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Solitaire du Figaro. Tout a commencé à partir en vrille lorsque la brise s’est retirée du jeu sous les coups de minuit : le gros de la flotte décalée au large, s’est retrouvé englué dans un trou de vent tandis que les quatre solitaires longeant la terre, progressaient encore contre la marée descendante. Au lever du jour, la porte de sortie était du côté de… la Manche !Il ne faut jamais dire jamais ! Napoléon III le déclara sans ambages. Alors en ce début de lundi où le vent s’était mis aux abonnés absents, où la brise fut partie, où l’air s’était déclaré en RTT, le peloton regardait abasourdi, le remake de l’étape précédente. Mais au lieu des trois mousquetaires échappés d’Aurigny, ce fut un quartet qui vint prendre la poudre d’escampette le long des rives du Devon. Sous la houlette d’Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur) et de Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Eric Delamare (Enjoy to sail) et Tom Dolan (Smurfit-Kappa) glissaient lentement mais sûrement de l’autre côté de la pointe de Start Point, poussés par le courant montant depuis 4h00.

Certes leur progression depuis la baie de Plymouth fut souvent laborieuse, mais au milieu de la Manche, le peloton était encore moins à la fête dans un magma sans nom qui ne permettait même pas de mouiller par plus de 70 mètres de fond… Englués comme des mouches dans un ruban à glu, l’arrêt dura suffisamment pour permettre au quatuor plus au Nord de contourner ce cap et de piquer vers l’île de Wight, quand les leaders d’avant ayant entraînés dans leur sillage le gros de la troupe, devaient désormais composer avec le DST des Casquets, celui-là même qui avait provoqué (entre autres) tant de tracas lors de la troisième étape.



Au lever du jour
Combien de temps cet engluement allait-t-il durer ? C’était bien la question que se posaient les tenants de la route du large qui espéraient l’arrivée de la nouvelle brise d’Ouest avant le lever du jour… Or à l’heure d’un croissant de lune qui dardait enfin ses maigres reflets sur une mer d’huile, l’air commença à s’ébrouer : une fébrile activité s’empara alors d’un peloton compacté par ce brutal arrêt, et les premiers à bénéficier de cette vibration éolienne furent les plus à l’Ouest. Mais Outre-Manche aussi il y avait du mouvement avec l’inversion de marée qui permettait au quatuor de parer Start Point… Pour un nouveau départ !

Difficile de dire qui a raison ou tort car cette faible brise occidentale ne devrait pas déborder à plus de huit nœuds toute la journée et des bulles de chaleur venues du Sud devraient encore perturber ce nouveau flux maigrichon. La progression vers l’île de Wight s’annonce donc une nouvelle fois laborieuse avec des arrêts ou à tout le moins, des ralentissements sensibles, avec des alternances de courants favorables ou non tout au long de ce chemin de croix, la marée basse à Torquay ayant lieu vers 17h00.


Classement de 5h
1. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) à 279mn de Dieppe
2. Lors Berrehar (Bretagne CMB Performance) à 0,2mn
3. Corentin Douguet (NF Habitat) à 0,5mn
4. Jérémie Beyou (Charal) à 0,7 mn
5. Éric Peron (French Touch) à 0,7mn
6. Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) à 0,8mn
7. Gildas Mahé (Breizh Cola - Equi’Thé) à 0,8mn
8. Morgan Lagravière (Voile d’engagement) à 1,0mn
9. Alexis Loison (Région Normandie) à 1,0mn
10. Sébastien Marsset (Handicap Agir Ensemble) à 1,0mn (*Bizuth)

LES MOTS DU LARGEBenoît HOCHART (Gagner le large)
« C’est un peu compliqué pour moi parce que j’ai perdu mon grand spi la première nuit, là je suis à lutter contre le courant avec le petit spi. J’essaye de voir pour réparer le grand mais c’est impossible. Il est passé sous l’eau dans la quille. Ça s’annonce compliqué sur la fin du parcours dans les petits airs quand on a besoin du spi. Le vent rentre tout doucement on a 10 noeuds d’Ouest donc ça fait plaisir d’avancer après il y a les points à passer à Start Point, le courant vient de s’inverser aussi. Donc il va falloir réussir à passer. Avec un vent d’ouest sur la route directe, ça l’aurait fait, mais là il est plein Est donc on est au louvoyage. Ça aurait été mieux sur la route directe, là il est un peu faible mais on attend que le vent forcisse un petit peu.
Il reste pas mal de temps de parcours, encore avec des grosses zones de molle, un peu délicate où la météo est encore incertaine. Donc voilà, je continue comme ça, je ne me pose pas trop de questions. Je fais avancer le bateau comme je peux avec le petit spi et on verra bien. Mais ça fait bizarre de ne pas avoir de concurrent à côté, d’être tout seul à l’AIS. Se motiver pour faire avancer le bateau, bien le régler et faire de bonnes manoeuvres. »

Cécile Laguette (Éclisse)
« Ce n'est pas terrible, je suis assez fatiguée. Je sens l’accumulation des trois premières étapes qui est là et j’ai envie de dormir beaucoup plus que sur les précédentes. Et je n'ai pas très bien géré le passage du Cap Lizard, j’ai perdu des places et dans la zone de molle qu’on vient de passer j’étais un peu au-dessus et j’ai vu qu’au classement général j’ai bien perdu en places et en milles donc je vais travailler assidument pour remonter tout ça car je ne suis pas contente de moi. Il n’y avait plus de vent du tout. On a un peu fait des graffiti sur la cartographie, mais là ça va. On a 9/10 noeuds donc c’est plutôt agréable. Il y a le DST des casquets, qu’on ne peut pas rentrer dedans donc c’est ça la première chose qu’on vise et après on pourra faire route vers l’île de Wight. J’ai quelques bateaux à vue et quelques dizaines à portée de VHF que je peux voir aussi. J’espère vraiment que ça va se compresser, après les classements qu’ils ont donné, j’ai 9 mn de retard sur les leaders. et seulement 3 mn sur le gros paquet. Là, je travaille à rattraper le gros paquet où il y a juste 3 mn d’écart et ça serait vraiment bien si j’arrive à le faire."

Solitaire du Figaro
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