Comment les multicoques de course font-ils pour ne pas chavirer ?
Les multicoques de course, et même certains habitables, peuvent chavirer lorsque le vent ou les vagues imposent des conditions musclées. Pour s'en prémunir, les coureurs au large et certains plaisanciers s'équipent de système de largage d'écoute d'urgence. Nous avons assisté aux réglages lors d'une sortie avec Roland Jourdain avant la Route du Rhum.
Un bateau tire sa stabilité de son poids et de sa forme. Dans le cas des multicoques, dépourvus de lest en pied de quille, la stabilité est avant tout due à leur largeur. Cela les rend très stable initialement, mais une fois sorti un flotteur pour un catamaran ou la coque centrale pour un trimaran, la stabilité diminue drastiquement, en même temps que la largeur dans l'eau. L'équilibre devient précaire et c'est l'habilité et la concentration du marin qui maintiennent le bateau dans le bon sens, en surveillant les surventes...
Mais sur de longues navigations, particulièrement en transatlantique en solitaire comme la Route du Rhum, la concentration du skipper ne peut être permanente et le repos devient obligatoire. C'est pour cela que des sociétés ont développé des systèmes de sécurité pour choquer en urgence les écoutes et remettre le multicoque à plat. Nous avons pu assister au paramétrage par Ocean Data System du système UpSideUp installé pour Roland Jourdain sur son catamaran WeExplore.
Largage des écoutes grâce à l'air comprimé
Le système de largage est réalisé à partir d'un simple taquet coinceur. Un actionneur métallique, activé grâce à un circuit d'air comprimé, expulse l'écoute du taquet. La voile est ainsi déchargée de sa puissance, et le bateau voit sa gite diminuer. La pression de l'air comprimé est apportée en pompant manuellement sur le catamaran de Roland Jourdain par souci de sobriété et simplicité, mais elle est généralement maintenue par un petit compresseur électrique.
En navigation, le marin passe l'écoute dans le taquet en sortie de winch, puis il laisse du mou entre le taquet et le winch, sur lequel il repasse l'écoute au self-tailing. Lorsque le système mis au point par Ocean Data System choque l'écoute, il ne largue ainsi que la juste longueur pour remettre le bateau plus à plat, sans que le marin n'ait à tout reborder pour faire repartir le bateau.
Au cours de notre navigation avec Roland Jourdain, différents tests ont été mené pour trouver la juste longueur et le bon chemin pour le mou de l'écoute, de spî, de grand-voile ou de génois.
Une fois défini le mode de largage, encore faut-il décider quand choquer ? Pour cela, la centrale d'Ocean Data System se base sur différents capteurs. L'angle de gite est le paramètre principal. Au-delà d'un certain angle, une alarme sonore est émise, puis au seuil suivant, l'écoute est larguée. La centrale collecte les forces et direction du vent, pour adapter les choix aux allures de près ou de portant, pour lesquelles les tolérances sont différentes.
Ocean Data System contrôle aussi l'assiette du bateau, pour larguer en cas d'enfournement du bateau.
Lors de l'essai, un capteur de charge sur l'écoute de grand-voile permettait également d'estimer la charge du gréement.
Ensuite, en fonction des calculs des architectes et de leurs appréhensions du risque, chaque marin gère ses paramètres.
Un simple taquet sert au largage, avec un doigt actionné en fond de taquet
En navigation, le marin passe l'écoute dans le taquet en sortie de winch, puis il laisse du mou entre le taquet et le winch, sur lequel il repasse l'écoute au self-tailing. Lorsque le système mis au point par Ocean Data System choque l'écoute, il ne largue ainsi que la juste longueur pour remettre le bateau plus à plat, sans que le marin n'ait à tout reborder pour faire repartir le bateau.
Circuit d'écoute
Au cours de notre navigation avec Roland Jourdain, différents tests ont été mené pour trouver la juste longueur et le bon chemin pour le mou de l'écoute, de spî, de grand-voile ou de génois.
Quand choquer l'écoute ?
Une fois défini le mode de largage, encore faut-il décider quand choquer ? Pour cela, la centrale d'Ocean Data System se base sur différents capteurs. L'angle de gite est le paramètre principal. Au-delà d'un certain angle, une alarme sonore est émise, puis au seuil suivant, l'écoute est larguée. La centrale collecte les forces et direction du vent, pour adapter les choix aux allures de près ou de portant, pour lesquelles les tolérances sont différentes.
Les paramètres se contrôlent depuis l'écran de la table à carte
Ocean Data System contrôle aussi l'assiette du bateau, pour larguer en cas d'enfournement du bateau.
Lors de l'essai, un capteur de charge sur l'écoute de grand-voile permettait également d'estimer la charge du gréement.
Ensuite, en fonction des calculs des architectes et de leurs appréhensions du risque, chaque marin gère ses paramètres.
Pour compléter, quelques précisions d’Ocean Data System pour
agrémenter cet article :
Dans le cadre d’un partenariat sur la partie technique, Ocean Data System a équipé de son système UpSideUp le catamaran WeExplore skippé par Rolland JOURDAIN. Au départ de la route du Rhum, le système UpSideUp sécurise également la plupart des multicoques en lisse.
En accord avec la vision de sobriété énergétique du projet WeExplore, la pression pneumatique du circuit des actionneurs de largage est contrôlée manuellement. En général, la pression pneumatique est maintenue automatiquement par un mini compresseur.
Le capteur de charge d'écoute de grand-voile est un capteur sans fil de
la gamme TEPSS LKW d'Ocean Data System.
Toutes les informations relatives au système UpSideUp se trouvent sur
notre site internet :
www.oceandatasystem.com