Casse, chavirage et retour à terre sur la Transat Jacques Vabre 2015

Team Concise © Mark Lloyd/Lloyd Images

Après deux nuits en mer, plusieurs dégâts sont à déplorer : l'abandon de Maître CoQ et d'Edmond de Rothschild, le retour à terre de Safran et de Team Concise et le chavirage de Prince de Bretagne. Mais ce n'est que le début puisque les duos qui ont choisi la voix de l'Ouest vont subir de plein fouet la dépression.

Cette deuxième nuit en mer a été très dure pour les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre. Ceux qui ont été le plus touchés sont ceux à avoir privilégié la voix du Nord. Après l'abandon d'Edmond de Rothschild et le retour à terre pour Safran, victime d'une avarie, c'est au tour du Class40 Team Consice (Jackson Bouttell et Gildas Mahé) de faire demi-tour. Les deux marins ont informé la direction de la course et leur team manager, cette nuit, d'une avarie qui les obligeait à se dérouter vers Cork, en Irlande, située à 120 milles au nord-est. Le Class40 devrait arriver en milieu de matinée ce mardi 27 octobre.

"On avait décidé de lever le pied et le vent a refusé. La mer était formée, et le bateau a fait deux trois bonds sur les vagues. Il y a des fissures, ce n'est pas très sain d'être en mer avec ça. Ca a été sur un bond, on a entendu un craquement important. Nous sommes allés voir à l'intérieur du bateau et cela a engendré pas mal de problèmes de structures. Il vaut mieux que ça arrive là plutôt qu'au milieu du golfe de Gascogne … Nous étions contents, nous arrivions à bien faire marcher le bateau, nous avons fait de bons choix stratégiques, c'était nickel. On réfléchit à la suite parce que ça va être compliqué pour nous. Nous allons arriver vite à Crosshaven, les parents de David Kenefick (figariste, NDLR), vont nous accuellir et une équipe nous aidera à évaluer les dégâts. On garde toujours espoir, mais il y a des éléments décollés sous le mât, ce n’est pas très sain, il y a des craquelures importantes sous les cloisons et au niveau des éléments structurels importants. Nous allons inspecter plus en détails avant de prendre notre décision" a expliqué Gildas Mahé à 13h11. 

"La zone de foils est sérieusement abimée. Il y a une voie d’eau à ce niveau là, sur le côté tribord du bateau. Ca s’est propagé autour de la zone de foils, les cloisons sont touchées en avant et arrière de cette zone-là. Donc, depuis l'incident, on a viré de bord, nous sommes sur le bord pour rentrer en France. On est à 150 milles de Brest dans la bonne direction. Nous n'avions pas tant de mer que ça, 3-4 m de houle, 25 nœuds de vent, des conditions qu'on avait déjà rencontrées dans le passé. Nous avons tenu un niveau de performance du bateau proche du maximum. Ce n'était pas un contexte particulièrement accidenté. Ca allait vite, oui le bateau faisait du saute-mouton, mais rien d’extraordinaire. On devrait arriver au milieu de la nuit, nous naviguons à la vitesse de 13-15 nœuds, nous avons encore une bonne dizaine d'heures avant d'arriver" a expliqué Morgan Lagravière ce midi.

La flotte est toujours scindée en deux puisque les Ultimes toujours en course continuent de gagner le sud et longent les côtes espagnoles. C'est Sodebo Ultim' (Thomas Coville et Jean-Luc Nélias) qui a pris las rennes, suivi de près par Macif (François Gabart et Pascal Bidégorry). Actual doit encore passer à l'extérieur du DST espagnol (zone de séparation du trafic maritime), mais devrait en sortir à la mi-journée. À leur sortie du golfe de Gascogne, le vent d'ouest devrait se stabiliser et les conditions devraient être un peu plus calmes.

Derrière les maxi-trimarans suivent les Multi50, qui naviguent groupés, à environ 200 milles de la pointe ibérique. Ciela Village (Thierry bouchard et Olivier Krauss) a déjà piqué vers le sud, quand les trois autres continuent de gagner l'ouest, avant d'empanner pour rejoindre la flotte en contrebas.

Derrière suit l'Imoca d'Hugo Boss (Alex Thomson et Guillermo Altadill) qui révèle un véritable potentiel, alors qu'il a été mis à l'eau il y a seulement quelques semaines, et qui fait figure de mystère. Il est talonné par Bastide Otio (Kito de Pavant et Yann Régniau). Suivent MACSF, Le bateau des métiers by Aérocampus et Spirit of Hungary.

Crédit : Loyd Images - AT Racing. Coutesy of Hugo Boss - RGB

Le gros de la flotte Imoca est en approche du centre de la dépression irlandaise et devrait d'ici midi subir de plein fouet la bascule du vent de Sud 30 nœuds ce matin, à Nord-Ouest 35 nœuds. Les monocoques vont donc être secoués dangereusement, avant de pouvoir descendre dans le sud.

Enfin, chez les Class40, emmenés par Nicolas Troussel et Corentin Horeau sur Bretagne - Crédit Mutuel Elite, ils ont choisi finalement une route plus au sud avec une vingtaine de nœuds de secteur Sud-Ouest qui devrait encore durer au moins 36 heures, avec un ciel dégagé, mais une mer qui devrait monter jusqu'à mètre de creux. Au Nord, les autres Class40 ont décidé finalement de ne pas trop aller vers l'Irlande.

Crédit : Jean Marie Liot

Finalement, les abandons qui se succèdent ne sont-ils pas tout simplement liés au bon sens marin des skippers, qui préfèrent préserver leur bateau et assurer leur protection ? Car certes, des réparations peuvent être faites, mais cela en vaudrait-il vraiment la peine de repartir, pour de nouveau casser. Car finalement, tous ont un programme de course, et dans le viseur, le Vendée Globe de l'année prochaine. Or avec le temps à venir, les bateaux risquent de subir de nombreuses avaries, qui elles-mêmes entraineraient des longs mois de chantier, mais aussi des frais importants pour remettre en l'état le bateau. Alors des fois, même si cela peut fendre le cœur, il est peut-être mieux de jouer la sécurité.

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