Essai / Pilot Saloon 42 : performances, confort et… luxe !


Le nouveau Pilot Saloon 42, présenté en avant-première au Boot de Düsseldorf, est désormais le plus petit modèle de la gamme. Un croiseur hauturier luxueux avec vue sur mer. Nous avons pu l’essayer en Méditerranée, à Port Camargue.

Le chantier Wauquiez, basé à Neuville-en-Ferrain, est bien connu pour la qualité de ses menuiseries. Dans les années 1980, dans la publicité de son Prétorien, le constructeur vantait même la tonne de teck utilisée pour les emménagements. Wauquiez, c’est aussi un chantier historique avec ses Centurion, Gladiateur et autre Chance.

La gamme Pilot Saloon

Mais le constructeur s’est intéressé près tôt aux voiliers top confort et bien motorisés comme l’Amphitrite et l’Amphora. C’est dans cet esprit, avec une touche de modernité en plus que le chantier a lancé en 1991 une nouvelle gamme Pilot Saloon.

Le premier du nom, le 60 a été dessiné par Ed Dubois. Il est suivi par le 54. Mais c’est le 48, imaginé par Olivier Racoupeau en 1997, qui va faire décoller les PS, décliné ensuite par le 43 – 48 exemplaire en 43, 40, 41, 47, 55, 48 et 58.

Le point fort des Pilot Saloon : une vue sur mer debout comme assis dans la carré. Le nouveau 42 marque, avec sa carène moderne et son design plus abouti, un nouveau souffle pour la gamme PS, forte de 300 voiliers construits.

Look moderne

Les tableaux et étraves inclinés encore présents sur le 48 – issu du 47 -, c’est fini ! Notre 42 dévoile des extrémités bien verticales, deux bouchains arrière adoucis et surtout deux safrans.

La silhouette du bateau a fait l’objet, à l’évidence, d’une étude très poussée. Pour une plus petite unité, il est en effet plus compliqué de s’accommoder d’un rouf proéminent et généreusement vitré.

Et pourtant le 42 s’en sort très bien grâce à un franc-bord sensiblement relevé – il est pratiquement identique à celui du 48. Au final, le rouf est moins proéminent.

Les hublots allongés sont habilement intégrés dans le premier niveau des superstructures à l’avant et dans les hiloires côté cockpit. L’élégante lisse en teck, déjà présente sur les précédents PS, est conservée pour affiner le tout.

Un plan de pont pour le farniente

Le plan de pont s’avère un compromis réussi entre farniente et facilité de manœuvres. Passavants et plage avant dégagés, toit de rouf recouvert de teck et imposante plate-forme arrière invitent à profiter de la navigation et de l’escale.

Un bon point pour l’arrière du rouf incliné, formant un dossier confortable.

Toutes les manœuvres, à l’exception de la seconde drisse de spi, reviennent vers les postes de barres, via des goulottes. Des bailles à bouts sont découpées à l’arrière des banquettes.

Des performances surprenantes

La carène est suffisamment convaincante pour jouer le jeu de la performance ; ce serait dommage de se priver de l'option lest plomb. Cet appendice plus profond permet de gagner 550 kg de déplacement et de profiter d’un bon demi-nœud de vitesse en bonus. Idem pour les options voiles en membranes et l’hélice repliable.

Ainsi optimisé, le PS 42 atteint les 7 nœuds à 40° du vent réel dès Force 4. Les polaires, en abattant vers le travers, prévoient 10 nœuds dès 16 nœuds de vent. La barre, toujours douce, offre une prise très directe sur le cap. Et, un détail qui sera corrigé sur les prochaines unités, les deux consoles sont trop basses et reculées.

La mécanique, montée dans un local technique central sous les planchers, est parfaitement insonorisée. Le chantier a opté pour un moteur Yanmar de 57 chevaux, une puissance déjà respectable que l’on peut pousser, en option, à 80 chevaux.

Vivre en mer

On escalade un bridge deck très haut – 1,50 m au-dessus du niveau du plancher de la zone de vie – pour accéder à l’intérieur. Mais pas de panique ! La pente douce de la descente, les marches bien incurvées et les mains courantes permettent de s’en accommoder aisément.

Le chantier a tenu à mettre en place de nombreuses innovations, comme les vitres panoramiques avec variation électrique de la transparence du verre. Ce système peut fonctionner de manière autonome, comme des verres de lunettes photochromiques, ou être commandé par un simple bouton. Histoire d’en finir avec les rideaux et autres store…

On relève également le système de gestion du bord (énergie, réservoir...) que l’on peut commander depuis son smartphone ou une tablette. La qualité de finition et les boiseries sont remarquables, à l’image des tirettes en lacet cuir pour actionner les gâchettes des équipets et placards.

On vit à l’intérieur sur trois niveaux. Au plus bas se trouvent les cabines, dont une magnifique suite propriétaire qui occupe tout l’arrière du bateau, ensuite la cuisine et la table à cartes, sur bâbord, et enfin le carré, sur tribord. Test concluant, la vue sur mer est bel est bien assurée, debout comme assis.

Un essai convaincant

Elégant, performant, confortable et luxueux, le Pilot Saloon 42 est un croiseur hauturier séduisant. Il conviendra particulièrement aux couples et aux équipages réduits amateurs de grand voyage.

Car le PS 42, avec ses toiles anti-roulis livrées en série, est bien taillé pour le grand large. D’autant que le chantier est resté fidèle à une construction en sandwich balsa/polyester de qualité à base de quatre moules distincts. L’ancrage des cloisons, par exemple, est renforcé par des carottes découpées dans le bois afin d’assurer une prise mécanique robuste avec le polyester. Du costaud et durable !

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Pilot Saloon 42, la fiche technique

MarqueWauquiez
ArchitecteOlivier Racoupeau
Longueur hors-tout12.99 m
Longueur de coque11.80
Largeur4.32 m
Tirant d'eau2.12 m
Catégorie CEA
Déplacement lège10 700 kg
Surface de voilure au près90 m2
Nombre de moteurs maximum1
Voir la fiche technique du Pilot Saloon 42