Repartir autour du monde sans assistance ni électronique moderne suppose plus qu'une motivation intacte. Pour Damien Guillou, cette deuxième Golden Globe Race se joue d'abord à terre, dans les choix techniques, les renoncements assumés et une préparation patiente du Rustler 36.
Revenir après un abandon
Lors de l'édition 2022, Damien Guillou avait vu sa course s'arrêter après 70 jours de mer, à la suite de la casse du régulateur d'allure. Une avarie classique sur ce type d'épreuve, mais rédhibitoire dans une course où l'assistance est proscrite. L'arrêt à Cape Town marque alors la fin prématurée de son tour du monde.
Mais l'idée de repartir s'impose rapidement. Non pas pour effacer l'abandon, mais pour aller au bout de ce que propose réellement la Golden Globe Race. Damien Guillou le résume simplement, "Je veux faire cette course parce qu'elle rassemble tout ce que j'aime dans la voile", explique le marin. La dimension aventure, la compétition, la préparation de bateaux anciens et l'acceptation de la lenteur composent un ensemble cohérent, exigeant, sans raccourci possible. ...
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Le choix du Rustler 36 - un modèle choisi parmi les voiliers autorisés dans cette course - s'inscrit pleinement dans l'esprit de la course. Carène lourde, plan de pont simple, déplacement important, ce voilier impose une navigation engagée et peu indulgente à la barre. C'est aussi ce qui en fait un support adapté aux longues mers du Sud, à condition d'une préparation sans compromis.
Après un convoyage retour en solitaire depuis l'Afrique du Sud, le bateau a été mis en hivernage prolongé. À la fin de l'été 2025, Damien Guillou remet le voilier à l'eau et enchaîne une navigation qualificative d'environ 2000 milles. Cette phase permet d'identifier les points faibles et les détails qui, sur six mois et demi de mer, deviennent vite insupportables.
De légères entrées d'eau apparaissent. Rien de spectaculaire, mais suffisamment pour justifier un démontage complet de l'accastillage de pont. Sur une course aussi longue, la moindre humidité permanente devient un problème de confort, mais aussi de structure et de fiabilité.
Sur un bateau sans pilote automatique moderne, le régulateur d'allure est l'équipier principal. Damien Guillou conserve le même fabricant que lors de sa première participation, un choix assumé malgré des soucis passés. Il opte pour un système Hydrovane, sans fletner, afin de limiter la mécanique complexe des drosses de barre.
Le Rustler 36 étant réputé un peu dur à la barre, l'implantation du régulateur fait l'objet de nombreuses heures d'observation et de réflexion. Les hauteurs de tubes sont modifiées, les renforts revus, notamment sur le tableau arrière, pour mieux répartir les efforts. Ce travail invisible conditionne directement la capacité du bateau à tenir son cap pendant des semaines, sans intervention permanente du skipper.
La préparation ne se limite pas aux éléments majeurs. Le plan de pont évolue par petites touches, toujours guidées par l'expérience en mer. La trinquette est modifiée et installée sur enrouleur, afin de simplifier les manœuvres dans la durée et limiter la fatigue.
Chaque changement est pesé. Il ne s'agit pas de transformer le bateau, mais de l'adapter à une navigation solitaire, dans le froid, l'humidité et la répétition des gestes. Damien Guillou insiste sur ce point, "La réussite d'une Golden Globe Race se joue largement avant le départ, dans cette accumulation de décisions modestes mais cohérentes. "
À l'intérieur, le chantier commence par un travail ingrat. Le bois verni a vieilli, l'ambiance devient plus sombre et retient l'humidité. Damien Guillou ponce l'ensemble, laissant le bateau sécher en profondeur avant de reprendre les finitions. L'objectif est simple, retrouver un environnement plus sain et plus agréable sur la durée.
Un important dossier peinture accompagne cette phase, avec la reprise de la casquette, une laque de coque et la carène. Là encore, le choix ne relève pas de l'esthétique pure, mais de la protection du bateau et de sa capacité à traverser les mers du Sud sans dégradation prématurée.
Côté énergie, le skipper limite volontairement l'électronique embarquée au strict nécessaire autorisé par le règlement. Une VHF, un AIS, un Iridium réservé aux communications avec la direction de course, et peu de modifications sur la répartition des poids. Le soutien de Solarem s'inscrit dans cette logique d'autonomie énergétique, sans remettre en cause l'esprit de la course.
Une grande partie de ce travail est réalisée seul, sous un hangar à Quimper, à proximité de son domicile, avec l'aide ponctuelle de Julien Le Nahour. Ce choix n'est pas anodin. Connaître chaque boulon, chaque renfort, chaque faiblesse potentielle du bateau fait partie intégrante de la préparation mentale.
La Golden Globe Race limite le nombre de participants à environ 25 concurrents. Le plateau est déjà complet. Damien Guillou avance avec un objectif clair, tenir dans le temps et viser une durée proche des 200 jours, avec une marge. Pas une quête de record, mais une navigation maîtrisée, fidèle à l'esprit d'une course où accepter la lenteur fait partie du jeu.
Le Rustler 36, un bateau ancien qui impose rigueur et anticipation
Le choix du Rustler 36 - un modèle choisi parmi les voiliers autorisés dans cette course - s'inscrit pleinement dans l'esprit de la course. Carène lourde, plan de pont simple, déplacement important, ce voilier impose une navigation engagée et peu indulgente à la barre. C'est aussi ce qui en fait un support adapté aux longues mers du Sud, à condition d'une préparation sans compromis.

Après un convoyage retour en solitaire depuis l'Afrique du Sud, le bateau a été mis en hivernage prolongé. À la fin de l'été 2025, Damien Guillou remet le voilier à l'eau et enchaîne une navigation qualificative d'environ 2000 milles. Cette phase permet d'identifier les points faibles et les détails qui, sur six mois et demi de mer, deviennent vite insupportables.
De légères entrées d'eau apparaissent. Rien de spectaculaire, mais suffisamment pour justifier un démontage complet de l'accastillage de pont. Sur une course aussi longue, la moindre humidité permanente devient un problème de confort, mais aussi de structure et de fiabilité.
Un régulateur d'allure repensé en profondeur
Sur un bateau sans pilote automatique moderne, le régulateur d'allure est l'équipier principal. Damien Guillou conserve le même fabricant que lors de sa première participation, un choix assumé malgré des soucis passés. Il opte pour un système Hydrovane, sans fletner, afin de limiter la mécanique complexe des drosses de barre.

Le Rustler 36 étant réputé un peu dur à la barre, l'implantation du régulateur fait l'objet de nombreuses heures d'observation et de réflexion. Les hauteurs de tubes sont modifiées, les renforts revus, notamment sur le tableau arrière, pour mieux répartir les efforts. Ce travail invisible conditionne directement la capacité du bateau à tenir son cap pendant des semaines, sans intervention permanente du skipper.
Plan de pont et voilure, des ajustements dictés par l'usage
La préparation ne se limite pas aux éléments majeurs. Le plan de pont évolue par petites touches, toujours guidées par l'expérience en mer. La trinquette est modifiée et installée sur enrouleur, afin de simplifier les manœuvres dans la durée et limiter la fatigue.
Chaque changement est pesé. Il ne s'agit pas de transformer le bateau, mais de l'adapter à une navigation solitaire, dans le froid, l'humidité et la répétition des gestes. Damien Guillou insiste sur ce point, "La réussite d'une Golden Globe Race se joue largement avant le départ, dans cette accumulation de décisions modestes mais cohérentes. "
Intérieur, peinture et énergie
À l'intérieur, le chantier commence par un travail ingrat. Le bois verni a vieilli, l'ambiance devient plus sombre et retient l'humidité. Damien Guillou ponce l'ensemble, laissant le bateau sécher en profondeur avant de reprendre les finitions. L'objectif est simple, retrouver un environnement plus sain et plus agréable sur la durée.

Un important dossier peinture accompagne cette phase, avec la reprise de la casquette, une laque de coque et la carène. Là encore, le choix ne relève pas de l'esthétique pure, mais de la protection du bateau et de sa capacité à traverser les mers du Sud sans dégradation prématurée.
Côté énergie, le skipper limite volontairement l'électronique embarquée au strict nécessaire autorisé par le règlement. Une VHF, un AIS, un Iridium réservé aux communications avec la direction de course, et peu de modifications sur la répartition des poids. Le soutien de Solarem s'inscrit dans cette logique d'autonomie énergétique, sans remettre en cause l'esprit de la course.
Une préparation largement solitaire, à l'image de la course
Une grande partie de ce travail est réalisée seul, sous un hangar à Quimper, à proximité de son domicile, avec l'aide ponctuelle de Julien Le Nahour. Ce choix n'est pas anodin. Connaître chaque boulon, chaque renfort, chaque faiblesse potentielle du bateau fait partie intégrante de la préparation mentale.
La Golden Globe Race limite le nombre de participants à environ 25 concurrents. Le plateau est déjà complet. Damien Guillou avance avec un objectif clair, tenir dans le temps et viser une durée proche des 200 jours, avec une marge. Pas une quête de record, mais une navigation maîtrisée, fidèle à l'esprit d'une course où accepter la lenteur fait partie du jeu.

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