Vivez le Defi Atlantique de l'intérieur - Episode 4 : Chassé par les bateaux concurrents

Roulier à l'entrée du golfe de Gascogne lors du Défi Atlantique 2019 © Briag MERLET

4è épisode à bord du Class40 Lost Boys de Charles-Louis Mourruau pour le Défi Atlantique. A la recherche du dixième de nœud. Entre vent mollissant et changement d'allure, la pression des voiliers concurrents se fait sentir sur notre tableau arrière.

Changement de météo

Le soleil se lève sur le 4è jour du Defi Atlantique. Le spectacle est beau, mais froid! Après une nuit encore relativement rapide, le vent baisse comme prévu et notre vitesse aussi. On passe sous solent et le vent tourne. Colombre XL, notre Class40, finit au près et le confort à bord s'en ressent. Les longues glissades à plat au portant laissent la place à un bateau gité et des mouvements hachés dans la mer. Il me faut retrouver les bons réflexes à la barre pour éviter de planter des pieux dans chaque vague. La douleur que je ressentais déjà pour le bateau à chaque impact en croisière est décuplée sur la coque "vide" d'un voilier de course au large qui résonne de la quille à la pomme de mât.

Golfe de Gascogne, nous voici !

L'approche de la civilisation se fait sentir. Les premiers à nous accueillir dans le golfe de Gascogne sont les dauphins. Quasi absents depuis le départ des Açores, ils arrivent en meute pour fêter ce moment. Les appareils capturent quelques éclaboussures dans l'exercice délicat du cliché de pirouette de dauphin !

Autre accueil, qui nécessite une plus grande vigilance, nous traversons le rail qui mène du cap Finisterre à la pointe de la Bretagne. Entre roulier au profil de boite à chaussure et porte-conteneur, ce sont plus d'une dizaine de navires que nous croisons sans avoir, par chance, à modifier notre cap.

Sous la pression des concurrents

Toutes les heures, le classement est sans appel : nos meilleurs ennemis se rapprochent de notre tableau arrière. Edenred et Athena grappillent des milles à chaque mise à jour des positions. La tension monte un peu à bord et Charles-Louis cherche des explications. Les performances du bateau sont en-dessous des polaires théoriques (NDLR : vitesses cibles théoriques correspondant aux meilleures performances du bateau à une allure donnée pour un vent donné). A force de petits réglages, l'hémorragie est enrayée. Y-avait-il une différence de voile ou de météo ? Nous ne le saurons pas, mais le risque est maîtrisé. J'imagine la tension à bord lors d'une régate au contact pendant plusieurs dizaines de jours comme une étape de la Volvo Ocean Race !

Dernier virement de bord ?

L'arrivée à La Rochelle est espérée dans la nuit de samedi à dimanche. Charles-Louis, qui ne connaît pas les abords du port rochelais, nous questionne, Benoît et moi-même, sur les fonds. Le routage fait passer au nord de l'île de Ré et arriver aux alentours de la marée basse. Devra-t-on tourner en rond après avoir passé la ligne d'arrivée pour attendre d'avoir assez de fond dans le chenal pour nos 3 mètres de tirant d'eau ? L'avenir le dira…

Après avoir croisé de nombreux chalutiers au-dessus de reliefs sous-marins à la consonance plus bretonne que charentaise, comme " Canyon du Blavet " ou " Canyon de l'Odet ", la mer est à nouveau vide. Seul un oiseau nous rend visite en se posant dans la cabine !Stable dans l'après-midi aux alentours de 20 nœuds, le vent semble baisser. Vers 16h UTC, Charles-Louis décide de virer, cap sur La Rochelle. On espère profiter de la bascule avant nos concurrents de devant partis entre l’île d'Yeu et la terre et pouvoir couper le fromage. Va-t-on faire un hold-up ? L'excitation monte et les sourires s'illuminent sur les visages de Charles-Louis et Benoît...

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