Comment gérer son voilier en cas de démâtage ?

© FX Ricardou

Un démâtage accidentel  peut rapidement dégénérer en naufrage s'il n'est pas bien géré, ou si la malchance s'en mêle. Mieux vaut y avoir réfléchi avant pour ne pas se trouver dépourvu en situation. Voici comment ce scénario peut se dérouler.

Cet hiver le Class 40 Crosscall a été retourné par une vague au large des Açores. Le bateau a fait un 360 et le mât a transpercé le cockpit engendrant une énorme voie d'eau. Le bateau est resté entre deux eaux pendant 11 heures avant que les deux skippers ne soient secourus par un hélicoptère de la marine portugaise. 

Prévenir pour éviter le démâtage

Pour qu'un voilier démâte, il faut qu'un élément du gréement lâche. Lors d'un retournement, la pression sur le mât en rotation sous l'eau est telle qu'il a de fortes chances de se briser. Cependant la majorité des démâtages sont consécutifs à des ruptures de câbles ou de sertissages. Les assureurs conseillent d'ailleurs, quand ils ne l'exigent pas, de changer le gréement dormant tous les dix ans. 

Outre les sertissages, l'étai, masqué par le tube de l'enrouleur est à surveiller régulièrement. En cas de mauvais fonctionnement de l'enrouleur, il peut en effet se détoronner. Au minimum, une inspection visuelle du gréement en début et en fin de saison demeure un bon moyen de prévention.

Que faire si malgré tout le voilier démâte ?

La première chose à faire est de s'assurer de la sécurité de l'équipage. Si personne n'est blessé, il ne faudra prendre aucun risque supplémentaire, car vous ne pourrez pas récupérer un homme à la mer avec un mât qui pend dans l’eau. Si vous vous trouvez à portée VHF des côtes, tentez de prévenir les secours. Attention, souvent l'antenne VHF est placée en tête de mât sur un voilier. Elle a de forte chance d'être endommagée. Appellez plutot avec une VHF portable. Prévenez le CROSS de votre situation. Ensuite c'est de la sécurité du bateau qu'il s'agit de s'occuper.

Généralement le mât casse au niveau d’un étage de barre de flèche. Il faut à tout prix éviter que les morceaux du mât fassent bélier contre la coque. Selon l'état de la mer, vous pourrez donc être contraint de libérer tout le gréement et de le laisser couler. Résistez également à l'envie de démarrer le moteur tant le risque est grand de prendre un bout dans l'hélice.

Coupez les haubans qui retiennent le mât au pont à l'aide d'une pince à couper les haubans ou à défaut d'une scie à métaux. Un bon couteau est souvent utile pour couper le génois qui est enroulé sur l’étai. Cela va vous permettre d’atteindre l’enrouleur qu’il faudra alors découper aussi. Dans l'eau le mât va agir sur le voilier comme une ancre flottante, stabilisant la dérive du voilier.

Si vous décidez de le récupérer, assurez-le dès que possible en vous servant des drisses et hissez-le à l'aide des winchs. Sachez qu'il peut être très difficile de le remonter à bord avec les voiles encore endraillées. Chaque situation est différente, ce sera à vous d'estimer s'il vaut la peine de sauver tout ou partie du gréement et des voiles.

Une fois le ménage fait, vous pourrez essayer de rentrer par vos propres moyens, ou attendre les secours si ce n'est pas possible.

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