Charlie Dalin, un tour du monde sous traitement : chronique de son livre, la Force du Destin
Dans un livre sobrement intitulé La force du destin, Charlie Dalin revient sur sa victoire lors du Vendée Globe 2024, remportée alors qu'il suivait un traitement contre un cancer. Un récit personnel sans fioritures, coécrit avec Didier Ravon, qui évite le sensationnalisme tout en levant le voile sur une navigation hors normes.
Le livre suit un déroulé chronologique classique. Dalin y raconte son enfance au Havre, son parcours d'architecte naval, ses premières courses, et bien sûr ses deux participations au Vendée Globe, en 2020 puis en 2024. L'approche est factuelle. On y retrouve la voix d'un navigateur habitué à décrypter les situations complexes plutôt qu'à se livrer intimement. Sur ce plan cette retenue peut frustrer un peu le lecteur qui aimerait entrer plus dans l'intimité d'une préparation à un tour du monde.
La plume de Didier Ravon, journaliste de la presse nautique, sert le propos sans l'alourdir. Les lecteurs familiers de la course au large apprendront quelques détails sur la gestion du sommeil ou l'optimisation du bateau. Ceux qui s'attendent à une plongée dans l'émotion brute resteront sur leur faim. A l'image du marin, il ne se libère pas de sa timidité dans ce livre.
Le cancer en fil rouge, discret mais omniprésent
Charlie Dalin révèle dans ce livre qu'il a pris le départ du Vendée Globe tout en suivant un traitement d'immunothérapie contre une tumeur intestinale. La maladie n'est jamais mise au centre du récit, même si elle le structure en creux. Une alarme quotidienne pour prendre son comprimé. Une gestion plus rigoureuse du repos. Un corps à surveiller, à ménager.
La pudeur du skipper est palpable. Pas de mise en scène de la souffrance, pas de pathos. Juste un constat : oui, il a couru diminué. Oui, il a gagné. Et cela suffit à dire l'essentiel.
Le cœur du récit (la seconde partie du livre), ce sont ces 64 jours de course autour du monde de son second Vendée Globe. Dalin y détaille ses options de navigation, ses rapports avec les autres concurrents, ses décisions prises dans les mers du Sud, notamment ce passage clé dans l'océan Indien où il choisit d'anticiper une grosse dépression. Il file alors seul, quand beaucoup cherchent l'évitement. Un choix audacieux qui ne sera pas aussi paynat que voulu.
Quand il raconte sa course, son duel avec Yoan Richomme, le marin ne parle plus de sa maladie. C'est sans doute là qu'apparait vraiment la mentalité de cette "machine" à gagner les oucrses. Et c'est peut-être là que le livre est le plus convaincant.
Il faut aller à la dernière phrase pour lire que Charlie Dalin ne cherche qu'à inspirer, qu'il témoigne : "Loin de moi de vouloir jouer les héros, mais il faut toujours croire en ses rêves, persévérer, et surtout ne laisser personne dire que c'est impossible ! La preuve."
La force du destin n'est donc pas un récit de résilience formaté, mais un journal de bord discret, à la voix posée. Hélas parfois un peu trop.
Editions Gallimard
14 x 20,5 cm
208 pages
20,00 €
La pudeur du skipper est palpable. Pas de mise en scène de la souffrance, pas de pathos. Juste un constat : oui, il a couru diminué. Oui, il a gagné. Et cela suffit à dire l'essentiel.
Un Vendée Globe mené comme une échappée tactique
Le cœur du récit (la seconde partie du livre), ce sont ces 64 jours de course autour du monde de son second Vendée Globe. Dalin y détaille ses options de navigation, ses rapports avec les autres concurrents, ses décisions prises dans les mers du Sud, notamment ce passage clé dans l'océan Indien où il choisit d'anticiper une grosse dépression. Il file alors seul, quand beaucoup cherchent l'évitement. Un choix audacieux qui ne sera pas aussi paynat que voulu.
Quand il raconte sa course, son duel avec Yoan Richomme, le marin ne parle plus de sa maladie. C'est sans doute là qu'apparait vraiment la mentalité de cette "machine" à gagner les oucrses. Et c'est peut-être là que le livre est le plus convaincant.
Un témoignage qui refuse le statut de modèle
Il faut aller à la dernière phrase pour lire que Charlie Dalin ne cherche qu'à inspirer, qu'il témoigne : "Loin de moi de vouloir jouer les héros, mais il faut toujours croire en ses rêves, persévérer, et surtout ne laisser personne dire que c'est impossible ! La preuve."
La force du destin n'est donc pas un récit de résilience formaté, mais un journal de bord discret, à la voix posée. Hélas parfois un peu trop.
Charlie Dalin - La force du destin par Charlie Dalin avec Didier Ravon
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