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Départ grandiose pour Brest Atlantiques

Les quatre trimarans de la Classe Ultim 32/23 ont pris mardi 5 novembre à 11h00 le départ de « Brest Atlantiques », nouvelle course en double de 14 000 milles qui les mènera sans escale à Rio puis Le Cap, avant un retour vers Brest. Après cinq heures de course à 30 nœuds de moyenne, le Trimaran Macif (François Gabart/Gwénolé Gahinet) et le Maxi Edmond de Rothschild (Franck Cammas / Charles Caudrelier) occupaient la tête de la flotte.

Mer blanche et fumante, vents moyens de 28/30 nœuds, avec rafales un peu en dessous de 40, ciel dégagé et belle lumière d’automne, toutes les conditions étaient réunies ce mardi à 11h00 au pied de la Chaussée de Sein pour offrir à « Brest Atlantiques » un départ grandiose, à la hauteur du gigantisme des trimarans de la Classe Ultim 32/23. La veille, compte tenu de la météo musclée annoncée, les huit marins engagés avaient fait part de leur intention de ne « pas faire de bêtises », pour reprendre l’expression de Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild), Yves Le Blevec (Actual Leader) évoquant le « savant dosage à trouver entre sens marin et compétition ». Ils ont tenu parole, tous s’élançant à proximité de l’Occidentale de Sein, tribord amure sous grand-voile arrisée (réduite) et voiles d’avant roulées.

Ce qui ne les a pas empêchés de franchir la ligne de 2,5 milles lancés à près de 30 nœuds, preuve de la puissance de ces trimarans de 32 mètres sur 23, avant d’allonger la foulée une heure plus tard, une fois le J3 (petite voile d’avant) déroulé. « On part pour un mois de mer, ça ne sert à rien de tout casser maintenant, mais en même temps, il ne faut pas rester arrêtés, parce qu’on veut tous aller le plus vite possible, c’est l’éternel dilemme de la course au large », confiait trois heures plus tôt, au moment de quitter le quai Malbert, François Gabart (Trimaran Macif), à la lutte avec le Maxi Edmond de Rothschild en tête de la flotte après quatre heures de mer avalés à 30 nœuds de moyenne.

Les quatre trimarans devraient en terminer entre 23h et minuit avec ce Golfe de Gascogne tant redouté pour ensuite s’offrir « une fabuleuse glissade vers le Brésil », pour reprendre l’expression de Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) au moment de quitter Brest. « Le Cap Finisterre sera déjà une sacrée étape franchie, c’est fou de se dire qu’on sera en Espagne ce soir. Après, ça va être un peu plus détente et on va pouvoir vraiment rentrer dans la performance, ça va être chouette », a confié de son côté Gwénolé Gahinet, Franck Cammas ajoutant : « Vivement ce soir ! On va essayer de sortir indemnes au Cap Finisterre, on pourra ensuite attaquer davantage. »

Le mot du directeur de course, Jacques Caraës : « La mer était délicate au niveau de la Chaussée de Sein, les quatre bateaux sont donc tous partis sous grand-voile seule. Le Trimaran Macif était le plus nord en cap en tout début de course, mais au bout d’une heure, il a déroulé son J3 et s’est recalé vers le Maxi Edmond de Rothschild qui, comme il n’a que deux ris (contre trois pour les trois autres bateaux), était un peu plus toilé. Ces conditions de départ étaient conformes au briefing de la veille, engagées et viriles, mais en 12 heures, les premiers seront au cap Finisterre. Ils devront caler un ou deux empannages avant de filer plein sud, les routages continuant de prévoir un passage de l’équateur en 4 jours et demi pour les plus rapides. »

Patricia Brochard (présidente de la Classe Ultim 32/23) : « Ces jours de départ sont toujours très émouvants, il y a à la fois de la tension et une forme de libération, c’est assez paradoxal. On sait qu’ils vont avoir douze heures assez difficiles pour commencer, avec une mer formée et du vent, ça ajoute un peu à l’émotion. Il y a donc un petit pincement au cœur, mais aussi le plaisir de les voir partir faire ce dont ils rêvent, c’est également une grande joie d’avoir ces quatre bateaux en confrontation sur cette première course que nous avons vraiment voulue, le fait de réussir à faire cette épreuve qui est une grande première en si peu de temps est une belle satisfaction. »

François Cuillandre, maire de Brest : « Brest était jusqu’ici plutôt un port de records, nous souhaitions depuis un certain temps renouer avec la course au large, c’est donc un très grand plaisir et une grande fierté pour Brest de voir Brest Atlantiques s’élancer aujourd’hui. Le village ici a été extraordinaire, il a été extrêmement fréquenté malgré le temps pluvieux, avec beaucoup de gens venus voir ces bateaux magnifiques, les plus beaux et les plus rapides du monde, menés par des marins extraordinaires, je pense qu’il y aura encore beaucoup de monde aux arrivées dans une trentaine de jours. »

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