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Solitaire du Figaro : Après une journée de mer, les trente-six solitaires commencent vraiment leur traversée du golfe de Gascogne après une ascension laborieuse le long des côtes galiciennes la nuit dernière. Et si les humeurs d’Éole ont favorisé l’un après l’autre les petits décalages à raser les falaises, la situation s’est réellement décantée lorsqu’il a fallu choisir son camp en abordant la baie de La Corogne. Fred Duthil et Pierre Leboucher mènent désormais la flotte dans une brise légère de Nord-Nord Est.

Toute la nuit a été marquée par des avancées plus ou moins sensibles et des arrêts plus ou moins brutaux lorsque la flotte s’est vue contrainte de longer les côtes dès le cap Finisterre : il n’y avait aucune opportunité de prendre le large dans une brise de moins de cinq nœuds de secteur Nord… Et les solitaires ne purent se reposer dans ces ténèbres profondes, sans lune et sans repères pour visualiser les maigres risées. Alors au cap Villano qui remplaçait la bouée Radio France, Éric #Péron (Finistère Mer Vent) pointait en tête grâce à son option un peu plus au large.

L’effet était éphémère puisque les leaders se succédaient ensuite au gré des bouffées d’air venues progressivement du Nord-Est : Benjamin Dutreux (Sateco-Team Vendée), Corentin Douguet (NF Habitat), Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Vincent Biarnes (Baie de Saint-Brieuc) se remplaçaient en tête jusqu’à l’entrée de la baie de La Corogne, devant l’île A Gagada Grande. C’est alors que la flotte se scindait en petits groupes, certains prenant le large, d’autres tardant à virer de bord, d’autres enfin persévérant sur la route directe.

Éric Péron reprenait ainsi la main quand le vent de Nord-Nord Est d’une petite dizaine de nœuds se mit à souffler plus régulièrement lorsque le jour pointât au travers d’une brume à couper au couteau. Et il fallut attendre le bon matin pour que le ciel se découvre d’un coup et indique clairement que la solution passait par le Nord… Le nouveau leader était ensuite rejoint par un groupe affûté où se rassemblait Frédéric Duthil (Technique Voile), Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Gildas Mahé (Breizh Cola), Alexis Loison (Custo Pol), Xavier Macaire (Groupe SNEF) ou Sébastien Simon…

En revanche, tous ceux qui patientèrent avant de prendre du Nord rétrogradaient au classement et ceux qui perduraient sur le chemin le plus court, s’enfonçaient dans les profondeurs avec un nœud de moins en vitesse tels Sophie Faguet (
Corben Porsche), Benjamin Dutreux ou Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS). Ce coup de tampon devant La Corogne, se répercutait encore plus lorsqu’il fallut continuer de tricoter dans un vent mou et encore instable afin de parer la porte d’entrée du golfe de Gascogne, le cap Ortegal.

Désormais sortie des nasses des côtes espagnoles, de cet effet tampon qui ralentit le vent et le dévie quand il frappe les falaises galiciennes, des courants de marée non négligeables le long des rives, la flotte va devoir composer avec un flux de secteur Nord qui va basculer à l’Est au petit matin, tout en restant très modéré et irrégulier. Il ne sera pas aisé de se reposer lors de cette deuxième nuit, toujours aussi longue (onze heures) et aussi noire (nouvelle lune).

Or grimper dans le Nord s’avère dangereux avec des bulles sans vent au programme ; rester au Sud est une prise de risque avec une brise d’Est qui s’étiole au fond du golfe ; jouer le centre est ainsi une quasi-certitude, mais encore faudra-t-il négocier ces bascules de vent et ces calmes qui s’égrèneront sur la route de Saint-Gilles Croix-de-Vie. Jusqu’ici les treize premiers sont en moins de trois milles avec quelques décalages latéraux peu sensibles (un mille). Mais qu’en sera-t-il lorsque l’obscurité totale enveloppera la flotte ?

Solitaire du Figaro
Eric Peron
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