590 Lanaverre, un grand 420 à cabine pour se promener et régater

Carène bien pleine mais poids plume, le grand frère du 420 ne fait pas son âge ! © Emmanuel van Deth

Comment bien choisir son bateau d’occasion ? Cette semaine, le 590. Régatez à son bord et vous comprendrez tout de suite le potentiel surprenant de cette petite coque de noix qui ne pèse rien. Planning sauvage garanti !

  • Prix : 2 000 à 4 500 euros
  • Construit de 1963 à 1980 à 800 exemplaires par le chantier Lanaverre, 3 exemplaires en 2002

 

Les voiliers vintage se portent bien ! Ne sont-ils pas un clin d’œil aux années insouciantes de nos parents (ou grands-parents), avec un budget riquiqui en prime ? Le 590 correspond plus que jamais au fameux adage "petit bateau, petits soucis". Il n’est pas cher, sa remise en état et son entretien sont à la portée de n’importe quelle boite à outils et du bonhomme qui va avec. Quant à sa mise en œuvre, elle est on ne peut plus simple.

Un plan typique de Christian Maury

 

Cette étrave bien pleine, ce nez camus et ce délicat tableau arrière sont bien sûr signés Christian Maury, l’architecte du mythique 420, le dériveur léger à caissons ronds sur lequel nombre d’entre nous ont tiré quelques bords… Beaucoup de volume devant, moins derrière, voilà un dessin un brin daté – quoique, on y revient, semble-t-il. En tous cas le 590 marche comme un avion à toutes les allures.

Petit bolide sans complexe

En dépit de son plan anti dérive rustique – la dérive est une simple tôle métallique – il cape à 45° du vent réel sans déraper et s’accommode plutôt bien du clapot. Au portant, il s’offre des longues glissades sous spi à plus de 12 nœuds !C’est un peu comme un Open 570… mais conçu il y a plus d’un demi-siècle ! Evidemment, l’équipage doit pratiquer un rappel énergique pour tenir le bateau dans ses lignes. Un trapèze est même prévu, mais on ne peut l’utiliser, au grand dam des aficionados de la série, lors des régates Handicap National.

Des évolutions au cours de la production

Pendant les 17 ans de production, le 590 a évolué. La transformation la plus notable et le passage des caissons ronds – assimilés à une pratique sportive – à des banquettes carrées, plus typées croisière. Pas de différence sur l’eau, mais la construction avec emboitage du pont et renfort grâce à une lisse de bois des premiers modèles laisse place à un simple agrafage et collage des deux lèvres pour les nouveaux…

Une association dynamique

Porté depuis 1965 par une association dynamique, le 590 a donc depuis très longtemps connu une activité régatière conviviale, principalement concentrée sur le Bassin d’Arcachon et les grands lacs aquitains. A la fin des années 1990, le niveau progresse. Les bateaux sont mieux préparés, allégés, accastillés. Les premières voiles mylar sont apparaissent en 1999. En 2000, de nombreuses unités ne respectent plus les cotes d’origine et un premier 590 adopte des bas-haubans rentrés. Conséquence logique : une jauge stricte – mais évolutive – est édictée en 2001. L’AS 590 monte en puissance, rassemble 180 membres et régulièrement une trentaine de bateaux sur l’eau. Le 590 est dans la foulée reconnue série FFV.

Un voilier optimisé pour aller plus vite

Les gréements, bien plus tendus, ne tiennent plus la pression : les mâts tombent sur le pont. Les barres de flèches passent alors de 50 à 80 cm et une épontille reprend les efforts à l’intérieur de la cabine. Sinon, le rouf s’affaisse… Les bas-haubans sont donc rentrés pour mieux border le génois – désormais sur emmagasineur - et assurer un meilleur cap.

L’accastillage, libre, est digne des meilleurs croiseurs modernes avec avaleur de spi – au départ, un simple seau coupé - tangon automatique, barre d’écoute avec tourelle, point d’écoute de génois réglable en 3D et bien sûr piano. Mais les cotes de voiles respectent le plan original et les tissus les plus coûteux restent interdits.

Navigation à l’ancienne

 

Nul besoin de béquilles quand l’eau se retire de la zone de corps morts. Le bateau gîte légèrement et s’appuie sans forcer sur le bordé. Ceux qui veulent dormir à peu près à plat (ils ne sont pas nombreux, le confort est ici très sommaire) se contentent de glisser de part et d’autre du saumon des engins flottants…

Le 590, c’est l’école de la débrouille, on navigue à l’ancienne, sans moteur, un œil sur l’annuaire des marées, l’autre sur la météo, histoire d’être certain que le vent ne va pas vous lâcher loin de votre club de voile. Une manière assez jouissive de se passer des infrastructures portuaires et du confort moderne… 

 

Le diagnostic de Bateaux.com

Le programme du 590 est assez large, de la promenade à la journée à la régate en HN. Si vous voulez vous frottez à la monotypie, c’est en Gironde que ça se passe. C’est le parfait voilier sans problèmes. On l’oublie l’hiver sur sa remorque, les voiles ne coûtent pas cher et tout l’entretien peut être assuré sans faire appel à un chantier. Et pour ne rien gâter, il est excitant sur l’eau !

Les avantages

  • Performances étonnantes dans toutes les conditions
  • Immense cockpit
  • Prix et budget de fonctionnement réduit

 Les inconvénients

  • Le saumon interdit l’échouage à plat – sauf callé avec des engins flottants…
  • Sportif par bonne brise
  • Optimisation indispensable pour bien figurer en régate

Mais que lui manque-t-il ?

Des fonds plats pour s’échouer… à plat et faciliter encore le transport. Et peut-être des appendices plus soignés. Encore que le 590 se débrouille très bien avec sa dérive et son safran en tôle…

L’équivalent aujourd’hui ?

Le 590 se situe entre les petites luges modernes comme le Django SF 18 et l’indéboulonnable Corsaire. Mais comme ce dernier, il reste très abordable financièrement.

 

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Lanaverre 590, la fiche technique

MarqueLanaverre
ArchitecteChristian Maury et François Sergent
Longueur hors-tout5.95 m
Longueur de coque5.95
Largeur2.05 m
Tirant d'eau1.25 m
Catégorie CED
Nombre de passagers6
Déplacement lège550 kg
Surface de voilure au près18 m2
Voir la fiche technique du Lanaverre 590