Wind, dans les coulisses du premier festival du film de voile de compétition

Le 4 février 2020, c'était la première du Wind Sail Racing Film Festival, organisé par Tip & Shaft et PoPPop. 4 heures de projections, 4 films inédits, un public en nombre et une ambiance démente ! Témoignage d'un de nos lecteurs, invités à l'évènement.

Ce mardi 4 février 2020, Tip & Shaft et la société de production PoPPop privatisaient le Grand Rex pour une projection inédite. Si les festivals de films de voile sont de coutume, les festivals de films de voile de compétitions n'existaient jusqu'alors, pas. Ainsi, hier on assistait à une grande première, une soirée cinéma mettant à l'honneur les grandes courses et régates françaises et internationales, les marins et leurs équipages. Au programme, 4 heures de projection, 4 films exclusifs, une incursion dans les coulisses de ces évènements et dans la vie des skippers !

Entre chaque projection, une rapide — trop rapide à notre goût, mais le temps était compté ! — interview des skippers, stars d'un jour d'un public admiratif, nous apportait un décryptage des images. Mais surtout, pour la première fois, la lumière se portait sur ces caméramans qui embarquent au cœur de l'action, sur ces scénaristes qui nous retransmettent des émotions et sur ces producteurs qui nous permettent de nous rincer l'œil.

© Tip & Shaft/Poppop

Bateaux.com était partenaire de cette première édition — on attend avec impatience l'année prochaine — et avait invité 20 de ses lecteurs à cette projection. Nous vous partageons le témoignage d'Antoine, qui vous fait revivre cette parenthèse salée en plein cœur de l'hiver parisien.

© Tip & Shaft/Poppop

"Hier soir, le boulevard poissonnière avait des allures de ponton de La Trinité un samedi matin. Les mêmes marins, mais en parka bleu à la place du combo ciré/bottes. On reconnaissait les têtes échouées des voileux Parisiens et celles des purs Bretons perdus à la capitale pour une soirée voile.

Au nombre de vélos garés devant le Grand Rex, on peut affirmer que le navigateur parisien est un homme soucieux de l'environnement et qu'il aime se déplacer rapidement. Ça tombe bien on est là pour un festival de film de voile de compétition avec la garantie de la vitesse comme point d'orgue.

Le Rex était plein à craquer, 2 200 personnes lorsque Pierre-Yves Lautroux (PYL) et Pierre Marcel, producteurs de l'évènement sont montés sur scène comme des superstars pour lancer le programme.

© Tip & Shaft/Poppop

Le Figaro pour mise en bouche

On a commencé la séance sur un film retraçant de manière croisée et avec humour les 50 ans de la Figaro et la 50e édition de la course. Un montage avec un beau rythme et des anecdotes. Il manquait un peu de technique pour comprendre les mistoufles de cette 50e que PYL évoquait sur le podium comme le casse du siècle du mois de juin 2019, mais que nous n'avons pas apprécié à sa juste valeur dans ce film qui survolait un peu trop la course. La dernière phrase moqueuse de Michel Desjoyeaux à l’endroit des petits jeunes de la classe laissa la salle tordue de rire pour attendre la suite.

Tension extrême en F50

En guise de transition, on a vécu dans le casque de Billy Besson un film cash sur une régate du Sail GP absolument à couper le souffle avec des croisements à 50 kts absolument monstrueux. Pas d'effets spéciaux. La voile embarquée comme si on y était et qu'il est si bon de voir sur un écran de cette taille. Il fallait entendre la salle retenir son souffle dans les empannages preuve de l'effet de stupéfaction recherché.

Du vécu sur un Ultim

On a enchainé sur le récit de l'intérieur de la Brest Atlantiques avec des morceaux choisis rares et insolites comme les engueulades entre Caudrelier et Cammas. Charles Caudrelier sort grandi d'une côte de sympathie largement supérieure à celle de Franck Camas qui montre son vrai visage de tueur de la course au large ne laissant JAMAIS rien au hasard ni à l'interprétation de son co-skipper s'il n’est pas d'accord avec lui. À part ça rien de neuf, Gitana vole au-dessus de la course à 40 kts sous des couchers de soleil magique filmés par Yann Riou. C’est presque trop propre, trop parfait. On en avait sûrement déjà trop vu sur Instagram…

Les filles pour nous faire vibrer

© Tip & Shaft/Poppop

Après une bière au Carré, pardon au bar du Rex, qui ressemblait au Carré de la Trinité-sur-Mer un soir d'entrainement d'hiver, on a enchainé sur ce qui restera l'émotion de cette soirée. Le film de Maiden lors de la Whitbread 89/90. La magie d'un équipage féminin qui révolutionne la course au large anglo-macho. Un film d'une actualité formidable sur le féminisme en mer face au ténor de la classe. Une super production américaine qui fera date par l'émotion qu'elle dégage. La salle s'est mouchée plusieurs fois en pleurant à chaudes larmes regardant les épreuves que ces filles ont vécu.

Les journalistes anglais de l'époque en prennent pour leur grade et font leur mea-culpa devant tant de détermination. On reste un peu à se demander si nous aussi nous pensions comme eux en voyant Tracy Edward partir avec ses "copines" autour du monde. Quel bonheur de revoir ces machines IOR filmées de l'intérieur avec un talent rare et un grain de la pellicule qui donne une émotion qui n’existe plus. On a séché nos larmes et on est rentré avec des rêves de larges.

Bravo ! Et vivement la prochaine édition…"

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