Bateaux.com
Magazine de la plaisance
MENU

Un départ très sport, deux retours au port

Ce samedi à 15h33 (heure française), 82 marins ont pris à Las Palmas de Gran Canaria le départ de la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère. L’entrée en matière a été tonique. Les coureurs ont très vite dû retrouver leurs marques dans le bel alizé qui les propulsera jusqu’au Marin, en Martinique. Quelques heures après le coup d’envoi, deux navigatrices ont annoncé leur retour à terre, pour tenter de réparer des avaries : Amélie Grassi (Serie) et Marie Gendron (Proto).

Il y avait beaucoup d’émotion et de sentiments contradictoires ce midi sur les pontons de Las Palmas de Gran Canaria, quand les 82 marins en lice dans la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère ont tour à tour largué les amarres. Il y avait de l’excitation, de l’impatience, de la joie, de l’appréhension, une sensation de vertige avant le saut dans l’inconnu, une féroce envie de régater… Il y avait des rires et des larmes, parfois mêlés.

Un départ canon !

Une fois en mer, les coureurs sont rentrés dans leur bulle. A 15h33 (heure française), ils se sont élancés devant Las Palmas de Gran Canaria. Le spectacle de tous ces marins envoyant leurs spis était superbe à observer. Certains ont attaqué pour couper la ligne en première ligne, d’autres ont choisi de partir en deuxième, voire en troisième rideau. La course est longue (2 700 milles) et sur la Mini-Transat, il y a autant d’objectifs que de skippers engagés. Dans un joli alAndrea Pawlotzki (série, 51e de la première étape)izé et une mer assez formée, l’entame a été intense et certains ont peut-être été cueillis à froid après leur escale canarienne. Les départs au tas ont d’ailleurs été nombreux. Les premières minutes ont donné le ton de cette deuxième étape qui s’annonce rapide.

Frayeurs pour Raphaël Lutard et David Kremer Deux marins ont subi des petits soucis techniques juste avant de prendre le départ. Raphaël Lutard a constaté que sa fixation d’aérien avait lâché. Le skipper du proto 900 est revenu au port pour monter dans le mât et résoudre ce problème. Il est reparti en course et a franchi la ligne de départ avec un petit quart d’heure de retard. Rien de rédhibitoire, donc. David Kremer a de son côté eu des problèmes de pilote automatique. Lui aussi a dû rentrer au port. Il a finalement coupé la ligne 1h30 après le reste de la flotte.

Retour au port pour Amélie Grassi, Marie Gendron

Deux navigatrices ont fait les frais de cette entame soutenue. Amélie Grassi (5e de la première étape en série) a endommagé son bout-dehors. Marie Gendron (4e de la première étape en proto) a signalé divers soucis techniques. Elles vont rentrer à la marina de Las Palmas de Gran Canaria où elles sont attendues dans la soirée. On en saura alors plus sur leurs intentions. Quant au Russe Fedor Druzhinin, il rencontre un problème de girouette qu’il tente de régler en s’abritant à la côte.
-----------------------

Dernières réactions des marins avant le départ de la deuxième étape :

Axel Tréhin (proto, vainqueur de la première étape)
« Cela fait quasiment deux ans et demi que je prépare cette deuxième étape où tout va se jouer. La situation météo est plutôt agréable. On va tout faire au portant, en allant assez vite. Il va falloir être dedans d’entrée de jeu et continuer à mettre du rythme derrière, ne pas lâcher l’affaire quand il y aura des petites galères. A l’attaque jusqu’au bout ! en début de course, il s’agira essentiellement de savoir combien on met de Sud avant de faire route à l’Ouest. »

Andrea Pawlotzki (série, 51e de la première étape)
« Il y a un peu de tension mais j’ai envie d’y aller. Si je n’étais pas là je serais peut-être dans un bureau enfermé toute la journée devant l’ordi. Mais au lieu de ça, je m’apprête à faire un truc exceptionnel alors forcément je suis heureux. J’ai déjà traversé l’Atlantique une fois, je vois plus ou moins ce qu’il va se passer. Mais c’est la première fois en solitaire et en course. J’aime être longtemps en mer, il y a beaucoup d’introspection et de réflexion. »

Masa Suzuki (série, 34e de la première étape)
« Avant la première étape j’avais un peu peur. Mais le fait d’avoir terminé en sécurité me rassure. Boucler une transatlantique est l’un de mes plus grands rêves. Ce sera ma plus grande navigation, je n’ai jamais navigué plus de dix jours consécutifs en solitaire. Finir serait déjà une victoire. »

Clément Machetel (série, 49e de la première étape)
« Je ne peux pas faire pire que sur la première étape qui n’a pas du tout été concluante pour moi. Je pars avec l’envie de bien faire, de me rattraper et j’espère que le matériel va suivre. La priorité est de se mettre rapidement dans le rythme, de ne pas lâcher les copains, de trouver le bon tempo. »

Nicolas Barriquand (série, 40e de la première étape)
« Ça va être une énorme découverte, on a une chance incroyable. Pour faire descendre la pression, je me dis que je vais faire un joli petit tour de bateau, un peu plus long que d’habitude. Je suis un peu déçu de mon classement sur la première étape et j’aimerais remonter une petite dizaine de places, et aussi ne pas me faire rattraper par les copains derrière. »

Mini Transat
Course au large
Ajouter un commentaire...

Publicité