Naufrage sur un raid en 420, récit d'un novice entre prudence et imprévus
Un instituteur lyonnais, passionné de mer, s'est lancé seul en dériveur sur les côtes méditerranéennes. A la barre d'un 420 "old school" et d'une préparation artisanale, il témoigne d'une expérience de onze jours de mer marquée par l'improvisation, l'apprentissage... et un naufrage.
Romain qui se surnomme avec humour dans ses vidéos : "Romain, le pro du 420, l'expert de la randonnée nautique en Méditerranée" vient de finir son deuxième voyage en dériveur le long des côtes méditerranéennes françaises.
Un projet né d'une première tentative avortée en 470
En 2023, sans aucune notion de voile et sans une bonne préparation, ce marin novice a entrepris de descendre vers l'Espagne à partir du Cap d'Agde sur un 470 acheté d'occasion. L'aventure s'est rapidement et tragiquement terminée alors que son dériveur a littéralement péri après 2 jours de navigation.
Quand l'envie de mer dépasse les revers de fortune
Le 420 prêt pour l'aventure
Pas dégouté, en 2025, ce professeur des écoles dans la région lyonnaise retente une aventure. Cette fois il arme un 420, un modèle Lanavere de la toute première époque (entre 1950 et 1960). Ce dériveur, il le déniche sur LeBonCoin avec sa remorque pour 400 €.
Il passe ...
... quelque temps à l'école de voile de la base nautique de Meyzieu, proche de chez lui. Avec une vintaine de sorties, souvent sans vent, il espère mieux maitriser son engin.
Début août, il se retrouve au Pradet (Toulon) pour la mise à l'eau. Là il se rend rapidement compte qu'un mal de mer le ronge dès qu'il est au mouillage : "Pas grave, je dormirai sur la plage". Pour beacher son dériveur seul, il s'équipe de 2 pare-battage ronds pour l'aider à rouler dessus.
Côté sécurité, ce jeune marin emporte le matériel de sécurité pour naviguer dans la zone des 6 milles de la côte. Il a ainsi une amarre de remorquage, une VHF et même une bouée couronne, "dont je me demande bien a quoi elle sert, vu que je navigue en solitaire", précise-t-il avec le sourire. Tout ce matériel sera chiné sur LeBonCoin comme cette lampe étanche "qui ne s'est finalement jamais allumée !"
La préparation du bateau va constituer à assurer son insubmersibilité en remplissant les caissons avec des bouteilles d'eau vide, en fixant (mal) deux dames de nage pour suppléer l'absence de moteur. Et enfin en créant un ris dans la GV pour limiter sa surface.
Pour les nuits, il espère (et ça va se révéler juste) dormir à côté de son embarcation sur la plage. Finalement, même sur cette Côte d'Azur, il ne sera pas gêné ni interdit.
La navigation a duré 11 jours, sans véritable but sauf celui de se diriger vers l'Italie. "J'avais comme date butoir, celle de reprendre ma classe à la fin aout." Hélas l'aventure va tourner court, cette fois au bout de 11 jours.
Alors que la première semaine se déroule dans le tout petit temps, avec peu ou même pas de vent, Romain peut trouver son rythme. Il avoue n'avoir jamais eu à pratiquer le rappel, les pieds dans les sangles, encore moins le trapèze ! Il embarque son cousin pendant 2 jours et prend même en stop un touriste sur une plage… Mais pour le reste, il navigue seul sur son 420.
Arrivé devant Nice, un orage le surprend. Pas préparé (le bulletin météo ne parlait pas d'orage, mais d'une journée sans vent), le 420 va dessaler devant l'aéroport. Romain, qui s'était entrainé à la manœuvre, arrive à le redresser, mais les rochers sont trop proches et le voilier vient s'échouer dessus. Incapable de le sortir seul, il fait appel à la SNSM qui vient remorquer cette coque désormais à l'état d'épave.
Cette seconde aventure n'entame pas la volonté de notre "expert de la randonnée nautique" : "J'ai réussi à sauver le gréement et les voiles. Je vais donc retrouver une coque et repartir aux prochaines vacances. Il y a deux ans, je manquais vraiment d'expérience. Je ne savais même pas étarquer le foc. Cette année, je savais manier mon dériveur, mais j'ai découvert que je ne connaissais pas la mer."
Pour la saison prochaine, il espère trouver un dériveur plus stable que le 420, moins volage. Côté préparation, il voudrait aussi améliorer son poste de rame pour avoir une solution efficace. Il aimerait aussi un système de recharge de son équipement électrique (caméra, téléphone) avec un panneau solaire et pourquoi pas un petit réchaud pour améliorer l'ordinaire. Son prochain bateau sera aussi équipé d'une trappe étanche qui gardera ses affaires au sec : "Mes sacs étanches ne le sont pas vraiment et j'avais les vêtements tous mouillés".
Un apprentissage empirique de la voile légère
Des images de mer gravées dans la mémoire
Début août, il se retrouve au Pradet (Toulon) pour la mise à l'eau. Là il se rend rapidement compte qu'un mal de mer le ronge dès qu'il est au mouillage : "Pas grave, je dormirai sur la plage". Pour beacher son dériveur seul, il s'équipe de 2 pare-battage ronds pour l'aider à rouler dessus.
Côté sécurité, ce jeune marin emporte le matériel de sécurité pour naviguer dans la zone des 6 milles de la côte. Il a ainsi une amarre de remorquage, une VHF et même une bouée couronne, "dont je me demande bien a quoi elle sert, vu que je navigue en solitaire", précise-t-il avec le sourire. Tout ce matériel sera chiné sur LeBonCoin comme cette lampe étanche "qui ne s'est finalement jamais allumée !"
Au mouillage prés de St Tropez.
Préparer un vieux dériveur pour naviguer en autonomie
La préparation du bateau va constituer à assurer son insubmersibilité en remplissant les caissons avec des bouteilles d'eau vide, en fixant (mal) deux dames de nage pour suppléer l'absence de moteur. Et enfin en créant un ris dans la GV pour limiter sa surface.
Pour les nuits, il espère (et ça va se révéler juste) dormir à côté de son embarcation sur la plage. Finalement, même sur cette Côte d'Azur, il ne sera pas gêné ni interdit.
Le soir, il beache sur la plage.
Des navigations lentes, mais sereines
La navigation a duré 11 jours, sans véritable but sauf celui de se diriger vers l'Italie. "J'avais comme date butoir, celle de reprendre ma classe à la fin aout." Hélas l'aventure va tourner court, cette fois au bout de 11 jours.
Alors que la première semaine se déroule dans le tout petit temps, avec peu ou même pas de vent, Romain peut trouver son rythme. Il avoue n'avoir jamais eu à pratiquer le rappel, les pieds dans les sangles, encore moins le trapèze ! Il embarque son cousin pendant 2 jours et prend même en stop un touriste sur une plage… Mais pour le reste, il navigue seul sur son 420.
Une météo mal anticipée, un dessalage, puis l'échouement
La météo vire au gris ce jour-là...
Arrivé devant Nice, un orage le surprend. Pas préparé (le bulletin météo ne parlait pas d'orage, mais d'une journée sans vent), le 420 va dessaler devant l'aéroport. Romain, qui s'était entrainé à la manœuvre, arrive à le redresser, mais les rochers sont trop proches et le voilier vient s'échouer dessus. Incapable de le sortir seul, il fait appel à la SNSM qui vient remorquer cette coque désormais à l'état d'épave.
Ce qu'on ne sait pas en mer, on l'apprend parfois durement
La carène déchiquetée sauvée des eaux par la SNSM.
Cette seconde aventure n'entame pas la volonté de notre "expert de la randonnée nautique" : "J'ai réussi à sauver le gréement et les voiles. Je vais donc retrouver une coque et repartir aux prochaines vacances. Il y a deux ans, je manquais vraiment d'expérience. Je ne savais même pas étarquer le foc. Cette année, je savais manier mon dériveur, mais j'ai découvert que je ne connaissais pas la mer."
Vers un nouveau départ : le retour d'expérience
Mieux se préparer pour ne pas revivre 3 fois l'échouement.
Pour la saison prochaine, il espère trouver un dériveur plus stable que le 420, moins volage. Côté préparation, il voudrait aussi améliorer son poste de rame pour avoir une solution efficace. Il aimerait aussi un système de recharge de son équipement électrique (caméra, téléphone) avec un panneau solaire et pourquoi pas un petit réchaud pour améliorer l'ordinaire. Son prochain bateau sera aussi équipé d'une trappe étanche qui gardera ses affaires au sec : "Mes sacs étanches ne le sont pas vraiment et j'avais les vêtements tous mouillés".