Il y a 60 ans sur Bateaux : succès du Vaurien et coup de gueule contre le salon nautique

On est en novembre 1959 et la revue Bateaux publie son 18e numéro. Au programme du mensuel, le succès du Vaurien comme monotype de régate impose un renforcement des contrôles jauge, le mode d'emploi pour lire un plan de bateau, "À la barre du Cap-Vert", mais surtout un coup de gueule contre le Salon Nautique.

La Règle du Jeu, par J.-J. Herbulot

Devant le succès croissant des Championnats de France du Vaurien, un dériveur à bouchain construit en 1951 par l'architecte Jean-Jacques Herbulot, ce dernier rappelle l'importance des contrôles de jauge garantissant la conformité des bateaux et de leur équipement.

"Cependant, devant l'intérêt positif que soulève d'années en années le championnat de cette série, il est nécessaire de resserrer de plus en plus les règles et les restrictions d'armement et d'opérer un contrôle de plus en plus strict des éléments mobiles et remplaçables, comme les espars, le safran, la dérive qui pourraient être aisément modifiés, ainsi que des points qui détermine la position et les dimensions du plan de voilure (ferrure d'étai, ferrure de bôme, encoche du banc de mât)."

L'année 1959 marque aussi un tournant dans le développement international de la série. Le comité international des Vauriens a jeté les bases d'un championnat international annuel.

Comment lire un plan de bateau ?

Chaque mois, le magazine Bateaux publie dans la rubrique "A la barre de " un plan de bateau. Mais "pour beaucoup de nos lecteurs, ces plans sont un mystère s'apparentant un peu aux hiéroglyphes égyptiens. Nous allons donc essayer, pour eux, d'éclaircir ce mystère."

On apprend donc dans ce sujet quels sont les différents types de plans et comment les comprendre :

  • Le plan de forme qui est la représentation des formes extérieures du bateau
  • Le plan de voilure qui est une vue de profil
  • Le plan de construction

A la barre du Cap Vert

A la une du mois de novembre 1959, l'essai du Cap Vert, un plan de Jean-Jacques Herbulot, de 1957. Ce bateau de croisière est en quelque sorte le grand frère du Cap Horn. C'est un dériveur lesté de 8 m de longueur hors-tout équipé de quatre à cinq couchettes et gréé en côtre marconi.

Caractéristiques, plans de coupe dessinés, performances, aménagement, accastillage, tarifs, constructeur et avis de la rédaction. L'essai est complet et offre même un tableau comparatif avec deux autres modèles de l'époque, le Bar et le Cotre des Glénans.

Au XXVe Salon Nautique

Dans ce dossier de 6 pages spécial Nautic de Paris, les journalistes se lâchent et c'est d'un ton cinglant qu'ils critiquent vivement le salon parisien qui fête sa 25e édition. On s'amuse des mêmes remarques 60 ans après… Il est sûr qu'à cet époque les éditions font preuve d'une liberté de ton et d'une indépendance d'esprit.

"Pour un plaisancier averti, le premier contact avec le Salon Nautique de 1959 est aussi décevant que celui des dernières années. L'idée majeure des dirigeants est de "vendre du m2"." J'ai tant de m2. J'en ai vendu tant, c'est un succès… et je me désintéresse totalement de ce que les locataires de stand exposent." Cette "politique" de rentabilité" nous amène à la kermesse avec ses stands plus ou moins bien tenus, avec les attractions de foire bruyantes et les hauts parleurs insupportables.

La presse complaisante à l'égard du "Salon" nous avait pourtant promis une amélioration considérable de la présentation "navigation de plaisance". Nous ne l'avons pas trouvé."

Bateaux met en exergue "l'absence des chantiers les plus importants (qui) retire à ce salon tout caractère représentatif de la construction de plaisance à voile."

Il n'y a pas que l'organisation du salon qui fait face à de vives critiques, les chantiers aussi, et surtout les "nouveaux fabricants "spécialistes" qui disparaissent aussi rapidement que des météores… Nous ne pouvons que conseiller à nos lecteurs de s'adresser aux constructeurs connus ayant fait leurs preuves."

Cette 25e édition du "Salon" marque aussi le développement du "plastique" qui vient petit à petit remplacer le bois dans la construction de bateaux. La plaisance est surtout centrée sur les bateaux de régates de grande série, sur lequel un nouvel arrivant se fait vite remarquer : le Finn.

"Il était curieux de constater que, presque en permanence, le seul "Corsaire" réunissait autour de lui un plus grand nombre de visiteurs que l'ensemble des autres bateaux présentés. Quand on se rend compte ainsi de l'attrait qu'exerce la petite croisière sur un grand nombre d'amateurs, il est regrettable que la F.F.Y.V. n'ait pas accueilli de bateaux de croisière de jauge C et même de la classe III. Il est indispensable que l'année prochaine, un effort soit accompli dans ce sens."

Après un autre "coup de gueule" sur l'incompétence des rédacteurs des revues spécialisées dans le nautisme qui "établissent des prix entre bateaux construits par différents chantiers sans mentionner ce que comprend le prix", la revue termine sur une note positive, le net progrès de l'accastillage.

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