Interview / Cyril Dardashti : ”Gitana ne veut pas être bridé et veut garder sa liberté d’évoluer”

Le Gitana Team annonce son retrait du Collectif Ultim. Son directeur nous explique les raisons de ce choix et les conséquences sur la suite du programme du grand trimaran.

Interrogé, Cyril Dardashti, le directeur général de Gitana Team nous explique pourquoi son équipe a choisi de quitter du Collectif Ultim.

Vous annoncez quitter le Collectif Ultim, pourquoi cette décision ?

Nous quittons ce collectif sans être fâchés. Principalement, nous sommes en désaccord sur les évolutions technologiques bridées par le Collectif. Il s’agit entre autres de l’asservissement des foils et autres appendices, mais aussi d’autres évolutions possibles. Chez Gitana, nous fabriquons un voilier de course et nous voulons évoluer pour aller le plus vite possible. Il n’est pas question de rester sur le frein à main.

Depuis 2014, nous croyons au bateau volant en course au large. Et pour nous, cette maitrise du vol passe par l’asservissement. Aujourd’hui le Collectif défend les intérêts individuels des uns et des autres et nous l’interdit. Nous voulons sortir de ce schéma.”

Gitana 17

Qu’est-ce qui va changer dans le programme de Gitana 17 ?

Pour l’instant nous avons un programme pour 2020 avec la Transat Anglaise et Franck Cammas à la barre. La transat retour se fera en mode record (solo ou équipage suivant la fenêtre météo) ou bien en mode convoyage en équipage si la bonne fenêtre ne se présente pas. Ce record n’est pas une obligation pour nous et nous ne resterons pas longtemps en stand-by. Puis fin novembre, nous nous mettrons en stand-by pour un Trophée Jules Vernes. Nous le ferons en équipage ”réduit” sans doute à 6 personnes. Bien sûr Franck Cammas et Charles Caudrelier (les 2 skippers) seront à bord.

Pour 2021 et la suite, nous n’avons pas encore de programme très défini même s’il semble acté que Charles prendra la barre en solo pour le Rhum 2022 et le tour du monde en 2023.

Gitana 17

Ce tour du monde 2023 entre dans la classe Ultim ?

Nous n’excluons pas de courir contre les autres Ultims. Nous sommes capables de nous mettre en conformité avec la jauge comme nous l’avons fait pour la Brest Atlantique cette année. Nous avons la possibilité de démonter les asservissements.

Pour nous l’asservissement offre un potentiel de vitesse accru, mais c’est aussi un gros plus pour la sécurité. Cela régule l’assiette et évite certains comportements dangereux du trimaran. Mais s’il faut se mettre en conformité avec la jauge, nous le ferons. C’est d’ailleurs surprenant que les règles des records permettent l’asservissement, mais que le collectif l’interdise… Mais si Gitana participe à une course, il respecte les règles.

Notre départ du Collectif ne devrait pas changer grand-chose, au contraire. Nous espérons qu’il va ouvrir des possibilités de se retrouver avec tous les trimarans Ultim. Gitana ne veut pas être bridé et veut garder sa liberté d’évoluer. Cela ne ferme rien. Nous aimons participer à des courses pour se mesurer aux autres, nous avons plaisir à concourir et nous avons la volonté de le faire à nouveau.

Gitana 17

Actuellement le trimaran est en chantier, qu’elles sont les évolutions que nous pourrons voir ?

La remise à l’eau est prévue mi-mars 2020 et les navigations reprendront dès le 25 mars. Nous avons fait de petites évolutions qui seront visibles sur le bateau. Je ne vous en dis pas plus, mais c’est sur l’aérodynamique et l’hydrodynamique que nous avons travaillé. Avec des voiliers qui vont à plus de 40 nœuds, impossible de ne pas tenir compte de l’aéro.

Nous travaillons aussi beaucoup à des solutions pour éviter les OFNI. Nous collaborons notamment avec le système Oscar pour les aider au développement. Toutes les classes confondues de course au large devraient travailler sur ce domaine, car il est dommage que la course au large devienne aléatoire.

Une simple rayure sur un foil perturbe déjà les écoulements. Monter et descendre les foils au cours d’une course finie par les rayer, les endommage et nous ne pouvons pas tirer le même potentiel du bateau en début ou en fin de course. Les changer ou les réparer en course est impossible. Il faut donc éviter au maximum les collisions.

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