Les Voiles de Saint-Tropez 2026 se sont achevées après une semaine de régates très disputées. Jethou s'impose chez les Maxis, Svea domine les Classe J et Olympian remporte le Trophée Rolex. Chez les Modernes, Spirit of Lorina s'adjuge le Trophée BMW.

Jethou résiste aux nouveaux Maxis

Le résultat le plus instructif de cette édition 2026 vient probablement de la flotte des Maxis. Jethou, plan Judel/Vrolijk appartenant à Sir Peter Ogden, remporte le Trophée Edmond de Rothschild en Maxi 1 au terme d'une semaine pendant laquelle plusieurs bateaux pouvaient prétendre à la victoire.

Ce succès n'avait rien d'évident. Le bateau date de 2012 et avait été conçu à l'origine comme un 72 pieds avant d'être rallongé à 77 pieds. Face à lui se trouvaient des Maxis beaucoup plus récents, dont NorthStar III, arrivé à Saint-Tropez après sa victoire au championnat du monde de Porto Cervo.

Dès les premières manches, NorthStar III avait d'ailleurs attiré l'attention. Le 76 pieds dessiné par Judel/Vrolijk associe une quille pendulaire, un mât rotatif et un plan de pont particulièrement dégagé. L'équipe exploite sa quille avec un angle réduit, de l'ordre de 10 à 15 degrés selon les informations fournies pendant l'épreuve, pour conserver un bon plan antidérive tout en limitant la traînée.
Dans les petits airs et sur les parcours banane, la formule a fonctionné. Le bateau s'est même imposé en temps réel face à des Maxis plus grands dans 15 à 20 nœuds, performance remarquable pour une unité de 76 pieds.
Sur le côtier de 28 milles disputé en fin de semaine, NorthStar III a davantage souffert, tandis que le Wallycento V revenait dans le match. Jethou, lui, est resté suffisamment régulier pour arriver à la dernière journée à égalité de points avec V, avant de gagner l'ultime parcours côtier et le classement général.
Un Maxi de 2012 encore capable de gagner
La victoire de Jethou est d'autant plus ...
... intéressante que son âge aurait pu le reléguer derrière les prototypes récents.
Depuis son lancement, le bateau a évolué. Sa longueur a changé, son plan de voilure a été travaillé et ses appendices ont été régulièrement optimisés. La plateforme de 2012 n'est donc plus exactement celle de ses débuts.
Dans une flotte où les budgets permettent des développements continus, la date de lancement ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un Maxi ancien peut rester compétitif lorsqu'il bénéficie d'un programme d'évolution cohérent et d'un équipage qui connaît parfaitement son fonctionnement.
C'est probablement l'un des enseignements de cette édition. L'arrivée de NorthStar III montre une nouvelle voie technique, tournée vers la légèreté, l'aérodynamique et la réduction de la traînée. La victoire de Jethou rappelle en parallèle que la maturité d'une plateforme reste déterminante lorsque les conditions et les formats de course varient.
Le Wallycento V, tenant du titre, termine également la saison avec l'IMA Mediterranean Maxi Inshore Challenge 2026, classement établi sur plusieurs rendez-vous méditerranéens. Il n'a cependant pas réussi le doublé à Saint-Tropez.
En Maxi 2, Lyra prend finalement l'avantage sur Twin Soul B. En Maxi 3, Why Not sort vainqueur de son duel avec Yoru, tandis que Blue Oyster domine les Maxi 4.
Svea prend l'avantage dans le retour des Classe J
Trois Classe J réunis sur un même plan d'eau constituent déjà un événement. À Saint-Tropez, Svea, Rainbow et Hanuman ont surtout montré qu'il restait possible de régater réellement avec ces géants et pas simplement de les faire défiler devant le public.
Les premières manches avaient pourtant laissé le classement très ouvert. Svea remporte la première course devant Rainbow. Après une avarie de hook de génois sur le bateau suédois, Rainbow puis Hanuman prennent chacun une manche. À ce stade, trois courses avaient produit trois vainqueurs différents. La compétition s'est ensuite progressivement resserrée.
Sur certains bords de près, les équipages ont multiplié les virements comme dans un véritable match race. Ces manœuvres prennent une dimension différente sur des bateaux de cette taille, avec une trentaine d'équipiers et des spinnakers annoncés autour de 600 m².
Svea a finalement fait parler son expérience. Construit en 2017 à partir d'un dessin de Tore Holm retrouvé dans les archives de l'architecte suédois, le bateau remporte trois des six courses qu'il termine et gagne la semaine devant Rainbow et Hanuman. Le résultat n'a pourtant rien d'une domination sans opposition. Tony Rey, tacticien de Svea, souligne au contraire que les écarts avec les deux autres bateaux se sont réduits au fil des courses.
Olympian gagne le duel des P Class
Chez les yachts de Tradition, le Trophée Rolex 2026 avait été attribué aux quatre P Class engagés.
L'affrontement a rapidement tourné au duel entre Olympian et Chips. Pourtant, Olympian avait commencé sa semaine avec un handicap important en écopant d'une pénalité lors de la première manche.
Le bateau a ensuite réagi avec deux victoires consécutives et s'est retrouvé en mesure de jouer le classement général lors de la dernière journée.
Le combat est allé jusqu'aux manœuvres de contrôle direct, avec feintes de virements et logique de match race entre deux bateaux aux performances proches. Olympian, plan William Gardner appartenant à Philippe Oddo, remporte finalement le Trophée Rolex.
La victoire met aussi en évidence l'intérêt sportif de ces bateaux historiques lorsqu'ils sont regroupés dans une flotte homogène. Les P Class ne sont pas seulement remarquables par leurs gréements auriques et leur histoire. Leur proximité de performance permet une vraie confrontation tactique.
Le reste de la flotte classique a également livré plusieurs résultats significatifs. Elena of London s'impose chez les Big, Tuiga, barré par Jimmy Spithill, gagne en Grand Tradition, tandis que Kismet domine les Époque Aurique avec trois victoires sur quatre manches.
Chez les IOR, Il Moro di Venezia, vainqueur en 2025, cède sa place au One Tonner Resolute Salmon. Et dans la flotte des 12 Metre, Kiwi Magic termine à égalité de points avec French Kiss, mais l'emporte grâce à ses deux victoires de manche.
Spirit of Lorina gagne chez les Modernes
Dans la flotte IRC, l'un des classements les plus disputés concernait les IRC 0, engagés pour le Trophée BMW.
La catégorie réunissait notamment plusieurs TP52, le Carkeek Daguet 5, des Botin 44 ainsi que des Wallyrocket 51. Le mélange de tailles et d'architectures rendait le temps compensé déterminant.
Spirit of Lorina a construit sa victoire sur la régularité. Ce TP52 dessiné par Botin date lui aussi de 2012. Ancien Azzurra, il était exploité pour sa première saison par l'équipe de Jean-Pierre Barjon et Marcelo Pica. Très vite, le bateau s'est installé aux avant-postes et a évité les gros résultats pénalisants qui peuvent ruiner une série IRC.
Lors de la dernière journée, Nanoq prend un excellent départ mais Spirit of Lorina sécurise le Trophée BMW en terminant deuxième derrière le Wallyrocket 51 Kilara 2. Interlodge IV, Botin 44 barré par sa propriétaire Gwen Fragomen, se glisse à la deuxième place du classement général devant Nanoq.
Là encore, le résultat montre que la longueur et la nouveauté ne suffisent pas. Dans une flotte au rating, la capacité à naviguer proprement et régulièrement compte autant que la vitesse brute.
Lisa R gagne en IRC 1, J Wow en IRC 2, le Farr 30 Topas en IRC 3 et le Sun Fast 3200 Overdose Neo en IRC 4.
Les Voiles restent aussi les héritières de la Nioulargue
Réduire les Voiles de Saint-Tropez à leur classement final ferait pourtant manquer une partie de leur singularité.
Le jeudi reste réservé aux Défis, dans la tradition instaurée par la Nioulargue. Les équipages choisissent leurs adversaires et s'affrontent sur des courses beaucoup plus informelles que les régates du championnat.
Cette année, Hallowe'en, qui fête son centenaire, a notamment défié Mariella dans la Club 55 Yacht Cup et remporté leur duel. Dix-huit voiliers centenaires ont également disputé le Trophée des Centenaires, organisé sous la forme d'une poursuite avec départs décalés en fonction du rating. Kismet l'a emporté, pour la deuxième fois après sa victoire de 2022.
La veille, le Wallycento Tilakkhana II avait battu le Maxi GP Balthazar dans la Club 55 Maxi Yachts Cup, courue en temps réel.
Ces rencontres ont peu d'incidence sur les grands classements, mais beaucoup sur l'identité de l'événement. Elles font cohabiter régate de haut niveau et culture du défi entre propriétaires, deux mondes qui ne se croisent plus toujours ailleurs.
Des anciens aux prototypes, plusieurs façons d'aller vite
Au terme de la semaine, les Voiles de Saint-Tropez 2026 n'ont donc pas consacré une seule école de performance.
NorthStar III a montré ce qu'un Maxi récent, léger et travaillé sur le plan aérodynamique pouvait produire dans certaines conditions. Jethou a répondu par sa polyvalence et plus d'une décennie d'optimisation.
Chez les Classe J, Svea a transformé l'expérience accumulée depuis son lancement en avantage sportif, sans parvenir pour autant à distancer définitivement Rainbow et Hanuman. Chez les Modernes, un TP52 de 2012 a encore trouvé les moyens de gagner une classe IRC très relevée.
Et au milieu de ces machines optimisées au dixième de nœud, des voiliers centenaires ont continué à se battre à coups de virements et de secondes en temps compensé.
C'est probablement là que les Voiles de Saint-Tropez conservent leur intérêt sportif. Elles ne mettent pas seulement côte à côte différentes générations de voiliers. Elles montrent, pendant une semaine, que chacune possède encore sa propre manière de régater.
Depuis son lancement, le bateau a évolué. Sa longueur a changé, son plan de voilure a été travaillé et ses appendices ont été régulièrement optimisés. La plateforme de 2012 n'est donc plus exactement celle de ses débuts.
Dans une flotte où les budgets permettent des développements continus, la date de lancement ne raconte qu'une partie de l'histoire. Un Maxi ancien peut rester compétitif lorsqu'il bénéficie d'un programme d'évolution cohérent et d'un équipage qui connaît parfaitement son fonctionnement.

C'est probablement l'un des enseignements de cette édition. L'arrivée de NorthStar III montre une nouvelle voie technique, tournée vers la légèreté, l'aérodynamique et la réduction de la traînée. La victoire de Jethou rappelle en parallèle que la maturité d'une plateforme reste déterminante lorsque les conditions et les formats de course varient.
Le Wallycento V, tenant du titre, termine également la saison avec l'IMA Mediterranean Maxi Inshore Challenge 2026, classement établi sur plusieurs rendez-vous méditerranéens. Il n'a cependant pas réussi le doublé à Saint-Tropez.
En Maxi 2, Lyra prend finalement l'avantage sur Twin Soul B. En Maxi 3, Why Not sort vainqueur de son duel avec Yoru, tandis que Blue Oyster domine les Maxi 4.
Svea prend l'avantage dans le retour des Classe J
Trois Classe J réunis sur un même plan d'eau constituent déjà un événement. À Saint-Tropez, Svea, Rainbow et Hanuman ont surtout montré qu'il restait possible de régater réellement avec ces géants et pas simplement de les faire défiler devant le public.
Les premières manches avaient pourtant laissé le classement très ouvert. Svea remporte la première course devant Rainbow. Après une avarie de hook de génois sur le bateau suédois, Rainbow puis Hanuman prennent chacun une manche. À ce stade, trois courses avaient produit trois vainqueurs différents. La compétition s'est ensuite progressivement resserrée.

Sur certains bords de près, les équipages ont multiplié les virements comme dans un véritable match race. Ces manœuvres prennent une dimension différente sur des bateaux de cette taille, avec une trentaine d'équipiers et des spinnakers annoncés autour de 600 m².
Svea a finalement fait parler son expérience. Construit en 2017 à partir d'un dessin de Tore Holm retrouvé dans les archives de l'architecte suédois, le bateau remporte trois des six courses qu'il termine et gagne la semaine devant Rainbow et Hanuman. Le résultat n'a pourtant rien d'une domination sans opposition. Tony Rey, tacticien de Svea, souligne au contraire que les écarts avec les deux autres bateaux se sont réduits au fil des courses.
Olympian gagne le duel des P Class
Chez les yachts de Tradition, le Trophée Rolex 2026 avait été attribué aux quatre P Class engagés.

L'affrontement a rapidement tourné au duel entre Olympian et Chips. Pourtant, Olympian avait commencé sa semaine avec un handicap important en écopant d'une pénalité lors de la première manche.
Le bateau a ensuite réagi avec deux victoires consécutives et s'est retrouvé en mesure de jouer le classement général lors de la dernière journée.

Le combat est allé jusqu'aux manœuvres de contrôle direct, avec feintes de virements et logique de match race entre deux bateaux aux performances proches. Olympian, plan William Gardner appartenant à Philippe Oddo, remporte finalement le Trophée Rolex.
La victoire met aussi en évidence l'intérêt sportif de ces bateaux historiques lorsqu'ils sont regroupés dans une flotte homogène. Les P Class ne sont pas seulement remarquables par leurs gréements auriques et leur histoire. Leur proximité de performance permet une vraie confrontation tactique.

Le reste de la flotte classique a également livré plusieurs résultats significatifs. Elena of London s'impose chez les Big, Tuiga, barré par Jimmy Spithill, gagne en Grand Tradition, tandis que Kismet domine les Époque Aurique avec trois victoires sur quatre manches.

Chez les IOR, Il Moro di Venezia, vainqueur en 2025, cède sa place au One Tonner Resolute Salmon. Et dans la flotte des 12 Metre, Kiwi Magic termine à égalité de points avec French Kiss, mais l'emporte grâce à ses deux victoires de manche.
Spirit of Lorina gagne chez les Modernes
Dans la flotte IRC, l'un des classements les plus disputés concernait les IRC 0, engagés pour le Trophée BMW.
La catégorie réunissait notamment plusieurs TP52, le Carkeek Daguet 5, des Botin 44 ainsi que des Wallyrocket 51. Le mélange de tailles et d'architectures rendait le temps compensé déterminant.

Spirit of Lorina a construit sa victoire sur la régularité. Ce TP52 dessiné par Botin date lui aussi de 2012. Ancien Azzurra, il était exploité pour sa première saison par l'équipe de Jean-Pierre Barjon et Marcelo Pica. Très vite, le bateau s'est installé aux avant-postes et a évité les gros résultats pénalisants qui peuvent ruiner une série IRC.
Lors de la dernière journée, Nanoq prend un excellent départ mais Spirit of Lorina sécurise le Trophée BMW en terminant deuxième derrière le Wallyrocket 51 Kilara 2. Interlodge IV, Botin 44 barré par sa propriétaire Gwen Fragomen, se glisse à la deuxième place du classement général devant Nanoq.
Là encore, le résultat montre que la longueur et la nouveauté ne suffisent pas. Dans une flotte au rating, la capacité à naviguer proprement et régulièrement compte autant que la vitesse brute.

Lisa R gagne en IRC 1, J Wow en IRC 2, le Farr 30 Topas en IRC 3 et le Sun Fast 3200 Overdose Neo en IRC 4.

Les Voiles restent aussi les héritières de la Nioulargue
Réduire les Voiles de Saint-Tropez à leur classement final ferait pourtant manquer une partie de leur singularité.
Le jeudi reste réservé aux Défis, dans la tradition instaurée par la Nioulargue. Les équipages choisissent leurs adversaires et s'affrontent sur des courses beaucoup plus informelles que les régates du championnat.
Cette année, Hallowe'en, qui fête son centenaire, a notamment défié Mariella dans la Club 55 Yacht Cup et remporté leur duel. Dix-huit voiliers centenaires ont également disputé le Trophée des Centenaires, organisé sous la forme d'une poursuite avec départs décalés en fonction du rating. Kismet l'a emporté, pour la deuxième fois après sa victoire de 2022.

La veille, le Wallycento Tilakkhana II avait battu le Maxi GP Balthazar dans la Club 55 Maxi Yachts Cup, courue en temps réel.

Ces rencontres ont peu d'incidence sur les grands classements, mais beaucoup sur l'identité de l'événement. Elles font cohabiter régate de haut niveau et culture du défi entre propriétaires, deux mondes qui ne se croisent plus toujours ailleurs.
Des anciens aux prototypes, plusieurs façons d'aller vite

Au terme de la semaine, les Voiles de Saint-Tropez 2026 n'ont donc pas consacré une seule école de performance.

NorthStar III a montré ce qu'un Maxi récent, léger et travaillé sur le plan aérodynamique pouvait produire dans certaines conditions. Jethou a répondu par sa polyvalence et plus d'une décennie d'optimisation.

Chez les Classe J, Svea a transformé l'expérience accumulée depuis son lancement en avantage sportif, sans parvenir pour autant à distancer définitivement Rainbow et Hanuman. Chez les Modernes, un TP52 de 2012 a encore trouvé les moyens de gagner une classe IRC très relevée.

Et au milieu de ces machines optimisées au dixième de nœud, des voiliers centenaires ont continué à se battre à coups de virements et de secondes en temps compensé.

C'est probablement là que les Voiles de Saint-Tropez conservent leur intérêt sportif. Elles ne mettent pas seulement côte à côte différentes générations de voiliers. Elles montrent, pendant une semaine, que chacune possède encore sa propre manière de régater.


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