’étendant sur près de 2 milles sur un axe Nord-Sud. Au ras des falaises, Pierre Quiroga (skipper Espoir CEM-CS) se montrait incisif et emmenait un petit groupe composé notamment de Benjamin Dutreux (Sateco-Team Vendée Formation). Tout au Sud, Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) avait vite rejoint Alexis Loison (Custo Pol) et Xavier Macaire (Groupe SNEF). Au centre, Martin Le Pape confirmait son bon départ et se trouvait en pointe, suivi de l’autre Skipper Macif, Charlie Dalin et d’Anthony Marchand. Pour le skipper de Groupe Royer-Secours populaire joint en VHF « il faut se mettre direct dans le bain. La question, c’est de savoir si l’on joue la macro-météo (le large) ou la micro-météo. Cetains concurrents ont choisi de rester à la côte, mais dans les petites baies, je ne sais pas trop ce qui va se passer. Pour l’instant, j’observe, j’analyse… »

Annoncée comme longue et piégeuse avec cette fameuse dorsale en plein golfe de Gascogne, la troisième étape place donc les skippers dans l’expectative dès les premiers bords. Avant de toucher le flux de Nord-Est établi, il va déjà falloir s’extraire des côtes galiciennes. Selon les modèles, les skippers pourraient compter ses nombreux phares et caps jusqu’à demain dans la soirée avant de véritablement gagner le large…Une première hiérarchie sera sans doute établie vers le cap Ortegal où il restera encore 350 milles d’ici l’arrivée jugée à Saint-Gilles Croix de Vie. Autant dire qu’après une première nuit blanche à traquer les risées, les organismes et les nerfs vont être mis à rude épreuve.

Solitaire du Figaro
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