Comment réaliser vous-même vos lazy-jacks

Les lazy-jacks sont d'une aide précieuse pour faciliter les manoeuvres sur la grand-voile. Il sont particulièrement prisés des navigateurs solitaires et de ceux qui possèdent de grandes surfaces de grand-voile. Voici un tuto inspirant pour les réaliser vous-même. Bien sûr il faudra adapter le système à votre voilier, mais le principe est là.

Vous rentrez au port après une belle journée de navigation en solitaire. À l'approche du chenal vous libérez la drisse de grand-voile qui s'affale en vrac sur la bôme et le pont. Une sangle dans la poche, une autre entre les dents, vous tentez de ferler rapidement le tissu qui s'évertue à vous échapper sous la pression de la brise thermique du soir. Le trafic est assez important à cette heure-ci et vous n'avez pas le temps de fignoler. De retour à la barre, vous réalisez que la voile entassée devant vous masque une bonne partie de votre champ de vision. Cela ne va pas faciliter votre accostage.

Le problème est similaire lorsque vous prenez un ris : si vous ne ferlez pas la voile sur la bôme, vous perdez de la visibilité. Mais si vous la ferlez, vous risquez aussi d'abîmer le tissu en le serrant trop. Les fibres modernes n'apprécient pas ce genre de traitement.

Par ces deux situations, nous venons de vous montrer tout l'intérêt des lazy-jacks. Cet ensemble de bouts tendus entre les barres de flèches et la bôme guide et retient efficacement la toile lors de l'affalage. Ce dispositif est très bon marché si on le fabrique soi-même. Il est aussi relativement facile à poser, à condition de bien prendre ses mesures au départ.

Très souvent les lazy-jacks sont associés à un lazy-bag (une housse qui se ferme avec un zip pour ranger la voile une fois au port). Mais cela n'est pas obligatoire et l'on peut aussi installer des lazy-jacks directement fixés sur des pontets accrochés sur la bôme

Voici les schémas que j'ai utilisés pour poser des lazy-jacks sur le lazy-bag d'un Oceanis 31.

Ici les lazy ne sont pas réglables, mais il vous suffit de ne pas surlier les épissures (en prévoyant un peu de longueurs supplémentaires en sortie) au niveau des 2 points situés près du vit-de-mulet pour vous garder cette possibilité.

Dessin de principe des lazy-jacks

De chaque côté de la bôme, 3 bouts sont reliés par deux poulies et des épissures. Pour ce voilier j'ai choisi de la tresse creuse de 4 mm et des poulies sans réas supportant jusqu'à 350 kg. Si vous voulez limiter le fardage et préserver l'esthétique de votre voilier, je vous conseille de ne pas surdimensionner ces bouts qui de toute façon ne devront pas avoir à supporter de gros efforts.

De plus les lazy-jacks ont pour seule fonction de contenir la grand-voile. Ils ne remplacent pas la balancine : ne montez pas sur la bôme si elle est soutenue uniquement par ces derniers.

Mesures connues :

  • Hauteur du point d'ancrage par rapport au vis de mulet/ axe des attaches sur le bag ou sur la bôme.
  • Diagonale depuis le point d'ancrage du mât jusqu'au dernier point d'ancrage à l'arrière de la bôme.
  • Emplacement des points d'ancrage sur le lazy-bag.
  • Point d'ancrage : à mi-hauteur du mât.
  • Poulies : à 1/3 et 2/3 de la hauteur des lazy-jacks
report des mesures à l'échelle sur un papier quadrillé pour en déduire les longueurs de bout nécessaires.
report des mesures à l'échelle sur un papier quadrillé pour en déduire les longueurs de bout nécessaires.

Il suffit alors de mesurer les segments dont les longueurs sont inconnues avec une règle directement sur le papier.

Les anneaux à friction utilisés pour remplacer des poulies
Les anneaux à friction utilisés pour remplacer des poulies

Pour la réalisation j'ai choisi d'épisser la tresse creuse sur elle-même en réalisant des boucles. Si vous préférez les nœuds de chaise utilisez plutôt de la garcette (âme) que de la tresse creuse.

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