50e Solitaire du Figaro, une course qui forge les plus grands

© Alexis Courcoux

La solitaire du Figaro est LA course de référence pour les marins. Elle réunit l’élite de la course au large et reste un passage obligé des plus grands skippers. Pour cette 50e édition, le plateau voit revenir les “grands noms” qui ont fait la renommée de la course : Michel Desjoyeaux, Yann Eliès, Jérémie Beyou, Armel Le Cléac’h... Nouveauté également cette année 2019, l’arrivée d’un nouveau bateau : le Figaro 3

Dimanche 2 juin 2019, à 16h25 le départ est donné pour cette 50e édition de la Solitaire Urgo le Figaro. Les 47 concurrents ont quitté Nantes pour la traditionnelle parade et partiront devant Pornichet pour une première étape vers Kinsale (au sud de l'Irlande) via l’ile de Ré et le mythique rocher du Fastnet. Une mise en jambe de 550 milles.

Solitaire Urgo Le Figaro 2019

Pour cette année anniversaire, le plateau est exceptionnel : trois triples vainqueurs (Michel Desjoyaux, Yann Elies et Jérémie Beyou), un double vainqueur (Armel Le Cléac’h) et deux “simples” vainqueurs (Alain Gautier et Yoann Richomme) des précédentes éditions sont au départ. Comme cadeau d’anniversaire, la classe s'est offert un tout nouveau bateau : le Figaro Bénéteau 3, doté de foils, d’un jeu de voile plus moderne qui fait disparaître le spi symétrique pour des spi asymétriques et un gennaker.

Tous les skippers que nous avons interviewés au cours de cette semaine avant le départ sont unanimes : ce nouveau bateau est une bonne évolution pour la classe. Il remplace le Figaro 2 après 16 ans de service, peu de regrets de ce bateau que Michel Desjoyeaux décrit comme ”un bateau de série avec lequel on faisait de la course”.

Bien que plus physique, le Figaro 3 est apprécié pour sa modernité et ses performances. Avec des angles plus ouverts, il ouvre de nouvelles routes et de nouvelles options stratégiques. La classe a également souhaité ne pas reproduire les “erreurs du passé” et impose une monotypie beaucoup plus stricte qu’elle ne l’était sur les Figaro 2. Comme le disait Julien Pulvé, “après 15 ans, les bateaux ont été hyper optimisés, il y avait des Figaro 2.5 et des bateaux restés en version 2.0”.

Solitaire Urgo Le Figaro 2019

Pour cette raison, les bateaux ont été tirés au sort au dernier Nautic à Paris et livrés dans l’ordre de réception du bon de commande. Cela n’a pas laissé beaucoup de temps aux teams pour préparer le bateau et s’entrainer dessus. Le planning était chargé “mais il l’était pour tout le monde” fait remarquer Michel Desjoyeaux. Chacun a géré son emploi du temps à sa manière pour être plus performant que son voisin. Certains ont privilégié le temps passé sur l’eau en entrainement, d’autres ont préféré fiabiliser et optimiser le bateau.

Solitaire Urgo Le Figaro 2019

Les premières courses de la saison nous ont bien montré que pour le moment rien n’est acquis et qu’il risque d’y avoir de nombreux bouleversements. Yann Eliès triple vainqueur de la Solitaire du Figaro s’est offert la première place de la Sardinha cup, première course de la saison. Même s’il part avant tout pour "prendre du plaisir", il avoue également que ce serait incroyable d'accrocher la première place même “si cela va être très compliqué”. Il faudra également compter sur la nouvelle génération : Xavier Macaire (3e sur la Sardinha Cup et 1er de la Solo Maitre Coq) ou Tanguy le Turquais (2e de la Solo Maitre Coq) ainsi que sur celui que l’on nomme “Le Chacal” : Armel le Cléac’h - “il m'impressionne beaucoup” avoue Julien Pulvé, “quand tu es à côté d’un mec comme Armel, tu ne vas pas dormir sinon tu es sûr qu’il va te doubler” nous raconte Tanguy.

Solitaire Urgo Le Figaro 2019

La stratégie du parcours proposé pour cette édition risque d’être compliquée. Après la première étape vers Kinsale, la flotte partira sur une deuxième étape de 630 milles très Nord entre Kinsale et Roscoff via l’île du Man. La troisième étape est une boucle depuis Roscoff qui les fera traverser le raz de Sein et la Manche par deux fois. Une étape qui risque d'être très compliquée dû aux courants qui règnent dans cette zone. “On risque de s'arracher les cheveux” nous avoue Tanguy le Turquais. Enfin, la dernière étape de 500 milles, partira de Roscoff contournera Wolf rock (à la pointe sud-ouest de l'Angleterre), virera la cardinale Sud Owers (au sud de l'Angleterre) puis la cardinale ouest Saint-Marcouf pour une arrivée à Dieppe. Soit un parcours de 500 milles nautiques avec deux nouvelles traversées de la Manche. Au total les marins auront parcouru 2130 milles nautiques.

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Figaro 3, la fiche technique

MarqueBénéteau
ArchitecteVincent Lauriot Prévost
Longueur hors-tout10.85 m
Longueur de coque9.75
Largeur3.47 m
Tirant d'eau2.50 m
Catégorie CEA
Déplacement lège2 900 kg
Surface de voilure au près70 m2
Voir la fiche technique complète du Figaro 3