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Le record absolu de la Rolex Fastnet Race menacé par les Ultimes

À moins d'un calme plat sur l’édition aoutienne de la Rolex Fastnet Race, il est fort probable que le record absolu sur cette épreuve majeure du RORC soit battu cette année. Les Ultimes, les trimarans les plus rapides au monde, seront au départ la plus grande course au large, réunissant une flotte de 300 à 350 concurrents. Sur la dernière édition ventée en 2011, le trimaran Banque Populaire V de Loïck Peyron avait parcouru les 608 milles nautiques en 1 jour, 8 heures et 48 minutes. Mais même pour ce puissant trimaran de 40 mètres (désormais rebaptisé Spindrift 2), sa vitesse moyenne d’à peine 18,53 nœuds n’était pas si impressionnante. Deux ans plus tôt sur sa traversée de l’Atlantique, il avait avalé les 2880 milles nautiques à la vitesse moyenne de 32,94 nœuds.

Aujourd'hui, même si ce record transatlantique reste difficile à battre, Banque Populaire V et sa technologie sont quelque peu dépassés. Les Ultimes modernes de 30 mètres sont certes plus courts, mais bien plus rapides grâce notamment à leurs foils, nouvelle technologie en termes d’appendices. Et ils seront au moins 3 d’entre eux au départ de la Rolex Fastnet Race cette année.

François Gabart est l'un des concurrents les plus remarquables en course au large aujourd’hui. Agréable et sobre, ce Français de 36 ans aux cheveux blonds a fait ses gammes dans les circuits habituels français. Soutenu par son sponsor, la compagnie d’assurances MACIF, il se lance dans une campagne Vendée Globe. En 2012-13, il remporte ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance dès sa première tentative, puis remporte la Rolex Fastnet Race en IMOCA60, en double avec Michel Desjoyeaux. « J’ai participé à la course une seule fois, donc j'ai un taux de réussite de 100%! » plaisante t’il.Depuis, François Gabart a continué son ascension dans la classe Ultime et, en 2017, a établi un nouveau record du tour du monde en solitaire en seulement 42 jours, 16 heures et 40 minutes, soit un peu moins de deux jours que celui du tour du monde en équipage. Un record à la vitesse moyenne de 27,2 nœuds qui laisse donc imaginer comment le trimaran MACIF, amélioré depuis et concourant contre d’autres Ultimes, devrait être en mesure d’exploser le record actuel de 18,53 nœuds. A 25,3 nœuds de moyenne, le trimaran MACIF pourrait avaler le parcours de la Rolex Fastnet race en moins d'une journée.

« Avec les vitesses que nous pouvons atteindre et si les conditions sont propices au vol, nous pourrons certainement battre le record, mais cela dépend entièrement de la météo », a déclaré François Gabart. Il ajoute que le trimaran MACIF, qui mesure 30 x 21 m, peut voler dès 13 nœuds de vent mais que les conditions optimales sont de 15 à 18 nœuds et plus – en fonction de l’état de la mer. Le record absolu du Trimaran MACIF est de 49,4 nœuds (pendant la Route du Rhum, en solitaire et sous pilote automatique), mais il reconnaît que ce n'est pas un objectif en soi. « Nous aimerions atteindre une moyenne de plus de 40 nœuds. » Une Rolex Fastnet Race à 40 nœuds ne prendrait que 15 heures!
Le principal objectif de l’équipe MACIF est de régater face à d’autres Ultimes. Les inscrits à ce jour comptent actuellement le binôme nouvellement annoncé, Franck Cammas-Charles Caudrelier, à bord d’Edmond de Rothschild, réparé à la suite d’une avarie de flotteur sur la Route du Rhum à l’automne dernier.


La Rolex Fastnet Race sera surtout la première sortie en compétition du dernier Ultime, le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville. Thomas Coville est un skipper remarquable pour avoir participé à presque tous les événements majeurs en voile, de l’America's Cup à la Whitbread / Volvo Ocean Race (l’ayant remporté avec Groupama 4) en passant par le circuit Mini, les classes IMOCA60 et ORMA60 et depuis plus de 10 ans en multicoques géants, établissant notamment en 2016 un nouveau record du tour du monde en solitaire (battu plus tard par François Gabart).

Thomas Coville a également déjà participé au Fastnet, notamment avec l’équipe française Corum qui a remporté l’Admiral’s Cup en 1991, et garde d’excellents souvenirs de la course.


« La Rolex Fastnet Race sera notre première course pour tester notre nouveau bateau », a déclaré Thomas Coville. « C'est une excellente opportunité pour nous de naviguer face aux autres Ultimes et de faire partie d'une grande course en Angleterre. La Rolex Fastnet Race est très prestigieuse et les conditions météorologiques souvent changeantes. Ce sera un test parfait ! »Il apprécie également la manière dont le club Royal Ocean Racing a ouvert son épreuve, de sorte que les équipes professionnelles puissent naviguer (brièvement) aux côtés des croiseurs familiaux. « C’est un mélange de différentes manières de naviguer et de différents niveaux, mais c’est toujours la même passion pour la navigation hauturière. J'aime vraiment cela et l’atmosphère autour de l’épreuve. »De fait, ces Ultimes sont des engins extrêmement complexes, surtout maintenant qu’ils peuvent voler. Au mois d’août, l’équipe de Sodebo sera toujours en phase de test de ce nouveau bateau, et de ses nouvelles caractéristiques, telle la cabine située en avant du mât. « Nous avons découvert le bateau techniquement: nous avons commencé à rouler et enrouler les voiles, à virer de bord, à empanner et à utiliser les foils, de haut en bas et utiliser la dérive, et jouer avec le rake du safran. Tout fonctionne plutôt bien », explique Thomas Coville. « Nous avons effectué deux sessions au large pendant deux ou trois jours à 30 nœuds et le bateau semble sûr et rapide. Mais nous avons encore du travail pour atteindre de très hautes vitesses. »Pour Thomas Coville, la compétition avec les autres Ultimes de la Rolex Fastnet Race est primordiale: « Le parcours n’est pas direct et le record dépend vraiment de la météo. Nous sommes plus intéressés par une course en flotte et par la confrontation sur cet événement. »

Rolex Fastnet Race
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