Le Phare du Fastnet, le phare en pierre le plus haut d'Irlande

Le Phare du Fastnet est l'un des phares européens les plus connus au monde. Construit sur le rocher éponyme, au large de la côte sud de l'Irlande, il est l'un des points de passage de nombreuses courses à la voile, à l'image de la Rolex Fastnet Race, du Mini Fastnet ou encore de la Solitaire du Figaro. Il symbolise pour ces coureurs du large la moitié du parcours accompli et offre un sentiment d'accomplissement.

Le dernier symbole irlandais avant l'Amérique

Baptisé "Teardrop of Ireland" qui veut dire "larme d'Irlande" il est positionné à 51° 23,3 ’nord et 9° 36,1'ouest, à 7 km au sud-ouest de Cape Clear et de Mizen Head, dans le comté de Cork. Il était la dernière chose que les immigrés irlandais voyaient de leur pays, alors qu'il prenait la mer en direction de l'Amérique, d'où son surnom. En irlandais, le Fastnet Rock se dit — Carraig Aonair — soit le rocher perdu. Il est composé d'argile et d'ardoise avec des veines de quartz et s'élève à 30 m au-dessus de la plus basse mer.

Cape Clear, le phare du brouillard

De 1818 à 1854, le phare qui signale la côte sud-ouest de l'Irlande est situé au sommet des falaises au sud de l’île Cape Clear. Malheureusement, ce dernier est trop éloigné des dangers, trop haut et donc trop souvent masqué par le brouillard. Le naufrage du navire américain — Stephen Whitney près de Crookhaven par une nuit de brouillard de décembre 1847 — vient conforter le fait que le phare ne remplit pas son rôle. 92 passagers et membres d'équipage sur les 110 personnes que comptait le navire périrent dans cet accident de bateau.

Fastnet, le remplaçant de Cap Clear

La Corporation of Trinity House (Services Britannique des Phares) décide alors, en 1848, de repositionner le phare soit plus bas à l'extrémité ouest de l'île, soit sur le Fastnet Rock, à 6,5 km au sud-ouest de Cape Clear. C'est ce deuxième choix qui est retenu. De nouveaux matériaux sont utilisés pour la construction du phare et l'habitation des gardiens : des plaques de fontes boulonnées avec un revêtement intérieur en brique.

Le phare est allumé pour la première fois le premier janvier 1954, et le Cap Clear est arrêté.

Un coffrage supplémentaire

Il s'avère rapidement que la fonte n'est pas assez solide. Un nouveau coffrage externe en fonte est construit autour de la tour d'origine jusqu'au deuxième étage. Les travaux sont achevés en 1868.

Un phare similaire en fonte situé à Calf Rock, à l'entrée sud de la baie de Bantry, et achevé en 1866, fut renforcé de la même manière en 1872. Malheureusement en octobre 1881, une tempête arracha la structure qui n'avait pas été renforcée.

On se rend finalement compte qu'au vu de sa situation et de son importance, le phare du Fastnet n'est pas assez solide. En 1891, le Conseil d'administration décide de remplacer la tour en fonte par une tour en granit et d'installer une lumière aussi puissante que possible.

Une tour de granit pour le nouveau Fastnet

Cette construction en granit de Cornouailles est conçue pour résister à la force de l'Atlantique d'après les plans de son ingénieur, William Douglass. Le Fastnet devient alors le phare en pierre le plus haut et le plus large d'Irlande et de Grande-Bretagne. Sa réalisation est monumentale et s'achève en 1904. Chaque pierre est soigneusement raccordée à une autre, faisant du bâtiment un immense monolithe. Chacune des 2 074 pierres pèse entre 1¾ et 3 tonnes.

Ce nouveau phare est mis en service le 27 juin 1904 ; la tour en fonte est démantelée. Le 10 mai 1969, l'électricité vient remplacer la paraffine utilisée jusqu'à présent pour faire bruler la lampe. Le phare a désormais une portée de 28 milles. Une corne de brume — installée sur le phare en 1887 — est transposée sur la nouvelle tour en 1904, avant d'être remplacée par un avertisseur sonore électrique en 1974.

Le phare est automatisé fin mars 1989 et le 11 janvier 2011, l'avertisseur de brouillard est démonté.

Six gardiens

À l'origine, ils sont six gardiens pour gérer le Fastnet Rock : quatre sur le rocher se relayant à tour de rôle et deux à terre. La relève se faisait deux fois par mois, chaque homme restant quatre semaines sur le phare, pour un travail en binôme. Ils avaient ensuite le droit à deux semaines de congés.

Un des hommes devait rester de garde toute la journée à surveiller le brouillard et à indiquer le chemin aux navires qui passaient. Il informait ensuite son collègue qui activait les signaux de brume.

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