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Descente express !

Ils ne sont partis qu’hier, et les quatre Ultims de Brest Atlantiques croisent déjà au large de Gibraltar… Cette nuit, ils doubleront Madère. C’est exceptionnel. Exceptionnelles aussi, les conditions météo très rudes des premières heures de course. Pour y faire face, le duo Actual Leader s’était fixé une ligne de conduite prudente et s’y est scrupuleusement tenu. Aujourd’hui, la mer s’est calmée, le vent aussi : Yves et Alex sont désormais en mode course.

Dans un message envoyé ce matin, Ronan Gladu, le médiaman du bord raconte avec humour le rythme adopté à bord de l’Ultim Actual Leader après 24h de course : « Hier, après avoir passé le plateau continental, c’est devenu les montagnes russes : le bateau était à 25 nds en haut de crête, 38 nds en bas de la descente ! Toujours avec 2 ris dans la grand-voile, seule ! Heureusement, ça va vite, très vite un Ultim ! En 10 heures on était au cap Finisterre et, 24h plus tard, c’est déjà le Portugal ! La mer s’est calmée, mais du coup Yves et Alex accélèrent de plus en plus : maintenant, c’est 33 nds dans les montées, 40 nds dans les descentes ! » Le décor est planté. C’est parti pour trois semaines

Des conditions vraiment rudes
Hier, Yves Le Blevec et Alex Pella, afin de composer en bons marins avec les 6 mètres de creux et les 30 nœuds établis qui soufflaient dans le golfe de Gascogne, s’étaient fixé une ligne de conduite axée sur la prudence, à laquelle ils n’ont pas dérogé. « Yves et Alex ont respecté la feuille de route qu’ils avaient établie avant le départ, à savoir naviguer prudemment, sans se laisser influencer par le rythme des autres concurrents », explique Ronan Deshayes, directeur technique. Les conditions rencontrées hier, surtout sur les toutes premières heures d’une course, s e sont en effet révélées vraiment rudes pour le matériel et les marins, et elles furent particulièrement instables à l’approche du cap Finisterre… comme le confirmait Yves ce matin : « nous sommes arrivés à 22h30 à La Corogne ce qui était vraiment pas mal ! Nous n'avons pas trop attaqué, il y avait beaucoup de mer, ça limitait la vitesse. Le vent était instable. Sous un grain, c’est même passé de 5 à 25 nds, sous une pluie battante, je venais d’envoyer le J2, il a fallu tout choquer… »!

Un schéma météo idéal Aujourd’hui, la course a repris ses droits. Les 4 Ultims sont en train de contourner l’anticyclone des Açores dans son Est. Dans les heures à venir, la brise, faiblissante, va s’orienter au Nord. Les duos vont alors empanner (changer d’amure) pour ne pas entrer dans les calmes de ces basses pressions. Cette manœuvre devrait avoir lieu cette nuit, dans le nord de Madère. Ensuite, ils seront déjà aux portes des alizés… « C’est la seule manœuvre qu’ils devraient avoir à faire jusqu’au Pot au Noir ! Ca va aller très vite… C’est un schéma météo idéal ! », confirme Rona n Deshayes. Ce scénario de rêve, il a fallu aller le chercher. Mais, désormais, à la barre d’un Ultim Actual Leader à 100% de son potentiel, Yves et Alex vont pouvoir donner le meilleur de leur géant.___________________________________________Retour sur ces exceptionnelles premières 24h de Brest Atlantiques, à bord de ces « guerriers géants presque nus », racontées avec humour et franchise par Ronan Gladu :
« Le départ de Brest de bon matin était plutôt agréable : dire au revoir à la maison, aux amis, la famille, sous les applaudissements… et surtout entouré du Team Actual Leader : tous au taquet, super pros, et dans la bonne humeur, comme d’habitude ! A l’abri de la rade, entouré de tous ces marins, ce n’était que du bonheur. Puis on a commencé à « larguer » des équipiers, à mesure qu’on sortait du goulet, tout en accélérant, pendant que le vent rentrait, la houle aussi… pour se retrouver uniquement tous les trois au phare du Petit Minou, hors de la rade. Deux ris dans la grand-voile, sans voile d’avant, même configuration pour les quatre concurrents… cela donnait encore plus des allures de guerrier à ces géants, presque nus. Plus on s’approchait de la ligne (bien au large de l’ile de Sein), plus la houle gonflait, la mer devenait blanche et nos derniers accompagnateurs faisaient demi-tour…C’était très impressionnant de voir les autres Ultim se faire balader comme des jouets au milieu de la mer déchaînée. Heureusement, Yves et Alex avaient l’air détendu : les mers blanches et la houle massive du large, ils connaissent ! Alex faisait des petits bons et cris de bonheur à l’idée d’être enfin parti et Yves était bien concentré à la barre, sourire aux lèvres ! J’ai d’abord profité de cette euphorie pour faire des images tant bien que mal, mais j'étais vite stressé par les surfs du bateau, de 32m de long… et, surtout, le haut de crête des vagues qui partait en grosse mousse…Et nous avons passé le plateau continental… Là, c’est devenu les montagnes russes : 25 nds en haut de crête, 38 nds en bas de la descente ! Toujours avec 2 ris dans la grand-voile, seule !Heureusement, ça va vite, très vite un Ultim ! En 10 heures on était au cap Finisterre et, 24h plus tard, c’est déjà le Portugal ! La mer s’est calmée, mais du coup Yves et Alex accélèrent de plus en plus : maintenant, c’est 33 nds dans les montées, 40 nds dans les descentes ! »

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