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La #Solitaire Le Figaro : Soleil, cailloux et glisse !

Le départ de la deuxième étape de La Solitaire Le Figaro sera donné dimanche à 14h en Baie de Saint-Brieuc, cap sur le nord-ouest de l’Espagne et la Ria de Muros-Noia (520 milles). Les 36 solitaires, après une entame stratégique en Manche, vont s’offrir une descente du Golfe de Gascogne à haute vitesse sous spi, avant une arrivée qui pourrait s’avérer piégeuse.

Après une première étape éprouvante pour les organismes et les machines qui, selon le Briochin Yann Eliès, triple vainqueur de l’épreuve, aura « accouché d’une souris » au classement général (les 20 premiers en 18 minutes), La Solitaire URGO Le Figaro reprend la mer dimanche à 14h et quitte un Port du Légué qui, depuis l’ouverture officielle du village mercredi, n’aura pas désempli, à la grande satisfaction de coureurs qui garderont sans doute un excellent souvenir de leur passage en Baie de Saint-Brieuc. Dimanche, il faudra oublier les flonflons, séances d’autographes, feu d’artifice et retrouvailles avec famille et copains pour les marins du cru et se concentrer sur une étape qui, la première ayant été raccourcie à 465 milles, sera la plus longue de la 49e édition avec 520 milles.


Après le traditionnel parcours en baie qui sera donné sous le soleil et dans un vent de nord-est de 5-7 nœuds, les 36 Figaristes ne devront pas manquer leur entame de course dans les courants et les cailloux de la Bretagne Nord, car pour beaucoup, c’est en Manche que les différences stratégiques se feront.

« Le vent est à la pointe de la Bretagne, plus tôt on y arrive, plus tôt on accélère, il faudra bien naviguer pour bien sortir », estime ainsi Gildas #Mahé (Breizh Cola), qui après son abandon sur la première étape, semble déterminé à frapper un grand coup sur la seconde, lui qui n’a plus de prétentions au général.

De son côté, Alexis Loison (Custo Pol), qui, lui, joue la gagne sur cette Solitaire, ajoute, à propos de cette entame :

« Ça va commencer par une bonne partie de rase-cailloux en Bretagne. Quand on est courant à contre, la seule façon de se protéger, c’est d’aller jouer dans les cailloux, donc on aura une entame intense, mais dans du vent plutôt clément, c’est le jeu par excellence du Figariste ». Un jeu qui, selon Martin Le Pape (Skipper Macif 2017), est parfois assez basique : « On est un peu des comptables en Figaro, on raisonne beaucoup en termes de gestion de flotte : on regarde combien vont à droite et combien vont à gauche et en fonction de son objectif, on choisit ».


Sébastien #Simon revanchard

L’objectif pour tous sera de ne pas manquer cette entame pour éviter de voir les petits copains prendre la poudre d’escampette à partir d’Ouessant que les premiers devraient laisser à tribord ou bâbord après un peu plus de 24 heures de course. La suite ? Un très long bord de portant dans du vent de nord-est forcissant (20-25 nœuds) qui fera la part belle aux marins à l’aise dans ces conditions de glisse, souvent les plus aguerris.
« Je pense qu’il faut avoir pas mal d’expérience, c’est assez rare les gens qui arrivent à aller vite au portant dès la première année, sauf quelques prodiges », confirme Alexis #Loison. La clé pour aller vite dans ces conditions ?
« Déjà le choix du spi, nous n’avons pas tous le même, peut-être que sur cette étape, une marque de spi va sortir du lot. Après, il y a bien évidemment la conduite du bateau et la régulation ; au portant VMG, ce n’est pas facile car on rajoute le réglage du tangon, il faut beaucoup jouer sur la pointe du tangon, ça a un vrai impact sur la forme du spi », explique Tanguy Le Turquais (Everial), tandis que le bizuth Romain Baggio (Maison Meneau-Les Marins de la Lune) ajoute :
« Pour ma part, la différence se fait au nombre de départs au tas. Sur la première étape, avec mon petit manque d’expérience, je suis parti au tas pas mal de fois, tu perds à chaque fois pas mal de temps, il faut donc que je travaille ma conduite ». Travailler la conduite, c’est barrer quand le vent forcit et que la mer se forme, afin de négocier au mieux les surfs, ce qui signifie peu dormir.

Et pourtant, il faudra garder de la lucidité pour l’atterrissage dans la Ria de Muros-Noia, terme de l’étape, juste après le Cap Finisterre, le risque de cette arrivée en baie étant résumé par Alexis #Loison : « Le finish peut être particulièrement tordu avec le vent qui s’écroule complètement. Dans ce cas, soit c’est un nouveau départ, ce qui commencerait à faire beaucoup, soit ça crée de gros écarts avec des bateaux qui passent et d’autres qui restent plantés ». Le Cherbourgeois, 8e de la première étape à 9’50 du vainqueur, son pote Anrthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), espère bien évidemment un scénario favorable au terme de cette étape qui, cette fois, pourrait être décisive pour l’issue de la Solitaire.

« Je pense que les favoris vont se détacher et que le classement va être complètement bouleversé à l’issue de cette deuxième étape », estime Vincent Biarnès (Baie de Saint-Brieuc). Parmi ces favoris, certains montrent clairement les dents, à l’instar de Sébastien #Simon (Bretagne CMB Performance), l’un des grands animateurs de l’étape initiale, terminée à la 4e place :

« J’ai une revanche à prendre sur la première étape, parce que je suis quand même assez frustré d’avoir failli clouer la Solitaire de certains de mes concurrents et de ne pas avoir été récompensé ». Et l’intéressé de viser sans les nommer les Thierry #Chabagny (2e), Erwan #Tabarly (6e) ou Charlie #Dalin (3e), revenus de nulle part après avoir cru être définitivement décrochés. Un Charlie Dalin qui, cette fois, compte bien être aux avant-postes sur tout le parcours : « C’est une étape qui me va, avec du jeu en Finistère et une longue glissade de portant jusqu’au Cap Finisterre. Il faut continuer à crocher dedans, parce qu’à un moment, ça va payer, la fatigue commence à se faire sentir, je compte bien être dans le bon paquet ». Résultat des courses sans doute mercredi…

Solitaire du Figaro
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